Le dragon ambitieux (repost)

Dans le matin fertile où se terre l’ennui
Près des rivages sourds qui comme un magicien
Saupoudrent de frissons le cœur des bohémiens,
Somnole le guetteur, au triomphe amaigri.
Orgueilleux philistin, comme un triste flambeau
Au regard chavireux qu’offensent nos soupirs
Tes fontaines de fiel dragonnent nos désirs
Agonisants sans fin dans le froid du tombeau.
Ton étoile est ternie; tu voulais conquérir
Comme un fier argoulet, l’écume de nos nuits,
Plus haut que l’arc-en-ciel dont on cueille les fruits
Quand l’aube chavirée achève de mourir.
Tu vois monter le jour comme un antique pleur
Sans pouvoir dominer ta morgue renaissance
Qu’en ton palais sans toit tu meubles de constance
Exaltant ton salut dans un mépris moqueur.
Alors, dragon fébrile à l’appétit féroce
Que la clameur du soir rejette aux Gémonies
Insolite ingénu, tes fourbes agonies
Ont endeuillées les nues d’une rancune atroce.
Ta vaine aspiration pour de fières chimères,
Sur les marbres flétris, achèvera son vol
Qu’un livide reproche enfouira dans le sol,
Courant sous la morsure aux moires familières.
………………………………………………………….
« Jamais étoile, lune, aurore ni soleil
Ne virent abaisser la paupière du dragon au sommeil »
Médée (Acte II scène 2) Pierre Corneille.
Près des rivages sourds qui comme un magicien
Saupoudrent de frissons le cœur des bohémiens,
Somnole le guetteur, au triomphe amaigri.
Orgueilleux philistin, comme un triste flambeau
Au regard chavireux qu’offensent nos soupirs
Tes fontaines de fiel dragonnent nos désirs
Agonisants sans fin dans le froid du tombeau.
Ton étoile est ternie; tu voulais conquérir
Comme un fier argoulet, l’écume de nos nuits,
Plus haut que l’arc-en-ciel dont on cueille les fruits
Quand l’aube chavirée achève de mourir.
Tu vois monter le jour comme un antique pleur
Sans pouvoir dominer ta morgue renaissance
Qu’en ton palais sans toit tu meubles de constance
Exaltant ton salut dans un mépris moqueur.
Alors, dragon fébrile à l’appétit féroce
Que la clameur du soir rejette aux Gémonies
Insolite ingénu, tes fourbes agonies
Ont endeuillées les nues d’une rancune atroce.
Ta vaine aspiration pour de fières chimères,
Sur les marbres flétris, achèvera son vol
Qu’un livide reproche enfouira dans le sol,
Courant sous la morsure aux moires familières.
………………………………………………………….
« Jamais étoile, lune, aurore ni soleil
Ne virent abaisser la paupière du dragon au sommeil »
Médée (Acte II scène 2) Pierre Corneille.
6 commentaires
joeydu30210 · le lundi 16 septembre 2019 à 17:47
Rachelle,guillaume · le lundi 16 septembre 2019 à 22:01
debbie · le lundi 16 septembre 2019 à 22:08
Belle soirée
Amitié
Debbie
mariepaule · le mardi 17 septembre 2019 à 09:29
Tu commences par le matin fertile, et pourtant c'est le chaos qui règne entre l'aube et la nuit. "C'est ce que j'ai ressenti en lisant ton poème " et le dragon n'est pas des plus joyeux...
Gros bisous
Marie
Philip (Jardin de Lune) · le mardi 17 septembre 2019 à 13:33
Alors, JOEY pour commencer :
Coucou Joey. Ne t'inquiète surtout pas de penser "je n'ai pas tout compris", je sais que tu m'apprécie, tu me l'as dit plus d'une fois, et je te sais sincère et t'en remercie vraiment.
Alors, y a t-il toujours quelque chose à comprendre dans certaines de mes poésies ? Ben non, car comme je le dis si souvent, c'est la musique des mots qui m'interpelle. L'histoire est presque secondaire (sauf exception quand le sujet est ciblé - exemple : le récit de la bataille d'Eylau).Donc, des "musiques de mots" insolites, me viennent comme çà et font mes titres. Après, à moi de me débrouiller, si je peux !!!!
Là c'est "Dragon ambitieux", mais il y a eu "l'amphitryon gourmand" ou "les chalands oubliés". L'effet des mots du titre qui percutent est là, mais après, bonjour pour y greffer un récit poétique.
Alors qu’en principe, les poètes ont une idée et ils ne la lâche pas du début à la fin.
Donc normal qu’on se dise « je n’ai pas vraiment compris », dans un poème comme celui-ci il n’y a quasiment pas de métaphore ou d’aspect psychanalytique.
Oui, j’ai des poèmes moins sombres. Et je ne suis nullement une personne triste par nature, bien sûr.
Amitiés. Take it easy and take care, Joey. Philip
Maintenant, MARIE :
Coucou Marie, en lisant ma réponse à Joey, tu comprendras bien sûr – mais tu me connais – comment j’ai élaboré ce poème. Donc, nulle arrière-plan psychanalytique, nul message.
Et comme il y a une petite part d’écriture automatique, le côté le plus optimiste, ce début du poème avec « matin fertile » aurait pu très bien être « matin docile » (même rime) mais « matin fiévreux » ou « matin gourmand ». En fait, dans la plupart des cas, c’est le manque de temps qui fait que je ne peux m’arrêter pour réfléchir – en logique comme ça devrait être- si le matin devait être fertile ou docile ou fiévrieux ou autre, je continue, je ne reviens pas en arrière. Quitte ce que l’écrit soit bancal !
Enfin, le style « spleen » voire carrément sombre me permet une plus grande palette de vocabulaire.
Je vais essayer de faire un poème joyeux ou atmosphérique et descriptif, mais je suis sûr que « je vais me prendre une gamelle », je ne suis vraiment pas doué pour ce genre d’ambiance (sourire)
Voilà Marie.
Je te fais de gros bisous. Philip
Je continue ci-dessous mes réponses à vos coms’
Philip (Jardin de Lune) · le mardi 17 septembre 2019 à 13:46
Ma réponse sera plus courte mon ami, car j'ai développé la forme et le (non)fond dans ce qui précède.
Tu évoques la "puissance des mots". C'est parce que c'est volontairement que je fais des associations de mots qui en principe ne peuvent que percuter par leur singularité voulue.
Si j'avais écrit ce "Dragon ambitieux" en disant par exemple (je ne mets pas de rimes pour gagner du temps) :
"Dans le matin triste, il en est qui guettent près des rivières…
Le dragon affamé rend le ciel morose...etc... ces mots à mon sens seraient très plats.
Pour l'idée d'écrire une fiction avec toi, pas de problème. Ca me fera très plaisir. Mes expériences de co-écriture avec des ami(e)s du site ont toujours été très riches. Mais on verra ça en novembre, je serais bientôt plus d'un mois complet en vacances. Tu me le rappelleras. Amitiés, prends soin de toi. Philip
Pour DEBBIE :
Coucou Debbie. Ma réponse sera encore plus courte. Tu ne m'en voudra pas. Mais l'essentiel sur ce poème, figure dans les coms à Joey et Marie.
Mon poème est-il truffé de métaphores ou est-il une seule métaphore. S'agissant d'un repost écrit en 2012, je sais en tout cas qu'il n'y avait pas d'intentions métaphoriques. Bien sûr ça peut être l'Homme. A chacun de donner sa propre interprétation. Des vers t'ont particulièrement plu ? Alors, tan mieux (sourire). Amitiés. Philip.
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