Spleen d'Automne
Au-delà des îlots tranquilles où s’amassent sans joie
Des paysages lents qui s’évaporent,
Défilent les notes blêmes, les chants sans voix
Des bras frêles des sémaphores.
Ils n’indiquent ni le large au goût de sel,
Ni l’appel vainqueur des fourbes horizons,
Mais les chemins terreux qui montent jusqu’au ciel
Où s’arrête un instant le voyageur sans illusion.
Alors, j’irai comme un pauvre enfant pâle,
Vers ces havres d’Orient où suinte la Lumière,
Susciter des princes, des diamants, des opales,
Ou des secrets gardés de fiers visionnaires.
Et je danserai dans la timide froideur des glacis,
Mille et une gigues comme ces barbares aberrants
Qui dans leurs souffrances dignes, pleureront aux soli,
En regrettant les steppes et les voix lasses d’antan.
Je jalouserai enfin leur impétueuse audace,
Leur dérisoire orgueil à nul destin pareil,
Leurs regards matois à l’appétit vorace,
Pour m’endormir enfin au déclin du soleil.
Des paysages lents qui s’évaporent,
Défilent les notes blêmes, les chants sans voix
Des bras frêles des sémaphores.
Ils n’indiquent ni le large au goût de sel,
Ni l’appel vainqueur des fourbes horizons,
Mais les chemins terreux qui montent jusqu’au ciel
Où s’arrête un instant le voyageur sans illusion.
Alors, j’irai comme un pauvre enfant pâle,
Vers ces havres d’Orient où suinte la Lumière,
Susciter des princes, des diamants, des opales,
Ou des secrets gardés de fiers visionnaires.
Et je danserai dans la timide froideur des glacis,
Mille et une gigues comme ces barbares aberrants
Qui dans leurs souffrances dignes, pleureront aux soli,
En regrettant les steppes et les voix lasses d’antan.
Je jalouserai enfin leur impétueuse audace,
Leur dérisoire orgueil à nul destin pareil,
Leurs regards matois à l’appétit vorace,
Pour m’endormir enfin au déclin du soleil.
10 commentaires
Loïc · le vendredi 11 novembre 2011 à 21:58
Au poème : un sens de demi-vie désirée mais considérée quasiment irréalisable (bah, sinon ce ne serait pas un "spleen" !) recouvre l'ensemble, avec une impression d'équilibre fragile, entre ce qui est, ce qu'on veut, et ce qu'on estime possible.
Tu devrais aller lire les spleens de Thierry ( htt://www.mespoemes.net/cauria ), qui écrit de façon très similaire.
Amitiés Philip !
http://www.mespoemes.net/cellox
mandoespartero · le dimanche 13 novembre 2011 à 13:28
J'aime les murmures offensés de ce verbe qui complète l'existence des mots vrais.
Merci de ce bonheur!
@rm@nd
domidom · le dimanche 13 novembre 2011 à 21:42
Votre dernier quatrain est très audacieux, après la jalousie, la dérision et les regards matois, arrive la paix au travers d'un sommeil bien mérité...
J'ai adoré vous lire...
Amicalement...Domie...
oliverjane1950 · le samedi 28 janvier 2012 à 11:57
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950
oliverjane1950 · le samedi 28 janvier 2012 à 12:04
ptiteliline · le jeudi 25 juillet 2013 à 12:08
Nadore · le jeudi 25 juillet 2013 à 12:09
Marie-Anne Keppers · le lundi 18 janvier 2016 à 19:05
Marie-Anne
scorpionne · le lundi 30 avril 2018 à 12:00
Il y a, certes, de la mélancolie dans ton poème, mais j'y décèle également de l'espoir ("où suinte la lumière" / "je danserai") et une certaine sagesse, voire sérénité (le dernier quatrain).
Belle journée à toi !
Poétiquement,
Jocelyne
Philip (Jardin de Lune) · le lundi 30 avril 2018 à 13:10
Bonjour Jocelyne.
D'abord merci d'être passé lire mn tout premier poème écrit sur le site.
Bonne analyse que tu as faite de mon écrit. Si, d'aventure, tu parcours quelques uns de mes poèmes écrits ces dernières années, tu verras que, grand admirateur de Baudelaire et Verlaine, je me suis accaparé très souvent dans l'écriture, cette mélancolie si particulière à laquelle on a donné le nom de "spleen".
Mais en fait, ce n'est qu'une question de tonalité. Le poème n'a rien en soi de pessimiste.
Encore merci d'être passé me lire.
A bientôt. Poétiquement. Philip
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