JEANNE

Tout fardé de rimailleries indociles,
J’allais à l’abordage de tes sottes envies.
Tes larmes de jade étaient si versatiles
Que chaque jour versé valait toute une vie.
Je t’aimais de mille souverains prétextes,
Des fusées d’argent pour assouvir tes rêves
Et mon cœur mis à nu, le plus beau des textes.
Mais ma plume est stérile et mon amour s’achève.
Tes rancœurs pugnaces, tes vaines innocences,
Irritaient mes langueurs mourantes au point du jour.
Tous ces matins semblaient blêmes survivances
D’un amour tari, aux improbables contours.
Tes baisers confondants venaient m’abalourdir,
Donnant à mon cœur de vains enfantillages;
Leur goût salé mêlé de larmes et de soupirs
Etait fourbe poison de vils maquillages.
Dois-je t’ensevelir au fond d’un puits sans fin ?
Le Diable applaudirait, je lui au saurai gré.
Et dévorer ton cœur, ô funeste festin,
Pour soupirer encor de mes amours fanés.
La lassitude est une désespérante tristesse d’airain….
(En mémoire de Jeanne DUVAL, de Baudelaire l'impétueuse amante qui lui gâcha l'automne de sa vie)
J’allais à l’abordage de tes sottes envies.
Tes larmes de jade étaient si versatiles
Que chaque jour versé valait toute une vie.
Je t’aimais de mille souverains prétextes,
Des fusées d’argent pour assouvir tes rêves
Et mon cœur mis à nu, le plus beau des textes.
Mais ma plume est stérile et mon amour s’achève.
Tes rancœurs pugnaces, tes vaines innocences,
Irritaient mes langueurs mourantes au point du jour.
Tous ces matins semblaient blêmes survivances
D’un amour tari, aux improbables contours.
Tes baisers confondants venaient m’abalourdir,
Donnant à mon cœur de vains enfantillages;
Leur goût salé mêlé de larmes et de soupirs
Etait fourbe poison de vils maquillages.
Dois-je t’ensevelir au fond d’un puits sans fin ?
Le Diable applaudirait, je lui au saurai gré.
Et dévorer ton cœur, ô funeste festin,
Pour soupirer encor de mes amours fanés.
La lassitude est une désespérante tristesse d’airain….
(En mémoire de Jeanne DUVAL, de Baudelaire l'impétueuse amante qui lui gâcha l'automne de sa vie)
11 commentaires
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 27 novembre 2011 à 11:58
Dans mes baudelairiens délires (c'est ma période !), j'ai voulu VENGER le Maître.
Philip
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
didou · le dimanche 27 novembre 2011 à 12:11
pbeziat · le dimanche 27 novembre 2011 à 12:11
Quel belle dédicasse à ce grand auteur qu'est Beaudelaire.J'aimerai toutefois soulever une question: Est-ce que ce n'est pas aussi grâce à Jeanne Duval qu'il à écrit d'aussi beaux poèmes? N'est ce pas lors de la maladie de sa maîtresse qu'il composa certains de ses Chef-d'œuvre? C'est il me semble, une bonne compensation. Amicalement, Paul.
http://www.mespoemes.net/pbeziat
larose · le dimanche 27 novembre 2011 à 16:58
du talent et une muse venue des années folles!!!
c'est vraiment du bel ouvrage!!
bonne soirée ami poète!!!!!
bluegirl · le dimanche 27 novembre 2011 à 17:32
De l amour en souffrance reste malheureusement de l amour et c est alors qu il devient un obstacle, une déraison de vivre.
J ai beaucoup aimé ton poème drapé de tristesse, avec cette petite phrase lumineuse:
"je t'aimais de mille souverains pretextes"...c est très beau.
A bientôt Philip. Bonne soirée
phantom · le dimanche 27 novembre 2011 à 18:05
mandoespartero · le dimanche 27 novembre 2011 à 18:05
http://www.mespoemes.net/mandoespartero
Sous la canisse de ses délicieuses contradictions, Baudelaire a toujours donné de sa superbe_comme il le fît pour sa Créole_ dans son verbe élégant...Merci de lui avoir tressé cet hommage convaincant!
Amitiés
@rm@nd
Vesta · le dimanche 27 novembre 2011 à 23:07
domidom · le lundi 28 novembre 2011 à 13:13
Ce genre de femmes existent toujours mon cher Philip, il y a des créatures qui aiment jouer avec le coeur des hommes, elles se régalent de pouvoir lire la souffrance dans leurs regards de chiens battus...
Un poème que l'on lit avec beaucoup d'émotion...
J'ai adoré....
A bientôt....Domie...
imparfaitlibre · le mercredi 7 décembre 2011 à 23:27
je connais toute l'oeuvre de Baudelaire, mais je ne me suis jamais intéressée à sa vie intime alors c'est en lisant ton poème que je découvre l'une des femmes pour laquelle il a certainement beaucoup écrit de poèmes sombres sur sa vie amoureuse.
J'aime cet homme pour son amour du classique, pour la beauté de ses vers, pour la profondeur de ses mots qui ne sont jamais écrits au hazard et pour la grande réflexion qu'ils laissent dans mon esprit.
Maintenant pour qui ou pour quoi, j'avoue que je ne me pose pas la question car il n'est plus là pour me donner la réponse.
Un beau poème sur une femme que Baudelaire devait trouver exceptionnelle quand même sinon il ne l'aurait pas aimé avec autant de fougue.
Amitiés sincères Philip et au plaisir de te lire à nouveau.----
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre
Philip de Berg (JARDIN DELUNE) · le jeudi 8 décembre 2011 à 13:49
C'est vrai, Jeanne Duval a été un (sinon le) grand amour de sa vie. Ils sont restés ensemble 14 ans, et il a écrit pour elle quelques uns de ses plus beau poèmes. Puis....elle s'est mise à lui pourrir la vie, au point qu'il est venu à la détester. Mais n'ayant laissé aucune confidence sur le sujet, on peut penser que Baudelaire en fait n'a jamais cessé de l'aimer.
Sans transition, je dois dire que je suis heureux de voir que de nouveau tu prends le temps d'aller sur le site, de lire et commenter de façon toujours aussi sympathique. Car, plus Noël approche, plus j'ai une petite pensée amicale pour toi en sachant que, de par ton métier, c'est le moment où tu ne dois cesser d'être sous pression. Tiens bon, amie, après tu pourras décompresser un peu.....et te remettre à écrire. Amitiés sincères. Philip
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
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