Les matins écarlates (repost)

« The sanguine Sunrise,
With his meteor eyes,
And his burning plumes outspread,
Leaps on the back of my sailing rack,
When the morning star shines dead »
L’écarlate soleil levant,
Aux yeux de météore,
Déployant ses plumes qui se consument,
Bondit sur le dos de mon corps vaporeux
Quand déclinent les rayons de l’étoile du matin. »
Philip :
Je suis de ces contrées où rutilent, fugaces
Ces invincibles nues parsemées de douleur,
Chargées d’ambre et de feu, de folie et d’audace
Quand surgit le matin au rire racoleur.
Et me voici encor, sur la pente fatale,
Surgissant comme un fou que l’Univers emporte,
Pour d’improbables ports bercés de bacchanales
Où d’antiques devins s’immolent en cohortes.
M’élevant jusqu’au ciel dans un sublime oubli,
Au-dessus des linceuls si blancs qu’ils éclaboussent
Les recoins de notre âme où la foi a pâli,
Plus loin que le zénith, j’irai aux carmes rousses.
Et dans ces flottaisons phosphorées et inouïes,
Que nul esprit frondeur n’oserait aborder,
D’un sidéral envol, tous mes rêves enfouis
Iront cueillir l’étoile aux franges débordées.
Hurlez, constellations ! Maquillez vos émois !
Je suis bien loin du monde endormi à jamais,
Dans ma robe féconde où se mire parfois
Le jour nu qui reflète un cœur las sans attrait.
With his meteor eyes,
And his burning plumes outspread,
Leaps on the back of my sailing rack,
When the morning star shines dead »
L’écarlate soleil levant,
Aux yeux de météore,
Déployant ses plumes qui se consument,
Bondit sur le dos de mon corps vaporeux
Quand déclinent les rayons de l’étoile du matin. »
Philip :
Je suis de ces contrées où rutilent, fugaces
Ces invincibles nues parsemées de douleur,
Chargées d’ambre et de feu, de folie et d’audace
Quand surgit le matin au rire racoleur.
Et me voici encor, sur la pente fatale,
Surgissant comme un fou que l’Univers emporte,
Pour d’improbables ports bercés de bacchanales
Où d’antiques devins s’immolent en cohortes.
M’élevant jusqu’au ciel dans un sublime oubli,
Au-dessus des linceuls si blancs qu’ils éclaboussent
Les recoins de notre âme où la foi a pâli,
Plus loin que le zénith, j’irai aux carmes rousses.
Et dans ces flottaisons phosphorées et inouïes,
Que nul esprit frondeur n’oserait aborder,
D’un sidéral envol, tous mes rêves enfouis
Iront cueillir l’étoile aux franges débordées.
Hurlez, constellations ! Maquillez vos émois !
Je suis bien loin du monde endormi à jamais,
Dans ma robe féconde où se mire parfois
Le jour nu qui reflète un cœur las sans attrait.
7 commentaires
micheline1940 · le lundi 6 janvier 2020 à 19:51
Il est vrai que vous aborder dans vos songes flamboyants me porte aux nues, aux infinies rêveries, et c'est ce qui peut calmer et peut-être même guérir une âme en souffrance. Vous lire est toujours un plaisir renouvelé qui m'enchante l’œil comme l'esprit, et je tenais à vous remercier tout particulièrement pour vos deux dernières strophes qui sont, à mon sens, tout simplement sublimes !
J'en reste toute enchantée !
Avec mes compliments renouvelés, je vous dis ici mon cher Philip, un très doux et amical bonsoir.
Votre amie d'écriture,
Micheline.
.
mariepaule · le lundi 6 janvier 2020 à 21:59
en te lisant, j'ai vu la mort du jour, comme une fin du monde;
Le dernier quatrain ne laisse pas d'espoir, à la renaissance.
Gros bisous Philip
Marie
Philip (Jardin de Lune) · le mardi 7 janvier 2020 à 07:13
Bien chère Micheline, merci pour vos compliments.
En corrélation avec le ressenti de Marie-Paule, il est vrai qu'à l'époque où j'ai écrit ce poème, je privilégiais, avec un sens un peu exagéré de l'exercice de style, "louché" très maladroitement sur les grands poètes, dans un style "romantique sombre".
Ce qui fait, que sans avoir aucunement plagié, les deux dernières strophes sont mâtinées d'un registre lexical qui jetait un œil sur le Bateau Ivre rimbaldien.
Mais le petit génie de la poésie était passé bien avant moi.
Avec ma fidèle amitié. Philip
Pour MARIE :
Coucou Marie. Ce n'était pas mon intention première de clôre mon poème dans un apocalyptique pessimisme. C'était juste, comme je le dis plus haut à Micheline, la période de l'exercice de style romantique. Comme je n'ai ni le génie d'un Musset ou d'un Rimbaud, entre autres, ça donne juste un poème avec quelques tournures qui sont un peu des envolées lyriques assez surfaites à bien regarder. Mais je n'ai pas la capacité d'écrire des choses simples et colorées. Je recule l'instant d'écrire un poème sur l'hiver, à partir d'un des petits tableaux que j'ai peint. Mais comment faire pour décrire avec limpidité ces tableaux de la vie ? Je bute depuis si longtemps sur ces difficultés C'est bien la preuve que la belle poésie, ce n'est pas faire de l'esbrouffe de vocabulaire, aussi exubérant que cela soit.
Gros bisous, Marie. A très bientôt.
Philip
debbie · le mardi 7 janvier 2020 à 09:54
Belle journée à toi cher Poète !
Amitiés
Debbie
naeja · le mardi 7 janvier 2020 à 13:24
Amitiés
Philip (Jardin de Lune) · le samedi 11 janvier 2020 à 10:53
Eh bien non, j'ai cherché la photo après ! D'ailleurs ce n'est pas une photo que j'ai prise.
Oui, le terme "douceur fragile" convient bien à l'ambiance du poème.
La rudesse que tu as observée dans le troisième quatrain, est pour marquer l'effet "spleen" (peut-être un peu trop !) A très bientôt. Amitiés. Philip
Pour NAEJA :
Merci, ami poète. Mais je ne sais pas si les commentaires ont tout dit. D'ailleurs, ce n'est qu'un poème. Sans autre prétention que d'aligner de jolis mots. Avec toute mon amitié.
Philip
alemona · le vendredi 24 janvier 2020 à 16:06
Connectez-vous pour laisser un commentaire, ou créez votre site, c'est gratuit.