Souvenir Federico Garcia Lorca- l'amante andalouse

Souvenirs de Federico Garcia Lorca
UNE AMANTE ANDALOUSE
Sous les sentinelles orgueilleuses de ses yeux noirs,
Il y avait comme un capricieux desséchement de tendresse
Qui enveloppait son horizon dans la moiteur des soirs.
Au loin, moqueuse, Grenade se saoulait d’allégresse.
J’ai gardé son souvenir, crevant mes océans à naviguer
Dans d’incroyables détroits et dans les cris vengeurs
D’effroyables tempêtes, cherchant à consoler
Sur chaque île accostée, ses gestes enjôleurs.
Sous les alizés pâles et les plages d’or fin,
Les sanglots andalous de ma diva fragile
Me reviennent en mémoire, comme un rêve défunt.
Elle est pourtant si loin, ma lumière indocile.
C’est de Valparaiso que j’écris ma romance,
Perdu dans ce port las qui oublie son décor
Près de ces vieux marins, portant leur fulgurance
Quand leurs yeux fatigués savent espérer encor.
--------------------
Et loin là-bas, Maria-Luisa s’endort,
Sans rêves ni frissons….
Illustration musicale : danse andalouse
https://www.youtube.com/watch?v=vhg7ND0_yiA
Illustration : la dame à l'éventail (Edouard Manet)
UNE AMANTE ANDALOUSE
Sous les sentinelles orgueilleuses de ses yeux noirs,
Il y avait comme un capricieux desséchement de tendresse
Qui enveloppait son horizon dans la moiteur des soirs.
Au loin, moqueuse, Grenade se saoulait d’allégresse.
J’ai gardé son souvenir, crevant mes océans à naviguer
Dans d’incroyables détroits et dans les cris vengeurs
D’effroyables tempêtes, cherchant à consoler
Sur chaque île accostée, ses gestes enjôleurs.
Sous les alizés pâles et les plages d’or fin,
Les sanglots andalous de ma diva fragile
Me reviennent en mémoire, comme un rêve défunt.
Elle est pourtant si loin, ma lumière indocile.
C’est de Valparaiso que j’écris ma romance,
Perdu dans ce port las qui oublie son décor
Près de ces vieux marins, portant leur fulgurance
Quand leurs yeux fatigués savent espérer encor.
--------------------
Et loin là-bas, Maria-Luisa s’endort,
Sans rêves ni frissons….
Illustration musicale : danse andalouse
https://www.youtube.com/watch?v=vhg7ND0_yiA
Illustration : la dame à l'éventail (Edouard Manet)
11 commentaires
Philip (Jardin de Lune) · le lundi 30 mars 2020 à 13:39
Le poème est écrit en libre. Pour coller au rythme, ne pas le lire e l'épelant comme le veulent les règles
(ex : ..me reviennen'en mémoire au lieu de "me reviennent-t-en mémoire"
Bonne lecture. Amitiés à tous et à toutes.
Philip
José · le lundi 30 mars 2020 à 13:40
Merci Philip
didou · le lundi 30 mars 2020 à 14:10
mariepaule · le lundi 30 mars 2020 à 15:10
Il est parti loin de Grenade et de ses celle qui le hanter tout au long des ses dérives marines.
Les émotions et ressentis sont parfois très forts en fonction de l'état de mer et du vent.
Bisous Philip
Om
Marie
Rachelle · le lundi 30 mars 2020 à 18:59
Rachelle · le lundi 30 mars 2020 à 20:32
Philip (Jardin de Lune) · le mardi 31 mars 2020 à 09:29
Merci mille fois, cher José, pour ton ressenti sur mes quelques vers, qui témoignent de ta sensibilité poétique.
J'ai en effet, tout au long de cette écriture, voulu tracer un éventail à la fois culturel, littéraire, mâtiné de rêves de voyages. Tout en me laissant aller à cette tonalité - bien mal imitée, c'est évident - d'écriture que l'on retrouve dans les fulgurances du Bateau ivre de Rimbaud : "crever mes océans…", "incroyables détroits", "alizés pâles".
Prends soin de toi, cher José.
Amitiés. Philip
Pour MARIE :
Coucou, Marie. Dérives marines, au bout du compte; oui ! Laissant ma plume (ou mes neurones) vagabonder avec des envies de voyages (l'effet confinement, sans doute), je suis parti de Grenade et ses "vibrances" andalouses, avec des rêves "à la Gauguin", mais je n'ai point atterri sur les rives des Iles Marquise, mais me suis échoué dans le port de Valparaiso. Dans ce patchwork des sens visuels et des sons du flamenco, émotions et ressentis sont bien présent, dans un même camaieu de mots. Gros bisous. Prends soin de toi, Marie. Philip
Philip (Jardin de Lune) · le mardi 31 mars 2020 à 09:29
Merci mille fois, cher José, pour ton ressenti sur mes quelques vers, qui témoignent de ta sensibilité poétique.
J'ai en effet, tout au long de cette écriture, voulu tracer un éventail à la fois culturel, littéraire, mâtiné de rêves de voyages. Tout en me laissant aller à cette tonalité - bien mal imitée, c'est évident - d'écriture que l'on retrouve dans les fulgurances du Bateau ivre de Rimbaud : "crever mes océans…", "incroyables détroits", "alizés pâles".
Prends soin de toi, cher José.
Amitiés. Philip
Pour MARIE :
Coucou, Marie. Dérives marines, au bout du compte; oui ! Laissant ma plume (ou mes neurones) vagabonder avec des envies de voyages (l'effet confinement, sans doute), je suis parti de Grenade et ses "vibrances" andalouses, avec des rêves "à la Gauguin", mais je n'ai point atterri sur les rives des Iles Marquise, mais me suis échoué dans le port de Valparaiso. Dans ce patchwork des sens visuels et des sons du flamenco, émotions et ressentis sont bien présent, dans un même camaieu de mots. Gros bisous. Prends soin de toi, Marie. Philip
Philip (Jardin de Lune) · le mardi 31 mars 2020 à 09:46
Pour DIDOU :
Bonjour Didou,
Ma mémoire (qui des lieux énumérés ne connait que Grenade et l'Andalousie, mais pas Valparaiso) a fabriqué les paysages que je ne connaissais pas, a cherché la fougue et le spleen de Garcia Lorca, et cela a donné l'ambiance de cette "amante andalouse", loin, bien loin d'un Chili imaginaire où se serait exilé l'écrivain espagnol.
Amitiés, cher Didou et toi aussi, prends soin de toi. Philip
Pour RACHELLE :
Bonjour Rachelle, merci pour tes compliments et ta fidélité à me lire.
Comment je fais ? Comme toi. Je puise dans mon imaginaire.
C’est très rarement que j’écris de la poésie sur nos quotidiens.
Mais cela ne m’empêche pas d’être réaliste et de prendre la mesure des souffrances, des interrogations et des inquiétudes que vit le monde en ces moments douloureux.
Quant à toi, prends juste très soin de toi, à chaque instant, et chasse tes pensées d’être emporté par cette abomination de virus.
Et écris ! Ecrire c’est te rapprocher de nous et l’amicale solidarité sera au rendez vous (j’ai du retard dans la lecture et commentaire de tes derniers poèmes. Je vais moins sur le site en ce moment. Mais je passerai te commenter)
Avec toute mon amitié. Philip.
debbie · le mardi 31 mars 2020 à 13:53
Bel après midi
Bisous avec ma tendre amitié
Debbie
Philip (Jardin de Lune) · le mercredi 1 avril 2020 à 06:57
Hello, Debbie,
Je ne savais pas que Rêveuse aimait le flamenco.
Dans ce poème, c'est en pensant à Garcia Lorca, qui était andalou (de Grenade) et à des tableaux "hispanisant" de Manet que l'idée m'est venu que faire démarrer ce petit voyage poétique du pays du flamenco. Puis, le poète a pris la mer, a croisé Rimbaud sur le navire et s'est retrouvé….au Chili.
Oui, ça fait du bien de voyager avec des mots pendant ces périodes de temps immobile.
Amitiés. Philip
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