Le testament d'Azathoth (suite 6)

A la lecture de mes notes, j’étais, je dois le dire autant perplexe qu’incrédule…..
J’étais pourtant rompu au vocabulaire ésotérique et j’avais une assez bonne connaissance de toutes les civilisations anciennes ainsi que du domaine appartenant au légendaire. Mais je reconnaissais humblement avoir du mal à me situer dans cet incroyable univers de lieux et de croyances qui semblaient ne pas appartenir à notre monde, aussi vieux soit-il. Nombre de citations n’avaient pas le moindre sens pour moi, et j’avouais être dans l’impatience de retrouver Abbott Clearwater pour avoir enfin des éclaircissements. D’ailleurs, c’est à sa demande expresse que j’avais fait le détour dans le Connecticut.
- « C’est TRES important ! » m’avait dit le Professeur, lorsqu’il m’avait presque supplié de recopier certains extraits du manuscrit qu’il n’avait jamais eu en sa possession.
Les Fragments sont au départ un ensemble de textes rédigés dans une langue inconnue d'une incroyable antiquité. On ne sait exactement à qui l’on doit sa chaotique traduction.
Il y est fait notamment référence à un lieu, un édifice plutôt, le « Scriptorium », tantôt qualifié de « Bibliothèque Patriarcale ». Il semblerait, mais rien ne permettait de l’affirmer, que cela put être un lieu sacré de Savoir. Le lieu sacré de LA Connaissance ? Une Connaissance qui, je le pressentais, était effroyable, au-delà-même de ce que peut créer l’imagination. Mais d’ailleurs, sous quels cieux, dans quelles dimensions ?
On trouvait une trace, non accréditée, de l’origine des Fragments, dans un des registres encyclopédiques conservé par le Smithsonian Institute. C’était l’un de mes correspondants à Washington D.C. qui m’avait donné l’information. Voici le résumé qu’il me fit de ses investigations : « le document mentionne à quatre reprises la fabuleuse cité souterraine de G'harne la Morte, au cœur du Continent Noir. Il évoque ses terribles habitants rampants, les Chthoniens, et leur maître maléfique, Shudde M'ell. Un autre passage est consacré à Lh'yib, à ses habitants et au dieu reptilien qu'ils vénéraient. Pourtant ce sont bien les Choses Très Anciennes et une de leurs créations les plus abouties, les Shoggoths, qui sont au centre des Fragments ».
Je m’assoupis assez tardivement et je dois dire que mon court sommeil fut peuplé d’horribles cauchemars, si effrayants que l’aube qui me surprit fut du meilleur augure pour éviter à mon cerveau de me conduire aux portes de la folie. Mais mon malaise était persistant et je restais encore deux bonnes heures, dans la grisaille du jour qui se levait, dans un état de semi-hébétude qui avait du mal à se dissiper.
C’est dans cet état d’esprit que je gagnais la grande salle de l’auberge pour y prendre mon déjeuner du matin. La pièce était vide. L’hôtelier m’apporta un bol de soupe aux céréales, quelques fruits et un pot de café fumant.
- « Alors comme ça, vous allez chez le vieil Abbott ? » me demanda-t-il d’un air où je crus percevoir toujours la même hostilité sourde.
Je le dévisageais. La veille au soir, je n’avais pas remarqué son faciès aplati, au front protubérant. Mais c’était le contour des yeux, les paupières surtout qui donnaient au visage un aspect aussi lugubre que dérangeant. L’homme était ridé, et l’on sentait que c’était un campagnard dont l’épiderme avait subi dès la prime jeunesse les assauts de la nature. Mais, je me trompais peut-être du fait de l’éclairage avare de la pièce, il me semblait que ses paupières formaient comme des écailles malsaines au-dessus des yeux.
J’avais hâte de quitter les lieux et de retrouver le Pr Clearwater.
J’étais pourtant rompu au vocabulaire ésotérique et j’avais une assez bonne connaissance de toutes les civilisations anciennes ainsi que du domaine appartenant au légendaire. Mais je reconnaissais humblement avoir du mal à me situer dans cet incroyable univers de lieux et de croyances qui semblaient ne pas appartenir à notre monde, aussi vieux soit-il. Nombre de citations n’avaient pas le moindre sens pour moi, et j’avouais être dans l’impatience de retrouver Abbott Clearwater pour avoir enfin des éclaircissements. D’ailleurs, c’est à sa demande expresse que j’avais fait le détour dans le Connecticut.
- « C’est TRES important ! » m’avait dit le Professeur, lorsqu’il m’avait presque supplié de recopier certains extraits du manuscrit qu’il n’avait jamais eu en sa possession.
Les Fragments sont au départ un ensemble de textes rédigés dans une langue inconnue d'une incroyable antiquité. On ne sait exactement à qui l’on doit sa chaotique traduction.
Il y est fait notamment référence à un lieu, un édifice plutôt, le « Scriptorium », tantôt qualifié de « Bibliothèque Patriarcale ». Il semblerait, mais rien ne permettait de l’affirmer, que cela put être un lieu sacré de Savoir. Le lieu sacré de LA Connaissance ? Une Connaissance qui, je le pressentais, était effroyable, au-delà-même de ce que peut créer l’imagination. Mais d’ailleurs, sous quels cieux, dans quelles dimensions ?
On trouvait une trace, non accréditée, de l’origine des Fragments, dans un des registres encyclopédiques conservé par le Smithsonian Institute. C’était l’un de mes correspondants à Washington D.C. qui m’avait donné l’information. Voici le résumé qu’il me fit de ses investigations : « le document mentionne à quatre reprises la fabuleuse cité souterraine de G'harne la Morte, au cœur du Continent Noir. Il évoque ses terribles habitants rampants, les Chthoniens, et leur maître maléfique, Shudde M'ell. Un autre passage est consacré à Lh'yib, à ses habitants et au dieu reptilien qu'ils vénéraient. Pourtant ce sont bien les Choses Très Anciennes et une de leurs créations les plus abouties, les Shoggoths, qui sont au centre des Fragments ».
Je m’assoupis assez tardivement et je dois dire que mon court sommeil fut peuplé d’horribles cauchemars, si effrayants que l’aube qui me surprit fut du meilleur augure pour éviter à mon cerveau de me conduire aux portes de la folie. Mais mon malaise était persistant et je restais encore deux bonnes heures, dans la grisaille du jour qui se levait, dans un état de semi-hébétude qui avait du mal à se dissiper.
C’est dans cet état d’esprit que je gagnais la grande salle de l’auberge pour y prendre mon déjeuner du matin. La pièce était vide. L’hôtelier m’apporta un bol de soupe aux céréales, quelques fruits et un pot de café fumant.
- « Alors comme ça, vous allez chez le vieil Abbott ? » me demanda-t-il d’un air où je crus percevoir toujours la même hostilité sourde.
Je le dévisageais. La veille au soir, je n’avais pas remarqué son faciès aplati, au front protubérant. Mais c’était le contour des yeux, les paupières surtout qui donnaient au visage un aspect aussi lugubre que dérangeant. L’homme était ridé, et l’on sentait que c’était un campagnard dont l’épiderme avait subi dès la prime jeunesse les assauts de la nature. Mais, je me trompais peut-être du fait de l’éclairage avare de la pièce, il me semblait que ses paupières formaient comme des écailles malsaines au-dessus des yeux.
J’avais hâte de quitter les lieux et de retrouver le Pr Clearwater.
13 commentaires
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le lundi 25 juin 2012 à 19:46
Pour LOÏC : t'as vu mon in-joke ?
Amitiés à tous et à toutes. Toujours pas morts de frayeur ? Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
Loïc · le lundi 25 juin 2012 à 23:46
Je repasserai faire une critique détaillée après tout le monde, comme d'hab.
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mardi 26 juin 2012 à 07:50
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
larose · le mardi 26 juin 2012 à 09:17
Attention, les dédommages et intérêt ça va te couter très cher, tu vas devoir vendre ta maison ainsi tout ce que tu as, fini les vacances!! Pauvre Fifi!! LOL
Loïc va être le plus riche des administrateurs!!! Ceci dit bravo pour cette suite merveilleuse!!! Merci pour ce beau partage
Bonne journée
Gros bisous
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mardi 26 juin 2012 à 10:00
"suite merveilleuse !". Mais c'est qu'elle a même pas peur cette Rose. Il va falloir que je situe l'action à Thorigny. Il doit bien y avoir une étrange et mystérieuse demeure en bord de Marne ? Là, tu n'oseras plus rentrer le soir à la tombée de la nuit. Na !
Amitiés. Philip.
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larose · le mardi 26 juin 2012 à 10:57
Biz
Loïc · le mardi 26 juin 2012 à 13:27
Un détail : tu croyais que "Scriptorium" était un néologisme ? En fait non :
"Le mot scriptorium (au pluriel, des scriptoria) est un mot latin dérivé du verbe scribere qui signifie « écrire ». Ce nom désigne l'atelier dans lequel les copistes réalisaient des livres copiés manuellement, avant l'introduction de l'imprimerie en Occident. (Le terme a quelquefois été repris pour désigner, de nos jours, une salle dédiée aux travaux d'écriture.)"
Tu peux enlever ce com si tu veux... Je passais, j'ai vu de la lumière, et j'ai juste eu la flemme de subir toutes les étapes de l'écriture d'un mail.
A ce soir pour mes impressions !
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mardi 26 juin 2012 à 14:50
Amitiés. Phil.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
Loïc · le mardi 26 juin 2012 à 20:38
Et aussi : s’ils ont commencé à changer, la seule chose qui puisse te motiver à les dresser contre Abbott est que tu vas dresser Abbott contre eux, sinon ce n'est pas logique. Jusque-là, je croyais qu’on allait avoir une descente aux enfers où Abbott rejoint le culte local (et puis, avec un nom pareil… en devenir le chef peut-être ?) ; mais s’ils n’accueillent pas Abbott en ville comme l’un des leurs, c’est qu’ils ont senti d’une façon ou d’une autre que peu importe ce que fait Abbott chez lui, ce n’est pas bon pour eux (et donc qu’Abbott est leur adversaire).
Peut-être qu’il faudrait être plus clair concernant les motivations de chacun, parce que pour l’instant la logique est brouillée. Tu as le droit d’entretenir le flou, mais si tu copies L, c’est quelque chose qu’il ne faisait pas. On savait tout de suite qui était bon ou mauvais, et qui n’aimait pas qui et pourquoi, même juste à travers de détails révélateurs pour nous… que le narrateur crétin ne comprenait jamais avant qu’un Grand Ancien sorte du robinet de la cuisine (le narrateur chez L, c’est le mec pas fin ; c’est « Bah oui, les habitants ont les doigts palmés, parlent comme des grenouilles et me suivent partout dans les ruelles sombres, mais je vais quand même reprendre de la tarte aux fraises »).
Quant aux Fragments de Gharne, c’est de L ça ? Ça ne me rappelle rien du tout. Les Fragments de Celaeno, oui, mais pas Gharne. Pareil pour ce Shudde M’ell (le nom ne fait pas trop lovecraftien d’ailleurs). Enfin bon, tu vas me donner l’occasion de découvrir une partie de la cosmogonie lovecraftienne que je ne connaissais pas…
En tous cas, c’est toujours bien amené et dans les règles de l’art ! Livre maudit : check. Cauchemars : check. Habitants génétiquement modifiés : check.
Note : toujours ce problème de S en trop sur « –AI »
-- « je restAI encore deux bonnes heures »
-- « je gagnAI la grande salle »
-- « Je le dévisageAI »
Quand tu as un doute, remplace ton verbe du 1er groupe par un group du 2e ou 3e, pour voir s’il te faut l’imparfait ou le passé simple.
J’attends la suite !
worrell02 · le mardi 26 juin 2012 à 20:49
Comme je t'ai dit, j'attends pour tout rassembler pour en faire un petit livre de chevet pour les vacances .Mais j'espère que tu ne vas pas me réclamer des droits à ton tour! Rire!
Bizz
Ivy
http://www.mespoemes.net/worrell02
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mardi 26 juin 2012 à 21:01
Merci de faire de Azathoth's Will ton livre de chevet pour les vacances. J'en suis flatté. D'ici ton départ en vacances, j'aurai encore écrit 3/4 post. En reprenant depuis le début, cela te fera un peu de lecture. Bisous. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
oliverjane1950 · le mardi 18 septembre 2012 à 22:00
Amitiés. Oliver
cerise · le mardi 24 juin 2014 à 13:31
http://www.mespoemes.net/cerise
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