A une madone (Portrait d'Italie)

Quand Maria-Francesca serrait sa maladresse,
Etreignant le matin comme un drap trop froissé
Par tant de regards gris sous un ciel encrassé,
Son pas fragile et lent soulignait la promesse
Où se mêle, incertaine, une danse insensée
Dans l’appel du Levant qui encense le jour.
Et la ville s’éveille au tout premier retour
D’une frêle prière à peine murmurée.
Comme un peintre étourdi qui pose enfin son rêve,
Je revois ces moments qui ont scellé mon âme.
Le temps marquait l’empreinte où se fige la flamme
Et les cieux d’Italie m’accordaient une trêve.
Et là-bas les enfants partagent leurs serments
Au pied de San Pietro, quand les anges somnolent
En regardant, moqueurs, les vieux qui caracolent.
Ils ont le cœur léger, sans accablements.
Je ne peux oublier le nom de ce village,
Perché en sentinelle au-dessus de l’azur.
Je voudrais tant poser pour un dernier futur
Un peu de parfum pourpre à son joli visage.
--------------------------------------------------------------------
Quand Maria-Francesca consumait sa tendresse
San Pietro s’embrasait sous le soleil couchant.
Illustration : photo Philip - Porto Maurizio, Ligure, Italia (oct. 2018)
Ilustration musicale : George Delerue - Il disprezzo
https://www.youtube.com/watch?v=UaPm4YpQtu4
Etreignant le matin comme un drap trop froissé
Par tant de regards gris sous un ciel encrassé,
Son pas fragile et lent soulignait la promesse
Où se mêle, incertaine, une danse insensée
Dans l’appel du Levant qui encense le jour.
Et la ville s’éveille au tout premier retour
D’une frêle prière à peine murmurée.
Comme un peintre étourdi qui pose enfin son rêve,
Je revois ces moments qui ont scellé mon âme.
Le temps marquait l’empreinte où se fige la flamme
Et les cieux d’Italie m’accordaient une trêve.
Et là-bas les enfants partagent leurs serments
Au pied de San Pietro, quand les anges somnolent
En regardant, moqueurs, les vieux qui caracolent.
Ils ont le cœur léger, sans accablements.
Je ne peux oublier le nom de ce village,
Perché en sentinelle au-dessus de l’azur.
Je voudrais tant poser pour un dernier futur
Un peu de parfum pourpre à son joli visage.
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Quand Maria-Francesca consumait sa tendresse
San Pietro s’embrasait sous le soleil couchant.
Illustration : photo Philip - Porto Maurizio, Ligure, Italia (oct. 2018)
Ilustration musicale : George Delerue - Il disprezzo
https://www.youtube.com/watch?v=UaPm4YpQtu4
17 commentaires
worrell02 · le mercredi 23 janvier 2019 à 08:57
Il est des personnes, des lieux, qui nous laissent parfois des empreintes inoubliables.
Merci de partager ce joli souvenir.
Bonne journée!
Bisous, ivy
debbie · le mercredi 23 janvier 2019 à 10:30
Et les cieux d’Italie m’accordaient une
trêve. " J'adore aussi le dernier quatrain qui termine merveilleusement bien ce poème avec une envie de coucher ou de lever de soleil sur ce village peut-être ? En tout cas c'est merveilleusement bien écrit. Merci pour ce si beau partage Philip.
Belle journée à toi
Avec toute mon Amitié
Debbie
mariepaule · le mercredi 23 janvier 2019 à 10:31
Un ravissement ce tableau du jour qui se lève...
Et cette façon si pudique de nous écrire la nuit de Maria-Francesca...
J"adore ta chute...
Tu nous donnes envie d'y aller dans ce village.....
Douce journée le soleil pointe son bout du nez...
Bisous Philip
Om
Marie
Rêveuse · le mercredi 23 janvier 2019 à 10:58
Quel bonheur de te lire ce matin, ce parfum d'Italie est parvenu jusqu'à moi, magnifié par tes vers, et je me suis "vue" au sommet de ce petit village avec cette image somptueuse de Maria Francesca, madone au cœur tendre!!!!!!!!
La musique de Delerue s'accorde très bien avec tes vers, merci de m'avoir transportée par la pensé vers cette Italie si chère à mon cœur !!!!
"Comme un peintre étourdi qui pose enfin son rêve,
Je revois ces moments qui ont scellé mon âme.
Le temps marquait l’empreinte où se fige la flamme
Et les cieux d’Italie m’accordaient une trêve"
Très bonne journée à toi avec toute ma fidèle amitié, merci, merci!
Rêveuse · le mercredi 23 janvier 2019 à 10:59
scorpionne · le mercredi 23 janvier 2019 à 11:42
Ton poème est superbe. Tout en douceur, en sensibilité, tu nous fais voyager et rêver sous le ciel d'Italie qui s'éveille.
Tout comme Debbie et Rêveuse, j'ai particulièrement apprécié cette strophe :
"Comme un peintre étourdi qui pose enfin son rêve,
Je revois ces moments qui ont scellé mon âme.
Le temps marquait l’empreinte où se fige la flamme
Et les cieux d’Italie m’accordaient une trêve."
Merci pour ce très beau partage !
Je te souhaite un agréable mercredi, cher Philip.
Très amicalement,
Jocelyne
domidom · le mercredi 23 janvier 2019 à 17:13
Superbe poésie...
Bisous, Domie..
vertflo · le mercredi 23 janvier 2019 à 19:28
Même sans aller dans ce village, rien qu'en lisant ton poème, on le visite avec pour guide tes mots qui nous le rendent attachant et merveilleux.
Quand on sort des sentiers battus comme l'on dit, on découvre souvent comme ça, par hasard des lieux, des villages bien plus beaux que ceux vantés dans les agences de voyage.
Des villages qui avant tout ont une âme et nous marquent pour toujours.
J'en ai connu aussi au cours de randonnées, des villages comme ça auxquels je repense souvent.
Merci pour tes poèmes toujours d'une très grande qualité.
Bien à toi
Claude
Susan* Coquelicot * · le mercredi 23 janvier 2019 à 19:53
Ta poésie me renvoie dans ce village perché …
Tes mots, tes vers décrivent magnifiquement cette ambiance italienne, la madone et son cabas, les enfants et les vieux qui caracolent devant l’église …
Ces images sont de merveilleux souvenirs enfouis dans mon cœur !
Merci beaucoup Philip.
Bisous.
Susan
guillaume · le mercredi 23 janvier 2019 à 23:18
liameliavq · le jeudi 24 janvier 2019 à 02:26
On y ressent l'ambiance à nulle autre pareille.
Merci de ce partage poétique Philip.
Amitiés.
LN.
aurorefloreale · le vendredi 25 janvier 2019 à 04:49
Philip (Jardin de Lune) · le vendredi 25 janvier 2019 à 07:01
Coucou, Ivy. Merci d'être passée me lire et d'avoir aimé cette italian postcard !
L'endroit que je décris est cher à mon souvenir. Je n'y étais pas retourné depuis mon enfance. Une petite station balnéaire en Italie entre San Remo et Gènes, avec une vieille ville perchée en hauteur. Emotion de la revoir, avec son ambiance.
Kissous. Philip
Pour DEBBIE :
Tu sais, je ne suis pas doué pour des poèmes descriptifs, comme le font tant d'autres poète. Je suis plus à l'aise dans le regard sur "l'humain".
Alors, je mets en scène des personnages dans mes tableaux poétiques. Maria-Francesca est un prénom inventé. Mais c'était une humble femme qui descendait la rue escarpée de Porto Maurizio, près de la cathédrale. Simple et fragile.
Amitiés. Philip
Pour MARIE :
Coucou, Marie. Oui, c'est un souvenir d'Italie, en octobre dernier.
Je m'étais promis d'écrire un poème sur l'Italie. Il y en aura sans doute d'autres.
J'ai mis en scène - avec pudeur comme tu le soulignes - une Maria-Francesca pour donner de l'âme au tableau poétique.
Belle journée et gros bisous Marie.
Philip.
Philip (Jardin de Lune° · le vendredi 25 janvier 2019 à 07:16
Pour REVEUSE :
Chère Rêveuse, tout d'abord j'espère que ta santé s'améliore doucement.
Tu auras lu dans les commentaires qui précèdent, le contexte de l'écriture de ce poème.
L'Italie est un des pays chers à mon cœur, bien que je n'y aille pas souvent.
Là, ce n'était pas la magie de Venise ou Rome ou Naples.
Un village comme tant d'autres. Mais avec du charme et de l'âme.
Stendhal avec ses promenades italiennes m'a toujours fasciné.
Et les grand écrivains italiens comme Alberto Moravia, Elsa Morante, etc... sont au rang de mes lectures et méditations sur lesquelles je reviens souvent.
Alors, peut-être, ai-je eu le bonheur d'être inspiré et leur avoir rendu un humble hommage en écrivant le quatrain que tu cites, qui est délicat (mais ce n'est que du Philip !)
Merci d'avoir aimé ces vers. Prends soin de toi, mon amie. Amitiés. Philip
Pour JOCELYNE :
Merci à toi aussi d'avoir aimé ces vers, Jocelyne.
Oui, "douceur et sensibilité" semblent bien s'accorder à la tonalité que j'ai voulu dans ce poème. Et en effet, le quatrain cité, de l'avis des ami(e)s - mais du mien aussi ! - est sans doute celui qui magnifie le plus le poème. Chouette ! Avec tout mon amitié. Philip
Pour DOMIE :
Coucou Domie. Quelle joie agréable si mes vers t'ont fait voyager.
Oui, j'aime bien raconter ces voyages où ce qu'il y a à retenir n'est pas dans le plus grandiose. Mis bout à bout, ce sont mes petits "carnets de voyages", comme des cartes postales, en quelque sorte. Et puis, mon précédent poème sur Berlin (retranscrit dans les années sombres de l'avant-guerre) était très sombre.
Les ami(e)s méritaient donc une Italie plus joyeuse. Sourire !
Gros bisous, et prends soin de toi, Domie. Philip.
Philip (Jardin de Lune) · le vendredi 25 janvier 2019 à 07:34
Pour CLAUDE :
Tu as raison, Claude, c'est tellement agréable et gratuit, de lever les yeux et d'apprécier toutes les émotions que nous offre chaque paysage (ville ou nature). Le randonneur que tu es a dû en voir de belle choses (Loïc m'a fait découvrir le Mont Ventoux. Magnifique. Quand je pense que toi, tu l'as découvert….en vélo !!!).
Au fait, j'oubliais. Sans faire le rapprochement, il se trouve qu'au retour du Sud, fin octobre, nous avons fait une halte d'une journée et dormi à....Nimes ! Je ne connaissais pas. Magnifique.
J'en ferai prochainement un poème. Tu me diras si ma future carte postale est fidèle ou non !
Amitiés, cher Claude. Philip
Pour SUSAN :
Coucou. Oui, c'était tout à fait ça cette ambiance qui nous a transportés presque "hors du temps" dans ce vieux village, au rythme d'une vie paisible et calme, comme un "ordinaire" merveilleux, où l'œil se régalait, le cœur s'émouvait….et l'appareil photo mitraillait pour immortaliser. Bisous. Philip
Pour GUILLAUME :
Ah Guillaume, tu as "dévoré" ces vers par étonnement et par plaisir !
J'en suis aussi ravi que flatté.
Ces poèmes-cartes postales sont en fait le plus grand des plaisirs que d'offrir aux ami(e)s ces petits voyages colorés où le petit plus est l'émotion personnelle que nous y rajoutons.
Avec ma fidèle amitié. Philip
Pour HELENE :
Bonjour chère Hélène. Eh bien mille merci d'avoir ressenti, comme à la lecture d'un livre d'images qui fait rêver, ces sensations d'une ambiance "à nulle autre pareille" comme tu le dis. Tu as raison.
Pour moi, ce sont ce que j'appelle "des instantanés de vie". Et j'ai le bonheur, parfois, de pouvoir en transcrire les émotions dans quelques vers. Prends soin de toi. Amitiés, Hélène. Philip.
Pour CHANTAL :
Bonjour Chantal. Oui, le beau ciel d'Italie était inspirant. Quelques mois ont passé, mais le souvenir (en aussi grâce à un bonne centaine de photographie de ce village !!!) était intact. Visuellement et émotionnellement . Cela a donné ce poème, inspiré, comme tu le dis.
Amitiés et prends soin de toi, Chantal.
Philip.
micheline1940 · le dimanche 27 janvier 2019 à 04:18
Une beauté Superbe qui laisse à la lecture l'explosion intense de tous nos sentiments ! Compliments appuyés de votre amie,
Micheline.
Philip (Jardin de Lune) · le dimanche 27 janvier 2019 à 05:48
Bien chère Micheline,
Une fois de plus, vos compliments me touchent. Bien sincèrement. Lorsque la touche émotionnelle est présente dans l'Idée, en principe, l'écrit en est embelli. C'est aussi simple que ça, à mon sens.
Belle journée à vous, avec toute mon amitié. Philip.
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