LE VOYAGEUR IMPRUDENT

Au-delà des ilots tranquilles où s’amassent sans joie
Des paysages lents qui s’évaporent,
Défilent des notes blêmes et les chants sans voix
Des bras figés frêles des sémaphores.
Ils n’indiquent ni le large au goût de sel,
Ni l’appel vainqueur des fourbes horizons,
Mais les chemins terreux où se fracasse le ciel
Et s’arrête un instant le voyageur sans illusions.
Pourtant, je partirai comme un pauvre enfant pâle,
Vers ces havres d’Orient où suinte la lumière,
Quémander des Princes, des diamants, des opales
Ou des secrets gardés au fond d’une tanière.
Et je danserai dans la froideur des glacis
De ces gigues insolentes de barbares aberrants
Qui, dans leurs souffrances dignes, pleureront aux solis
En regrettant les steppes et les voix lasses d’antan.
********
Des paysages lents qui s’évaporent,
Défilent des notes blêmes et les chants sans voix
Des bras figés frêles des sémaphores.
Ils n’indiquent ni le large au goût de sel,
Ni l’appel vainqueur des fourbes horizons,
Mais les chemins terreux où se fracasse le ciel
Et s’arrête un instant le voyageur sans illusions.
Pourtant, je partirai comme un pauvre enfant pâle,
Vers ces havres d’Orient où suinte la lumière,
Quémander des Princes, des diamants, des opales
Ou des secrets gardés au fond d’une tanière.
Et je danserai dans la froideur des glacis
De ces gigues insolentes de barbares aberrants
Qui, dans leurs souffrances dignes, pleureront aux solis
En regrettant les steppes et les voix lasses d’antan.
********
5 commentaires
debbie · le mardi 2 mars 2021 à 13:40
Bel après midi à toi
Bisous avec ma tendre amitié
Debbie
Rachelle · le mardi 2 mars 2021 à 17:07
mariepaule · le mardi 2 mars 2021 à 22:06
Au premier quatrain, j'ai ressenti la mort de toute vie...
Puis c'est l'appel, le désir d'aller vers le voir la beauté , l'éclat du monde, tout en restant dans la froidure.
La souffrance est très présente ainsi que la nostalgie du passé...
Ton poème d'écrit des sentiments de désespoir;..Et un peu de joie...
Bisous Philip
Om
Marei
gymnote29 · le mercredi 3 mars 2021 à 07:00
philipchevalier · le mercredi 3 mars 2021 à 13:18
Je vais commencer par Marie pour expliciter la tonalité de ce poème (et celle de ma poésie en général)...
Pour MARIE :
Coucou Marie. Tu soulignes que ce poème imprime une réflexion tant sur la mort que sur la souffrance.
Pourtant, ce n'était pas mon propos. Passionné de philosophie, j'aime bien réfléchir sur cette vision, ma foi très crédible, qu'ont certains penseurs dont on qualifie leur constat de l'Humain de "philosophies du soupçon".
En fait, et sans m'en rendre compte, mon poème en est une métaphore, l'Homme réfléchit souvent à prendre le risque que son avenir - quitte a se tromper, voire, se "fracasser" - a des chances d'être meilleur que son passé ou son présent.
C'est un peu ce qu'a essayé d'expliquer Nietzsche et c'est peut-être hasardeux, comme une déconstruction des illusions.
Mais, tout comme les autres commentaires que les ami(e)s m'ont fait à cette heure, tu a vu que le poème, à la finale, prend le parti du positif, de la joie. D'ailleurs, souvent je l'exprime dans certains de mes poèmes en commençant, en arrivant à la fin de l'écrit, par le mode futur, résolu (j'irai, je partirai...)
Alors, bien vu, Marie, quand tu me dis 'c'est l'appel d'aller vers la beauté et l'éclat du monde". C'est tout à fait ça. Surtout que tu me connais bien.
Gros bisous, et à très bientôt.
Philip
Pour JEAN-FRANCOIS (Gymnote29) :
Bonjour Jean-François. Ton propos complète bien ce qu'il faut penser de mes quelques vers. Et je me fie à ton vécu, ta "réelle" expérience de vie qui t'a conduit à l'aventure, sur tous les océans.
Ton "vive l'imprudence de l'espérance", c'est tout à fait ça aussi.
Les sémaphores, tu l'as bien compris, s'il peuvent être parfois un fanal dangereux comme le cri des sirènes, sont aussi le rappel que même loin des sentiers qui nous ramènent chez nous (et un océan est un vaste chantier sans bordure) le chemin est indiqué. Et rassure.
Ton commentaire est un véritable poème.
Avec toute mon amitié. Philip
Pour DEBBIE :
Coucou Debbie, c'est incroyable de voir comment -et ton commentaire en témoigne - mon petit poème a été justement perçu. Tu complètes ce qui a été dit : tu as compris que "le voyageur est sans illusions' mais que, prenant le parti ou conscient de" l'imprudence il fait finalement tout ce dont il a envie". C'est un choix...."existentialiste" pour reprendre un terme encore philosophique !
Le côté "temps qui semble figé" donne au poème une couleur particulière.
Gros bisous et amitié fidèle.
Philip
Pour RACHELLE :
Merci pour ton chaleureux commentaire.
Il se trouve qu'en soulignant ton ressenti à partir de ton sentiment de féminité, tu n'est pas éloigné du sens de mon poème.
En parlant "d'imbéciles principes de précaution" Gymnote fustige le convenu, les a priori, la norme, donc.
Ainsi, le mot "aventure" (humaine) doit être pris dans un sens très large.
Tu trouve une vue de l'esprit quelque peu féminine dans le point de vue posé par mes quelques vers métaphoriques. Ton expérience personnelle te le fait peut être plus ressentir. La femme, "autre moitié de l'humanité" a une histoire à travers les siècles qui la contraint à se redéfinir sans cesser pour exister.
Pour conclure, je dirai que ces quelques vers ont soulevé des réflexions très intéressantes, que je ne pensais nullement susciter.
Amitiés.
Philip
Connectez-vous pour laisser un commentaire, ou créez votre site, c'est gratuit.