PARIS, 1900 (Hommage à Colette)

Le siècle finissant bruissait de sa pâleur
Sous un hiver figé, soudain tiède et vainqueur.
Et les galants atours chaviraient bien des têtes;
Paris étincelait sous ses refrains de fêtes.
On se donnait des airs d’écrivains chavirés,
Tanguant dans les salons aux grands lustres dorés
Dans l’éclat dérisoire où se terrait la nuit,
Cette fourbe compagne aux serments éconduits.
Mais loin des falbalas, des tourbillons fardés,
Elle écrit son présent, ces rêves démodés
Quand ses jeunes matins peignaient la nostalgie
Des horizons marins quand, au loin la vigie
Découvrait l’Atlantide ou simplement l’écume
Embrassée par l’aurore au lent parfum de brume.
Et penchée sur sa plume au crissement fiévreux,
Elle rattrape le Temps, cet amant ennuyeux.
Dans la ville endormie, calfeutrée dans l’ennui,
Comme une somnambule au pas qui s’est enfui,
La jeune provinciale a posé son ouvrage
Et d’un geste précieux repart à l’abordage.
----------------------------------------------
Dans les derniers jours de l’année 1899, Sidonie-Gabrielle COLETTE s’éveillera et s’affranchira du joug de son époux Willy, imposteur et tyran et écrira sous son propre nom les prémisses de son roman « Claudine à Paris ». Le vrai début de sa reconnaissance littéraire
Illustration musicale : Erik Satie – Gnosienne n° 2
https://www.youtube.com/watch?v=MoMP2OXKv9c
Sous un hiver figé, soudain tiède et vainqueur.
Et les galants atours chaviraient bien des têtes;
Paris étincelait sous ses refrains de fêtes.
On se donnait des airs d’écrivains chavirés,
Tanguant dans les salons aux grands lustres dorés
Dans l’éclat dérisoire où se terrait la nuit,
Cette fourbe compagne aux serments éconduits.
Mais loin des falbalas, des tourbillons fardés,
Elle écrit son présent, ces rêves démodés
Quand ses jeunes matins peignaient la nostalgie
Des horizons marins quand, au loin la vigie
Découvrait l’Atlantide ou simplement l’écume
Embrassée par l’aurore au lent parfum de brume.
Et penchée sur sa plume au crissement fiévreux,
Elle rattrape le Temps, cet amant ennuyeux.
Dans la ville endormie, calfeutrée dans l’ennui,
Comme une somnambule au pas qui s’est enfui,
La jeune provinciale a posé son ouvrage
Et d’un geste précieux repart à l’abordage.
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Dans les derniers jours de l’année 1899, Sidonie-Gabrielle COLETTE s’éveillera et s’affranchira du joug de son époux Willy, imposteur et tyran et écrira sous son propre nom les prémisses de son roman « Claudine à Paris ». Le vrai début de sa reconnaissance littéraire
Illustration musicale : Erik Satie – Gnosienne n° 2
https://www.youtube.com/watch?v=MoMP2OXKv9c
9 commentaires
Philip (Jardin de Lune) · le samedi 28 décembre 2019 à 14:08
Rachelle · le samedi 28 décembre 2019 à 14:37
Philip (Jardin de Lune) · le dimanche 29 décembre 2019 à 08:30
Bonjour mon ami,
De ton looooong commentaire je retiendrai ;
- la gentillesse de ton propos pour ce nouveau poème.
- mais surtout ton développement sur l'essentiel de la poésie : la manière dont chacun exprime son émotion.
Peu importe le style d'écriture. Les styles sont si différents, bien sûr.
Un écriture totalement maîtrisé au plan littéraire peut ne délivrer aucune émotion. Seul le langage du cœur, où "des tripes" est perçue, tout particulièrement dans ce domaine qu'est la poésie.
Alors, continue à écriture, à chaque fois que tu en auras le temps.
Avec toute mon amitié.
Philip
rainbow · le dimanche 29 décembre 2019 à 13:38
les ambiances du Paris 1900 !!! Le superbe
tableau me fait penser à une peinture de
Karoly SZERT, peintre hongrois !!! Amitiés
Philip (Jardin de Lune) · le dimanche 29 décembre 2019 à 14:48
Merci mon ami Pierre. Ca me fait très plaisir que tu aies apprécié ce poème.
J'adore remonter le temps avec mes poèmes.
Il y a encore des endroits dans Paris qui rappellent ces ambiances.
Je ne connaissais pas Karoly SZERT
Tu as vu, sur ce tableau (avec Notre Dame en arrière plan) il y a des trams.
A Budapest, SZERT a certainement dû peindre des trams aussi.
(Bien sûr, nos ami(e)s lecteurs du site ne comprendront pas l'allusion aux trams. Toi….oui ! )
Amitiés et encore merci, Pierre.
Philip.
debbie · le dimanche 29 décembre 2019 à 17:50
Belle soirée à toi poète
Amitiés
Debbie
susan*coquelicot* · le dimanche 29 décembre 2019 à 18:18
Merci pour le bel hommage que tu as fait à Colette …
On retrouve bien l’ambiance parisienne du début de la Belle Epoque.
J’aime beaucoup Colette, elle est une femme unique qui avait plusieurs facettes, celui d’écrivaine et celui d’actrice, puisqu’elle se produisait également au théâtre et au music-hall …
C’est une grande romancière qui adorait les chats, d’ailleurs les chats sont présents dans ses romans !
Le tableau qui illustre ton poème est de Karoly SZERT.
Bravo à notre ami Pierre ! Gros bisous à vous deux.
Philip (Jardin de Lune) · le dimanche 29 décembre 2019 à 19:15
Tout comme Debbie et Pierre, je vois que tu "retrouves l'ambiance parisienne de la Belle Epoque"...alors que personne ne l'a vécue, si ce n'est par l'Histoire et les reconstitutions, souvent au cinéma (sourire !).
Mais c'est vrai, en arrière-plan du personnage de Colette, j'ai tissé ce décor du Paris de 1900. Ce n'était pas encore pleinement la Belle Epoque, mais presque.
Quant à Colette, bien sûr tu connais bien son histoire, son œuvre….et son amour pour les chats, comme toi !
Bisous. Philip
Pour DEBBIE :
En effet, je me suis attaché à retracer au mieux cette ambiance, pour placer le décor.
Colette n'a pas été tout de suite une égérie - voir une "scandaleuse" du Tout Paris. Disons que ce poème va se trouver à la charnière de sa "conversion" en personnage excentrique et décalé dans le milieu féminin de l'époque.
Oui je me suis laissé aller, dans le troisième quatrain à donner un peu de vague à l'âme à l'héroïne, comme si elle pensait que ses rêves, comme des illusions, appartenaient à un passé bien fané. Il n'en fut rien.
Amitiés. Philip
naeja · le samedi 1 février 2020 à 11:34
j'ai adoré !
cordialement Naeja
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