J'ai livré aux bêtes mon coeur tout saignant

(le testament imaginaire d'Alfred de Musset)
J'ai livré aux bêtes mon coeur tout saignant......
J'ai dérivé sans heurts, tant de jours incertains,
Où pour toute couronne et pour seule ambition,
Je bravais en rêvant comme un doux franciscain
Les frontières du coeur aux prudes intuitions.
Mais, perdu dans vos bras, fallacieuse amante,
Aux soupirs si fielleux, aux pâmoisons sans fin,
J'ai souffert sans détour de vos épouvantes
Qui m'ont rongé l'espoir de vous aimer enfin;
J'ai livré aux bêtes mon coeur tout saignant......
Votre cou d'opaline et de soie trop mêlée,
Ont fait trembler mon corps sans que vous fûtes là.
Tant de sources ont coulé, pleurs et rires mêlés
Implorant les pardons, aux creux des pergolas
Restant à refleurir, à l'aube des regrets.
Et sans que nul soupir ne vienne au vent maudit,
Ternir nos vieux serments, épuiser nos secrets,
J'irai sans lendemain jeter mes interdits.
J'ai livré aux bêtes mon coeur tout saignant......
Oui j'ai livré aux bêtes mon coeur tout saignant,
Aussi loin la fête a su trop s'aborner,
Pour contenir le vin des regrets contraignants,
Qui dans les soirs vaincus vont enfin s'épancher,
Et j'irai à l'envi reprendre mes sanglots
Et j'irai alangui, croire aux infortunes
Ramasser les sequins perdus sous les tombeaux
Qui, de mon coeur flétri seront ma rancune.
J'ai livré aux bêtes mon coeur tout saignant......
J'ai dérivé sans heurts, tant de jours incertains,
Où pour toute couronne et pour seule ambition,
Je bravais en rêvant comme un doux franciscain
Les frontières du coeur aux prudes intuitions.
Mais, perdu dans vos bras, fallacieuse amante,
Aux soupirs si fielleux, aux pâmoisons sans fin,
J'ai souffert sans détour de vos épouvantes
Qui m'ont rongé l'espoir de vous aimer enfin;
J'ai livré aux bêtes mon coeur tout saignant......
Votre cou d'opaline et de soie trop mêlée,
Ont fait trembler mon corps sans que vous fûtes là.
Tant de sources ont coulé, pleurs et rires mêlés
Implorant les pardons, aux creux des pergolas
Restant à refleurir, à l'aube des regrets.
Et sans que nul soupir ne vienne au vent maudit,
Ternir nos vieux serments, épuiser nos secrets,
J'irai sans lendemain jeter mes interdits.
J'ai livré aux bêtes mon coeur tout saignant......
Oui j'ai livré aux bêtes mon coeur tout saignant,
Aussi loin la fête a su trop s'aborner,
Pour contenir le vin des regrets contraignants,
Qui dans les soirs vaincus vont enfin s'épancher,
Et j'irai à l'envi reprendre mes sanglots
Et j'irai alangui, croire aux infortunes
Ramasser les sequins perdus sous les tombeaux
Qui, de mon coeur flétri seront ma rancune.
19 commentaires
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mercredi 18 avril 2012 à 23:02
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
larose · le mercredi 18 avril 2012 à 23:30
amitié!
bonne soirée poète!!!
lilorev · le jeudi 19 avril 2012 à 00:47
Superbe testament !
Quand j’ai vu le titre j’ai eu peur j’ai cru que tu avais écrit un poème « d’horreur » lol.
Mais ton poème est magnifique, emporter par tes vers on s’imagine sans peine Alfred de Musset se lamentant sur ses cruel amours. Après tout n’a-t-il pas « livré aux bêtes son cœur tout saignant » ? Difficile après ça de ne pas compatir à ses peines de cœur ! lol
Bisous. Lilo
oliverjane1950 · le jeudi 19 avril 2012 à 10:44
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950
Vesta · le jeudi 19 avril 2012 à 12:06
José · le jeudi 19 avril 2012 à 12:34
domidom · le jeudi 19 avril 2012 à 18:34
A bientôt...Bisous...
Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom
worrell02 · le jeudi 19 avril 2012 à 20:27
Amitiés
Ivy
http://www.mespoemes.net/worrell02
Agrippa (Thierry Demercastel) · le jeudi 19 avril 2012 à 20:41
didou · le jeudi 19 avril 2012 à 21:17
a bientot pour te lire
amitié didier ---
http://www.mespoemes.net/didou
lesprosesdeslim · le vendredi 20 avril 2012 à 19:27
jeter ton "dévolu" sur un poète tel que Alfred de Musset est en soi une grande qualité de choix autant que l'on pourrait opter pour un livre de Victor Hugo dans le but d'y préserver une rose séchée...(référence au joli poème de Larose).
Ce n'est pas seulement le coeur saignant que l'on livre allègrement à l'amour mais c'est aussi toute notre âme, notre personne, notre vision de la vie...Même, nos pas de tous les jours, les jours et les nuits, notre semblant d'équilibre n'appartiennent en fait qu'à l'autre dans les yeux de qui on apprend de nouveau une lecture toute différente de la vie.
Ton poème est très bien écrit. Il déshabille le poète jusqu'au dénuement physique et moral le plus total, une allégeance du corps et de l'âme à ce point inconditionnelle que pour l'inculte en matière de poésie il reste finalement si peu de crédits à accorder aux grandes prouesses livresques de ce grand poète...
Visiblement, les poètes qui savent l'art "d'évoquer les minutes heureuses"(Charles Beaudelaire) et d'analyser profondément la passion classique d'amants célèbres et universellement chantés sont après tout les premières grandes victimes innocentes de ce grand besoin d'aimer. Merci cher Philip pour ta belle poésie. Amitiés. Slim.
Loïc · le samedi 21 avril 2012 à 16:35
En tous cas, tu as un sacré souffle dans ce poème, et de belles trouvailles ; je retiens :
"Votre cou d'opaline et de soie trop mêlée,
Ont fait trembler mon corps sans que vous fûtes là"
et "Ramasser les sequins perdus sous les tombeaux"
C'est du tout bon !
Par contre, quelques fautes :
-- "tant de sources ont coulÉ" (
-- Vers la fin, c'est "à l'envI" sans E
-- Au dernier vers, je ne vois pas à quoi correspond "sera", en l'abence de sujets singuliers, il n'y a que des pluriels ; "seront", non ? Ou tu peux dire "CE qui de mon coeur flétri sera la rancune"
-- Et enfin, je ne suis pas sûr, mais pour ce qui est de "d'opaline et de soie trop mêlée", tu ne voulais pas dire "mêléeS" ? L'opaline et la soie mêlées ? Ou est-ce seulement la soie qui est mêléE, dans le sens "emmêlée" ?
Amitiés Philip !
Marcek · le dimanche 22 avril 2012 à 01:18
La passion de Musset pour George ne fut pas de tout repos, non plus que celle de Chopin pour la bonne dame de Nohant...irrésitible car elle aussi femme de passion et de passions !
Bravo pour cette évocation de Musset ce génie ensorceleur !
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 22 avril 2012 à 11:11
Pleins de commentaires de vous, merci. Je vais y répondre tranquillement. Patience, ne vous inquiétez pas. J'ai pris du retard. Amitiés. Philip.
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Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 22 avril 2012 à 11:25
Corrections faites, l'ami ! Pour "mêlée", il s'agissait bien de (fils de) soie "emmêlée". Pour le dernier vers, ce sont bien les sequins (pourquoi eux, et d'abord pourquoi des sequins, ah mystères de l'écriture automatique !) qui sont le sujet de....seront, bien entendu. Tu as vu, je progresse dans le "presque néo".....mais en renonçant toujours à faire l'épouvantable effort de supprimer un 7ème pied ou d'en rajouter un lorsqu'il n'y en a que 5 !!! One day ? A part ça, sur le fond je surfe sur une vague romantique comme c'est pas possible. Voilà que je me prends pour Musset. Ah, la douleur de l' amour, ce miroir à double face, douceur et souffrance tout à la fois. Nous connaissons tous. Amitiés Loïc. Philip, errant, le coeur battant, en veste de velours pourpre uni (oui, oui, j'en ai toujours une, que j'ai acheté à Carnaby Street, à la fin des sixties !!!), dans les allées du Jardin du Luxembourg.....
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Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 22 avril 2012 à 11:31
Merci pour ton commentaire. Je ne vais pas tarder à aller jeter un coup d'oeil du côté des amours de Victor Hugo.....et même aller faire un tour dans sa maison, Place des Vosges, à Paris, pour me mettre dans l'ambiance (c'est sur ma ligne de bus qui s'arrête au pied de chez moi, et sa Maison est un des Musées de la Ville de Paris "gra-tuit !!!", on peut y aller quand on veut, tant qu'on veut. Peut être qu'en flairant ces mur j'y découvrirai quelque romance oubliée, ou secrètement cachée qui m'inspirera peut-être ? Frémissons coeurs romantiques !!!
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Marcek · le dimanche 22 avril 2012 à 12:22
Je suis passée un jour Rue des Feuillantines et j'ai cru entendre les cris joyeux de Victor et d'Abel se mêlant à eux d'Adèle enfant qui venait jouer avec les deux frères...d'ailleurs Abel était follement amoureux d'Adèle et en a toujours voulu à Hugo de lui avoir ravi son amour !
Je te conseille la lecture des deux tomes écrits par Max Gallo consacrés à Hugo :
1 "Je suis une force qui va"
2 "Je serai celui-là "
Quel homme, mais quel homme !
philipchevalier · le mardi 24 avril 2012 à 17:46
scorpionne · le jeudi 24 mai 2018 à 11:57
Ah l'amour ! Un sujet universel mais que chacun(e) s'approprie pour en faire un texte unique. Heureuses ou malheureuses, les amours nous inspirent.
La phrase de Musset "J'ai livré aux bêtes mon coeur tout saignant" se marie harmonieusement à l'ensemble de ton poème. Félicitations !
Belle journée à toi Philip.
Bien amicalement,
Jocelyne
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