SPLEEN

J’ai rêvé, à pleurer, les grandes cathédrales
Sous la pâle clarté d’un matin impudique,
Quand mes sabots raclaient sous mes pas amnésiques
Les sursauts de la nuit aux courbes vespérales
Je n’avais plus de cris ; de muettes offrandes
Remplaçaient les serments quand la vague s’envole
Vers les alizés bleus, et qu’au loin caracole
Un refrain indécis, oublié sur la lande.
Et sur le vieux cadran, patiné par le Temps
Où s’invente à foison mon insouciance,
Se grave un invisible écho de méfiance,
Tandis que dort toujours la fièvre du Dément
Où serez-vous demain, pour enterrer ces jours
Aux contours trop distraits qui pointent sans attrait
Le reflet qui pâlit de tous ces vieux portrais,
Où serez-vous toujours avec vos lents discours ?
Sous la pâle clarté d’un matin impudique,
Quand mes sabots raclaient sous mes pas amnésiques
Les sursauts de la nuit aux courbes vespérales
Je n’avais plus de cris ; de muettes offrandes
Remplaçaient les serments quand la vague s’envole
Vers les alizés bleus, et qu’au loin caracole
Un refrain indécis, oublié sur la lande.
Et sur le vieux cadran, patiné par le Temps
Où s’invente à foison mon insouciance,
Se grave un invisible écho de méfiance,
Tandis que dort toujours la fièvre du Dément
Où serez-vous demain, pour enterrer ces jours
Aux contours trop distraits qui pointent sans attrait
Le reflet qui pâlit de tous ces vieux portrais,
Où serez-vous toujours avec vos lents discours ?
10 commentaires
imparfaitlibre · le lundi 26 février 2024 à 13:14
Un spleen dans lequel l'émotion saisie le lecteur qui regarde par tes mots se dérouler ce temps qui, inlassablement use et vieillit tout ce qui vit jusqu'à cette fin que personne ne souhaite vivre seul alors oui, ou serez-vous, où serons-nous...
C'est un plaisir de retrouver tes poésies, c'est un plaisir de te retrouver et de pouvoir à nouveau partager l'émotion des mots, l'émotion du passé, l'émotion de l'amitié car même si le temps passe en emportant avec lui certaines choses, il n'emportera jamais l'amitié sincère.
Merci Philippe c'est un très grand plaisir et une grande joie et, en te lisant ici, je me dis que l'important ne meurt jamais.
Bises à toi et à Susan et j'espère te relire très vite.
mariepaule · le lundi 26 février 2024 à 13:26
J'ai pensé à Notre Dame de Paris en te lisant..
Philip c'est un poème où l'émotion que perçoit le lecteur en le lisant est émouvant.
Le questionnement dans le dernier quatrain je ne pense pas qu'il y a une réponse...
Heureuse je suis de te relire...
Om
Smac, Smac
Philip (Jardin de Lune) · le lundi 26 février 2024 à 13:28
Bien sûr que l'important ne meurt jamais !
Merci pour ton commentaire sincère.
Et, bingo ! Malgré mon style encore et toujours parfois confus, tu as tout à fair perçu le sens du poème.
Pas évident (pour moi, j'entends, czr comme tu le sais, quand j'écris les premiers vers, je ne sais pas toujours où le vais atterrir (sourires !).
Pour ce qui est de la forme, j'espère que je ne reprendrai pas les mauvaises habitudes du "vite, vite, vite, finissons le poème !"
Car ici, si j'ai soigné deux diérèses, il n'est pas évident que je sois passé à côté d'une forme de hiatus (un refra-in in-décis !) Bon, peut mieux faire !
Au plaisir d'aller lire tes autres poèmes.
Bises
Philip
Philip (Jardin de Lune) · le lundi 26 février 2024 à 13:37
Coucou, Marie.
Plaisir de lire ton commentaire, également.
Toi aussi tu as perçu une autre facette de mes humbles vers de retour.
Le poème ici est intemporel. Et oui, c'est vraisemblablement à Notre Dame de Paris à laquelle je pensais, puisque samedi, en longeant les quais en voiture, nous avons vu la Cathédrale reprenant vie (avec quand même encore pas mal d'échafaudages autour)
Quant à la chute du poème et son questionnement, c'est une variante du bon vieux "tempus fugit", le temps qui passe, le temps qui fuit et dont on ne sait où il nous emmène.
Gros bisous, Marie et à très bientôt;
Philip
Susan*Coquelicot* · le lundi 26 février 2024 à 15:11
Je suis ravie de te lire de nouveau ici !
Il est vrai que nos pas nous conduisent très souvent devant Notre Dame de Paris et samedi malgré les échafaudages elle était majestueuse sous un ciel bien bleu , elle revivait sous les regards des passants...Je comprends ta belle inspiration poétique !
Bisous
imparfaitlibre · le lundi 26 février 2024 à 16:52
Grosses bises à toi et j'espère que tu continueras à venir poster pour notre plus grand plaisir.
Philip (Jardin de Lune) · le lundi 26 février 2024 à 17:35
Merci chère Patricia pour ces petites précisions/corrections.
Ah l'on retrouve ici le bel esprit d'entraide et d'émulation qui fit la joie du site.
Oui, je vais continuer à poster, je viens de terminer un poème (sur l'insurrection célèbre des Misérables, où Gavroche perdit la vie) que je posterai demain (en essayant de corriger des erreurs de classique).
Mais fini le temps des 2 poèmes par jour à un rythme infernal ! (sourires)
Bonne soirée à toi, Patricia.
Rachelle · le mardi 27 février 2024 à 05:13
Philip (Jardin de Lune) · le mardi 27 février 2024 à 07:03
Bonjour chère Rachelle. Quel plaisir de lire ton commentaire. Je ne doutais pas que tu passerais me faire un petit coucou.
La petite "bande" se reforme, c'est merveilleux.
Je suis revenu hier sur le site, en postant, à l'initiative de Susan.
Laisse moi le temps d'aménager un peu mon ...Temps, les journées sont bien chargées, pour lire quelques uns de tes derniers poèmes et les commenter, ainsi que ceux des autres amies.
En tout cas, merci, et vive la poésie et les amitiés poétiques !
imparfaitlibre · le mardi 27 février 2024 à 11:29
"Mais fini le temps des 2 poèmes par jour à un rythme infernal ! (sourires)"
Maintenant ce serait plus un poème tous les deux jours!!!!! (sourire)
belle journée Philip
Bises
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