STRANDED (Dans le caniveau) - Part III

(...) Partir quelques temps, ouais, pourquoi pas. Une bonne idée même. J’emmène Joan et on se tire tous les deux. Tiens, le Mexique, on en parlait l’autre jour.
MEXIQUE : HILDALGO DEL PARRAL (Province de CHIHUAHUA).
Ils sont installés depuis maintenant cinq semaines à Hidalgo del Parral, à côté de Chihuahua. Chihuahua ! Ca l’a toujours fait marrer, quand il repense à cette race de petits clébards souffreteux. Il en avait réduit un en bouillie un soir à Newark, lors d’une virée avec des potes. C’était la première bagnole d’Ethan - Poison Ivy, comme on le surnommait – et il fallait arroser ça. Il avait pris le volant, ivre mort comme d’habitude. Quand il a vu la bestiole traverser, il a écrasé la pédale de l’accélérateur. Exit le chihuahua. De la bouillie. Un vrai carnage. La bagnole, il s’en souvient aussi. Une vieille Impala, orange, avec des vitres fumées.
Hidalgo del Paral ! Le soir on voit planer des urubus aux becs crochus, comme dans le Sertao, au Brésil. C’est vrai, le désert n’est pas bien loin. Le temps passe vite au Mexique. La bière est bonne. Ca booste l’imagination. On est au mois juin. La chaleur devient intenable. Elvin téléphone à son agent. La communication est difficile, on est dans un trou perdu.
Là-bas à New York, il doit faire presque aussi chaud si l’on n’a pas la clim.
- « J’ai travaillé comme un dingue depuis plusieurs semaines sur le prochain concept-album, autour de la came ».
- « Tu crois vraiment que c’est ce qu’il faut écrire, avec tous les ennuis que tu trimballes ? » lui rétorque son agent.
- « Cause toujours, connard, c’est encore moi qui décide ! ».
Il se sent invincible. Vraiment chouette cette mise au vert au Mexique. Il s’est mis à l’écriture du nouvel album dès leur arrivée dans la grande maison blanche au 37 calle de la Cerrada de Medellin. Et il écrit, il écrit, encore ! Sans relâche.
Tandis que les feuilles blanches se remplissent de mots, d’esquisses, violentes parfois, comme l’illustration de ce projet de chanson où il est question d’une certaine Wong Lee – Sourire d’Avril - qui, à peine débarquée d’un vieux cargo en provenance de Singapore, se fait poignarder, pour rien, Elvin continue de courtiser la came et Joan à collectionner les inhalateurs et les seringues. Mais rapidement, la période d’acclimatation passée, la picole fait de nouveau son entrée dans la maisonnée. Chaque fois qu’Elvin décroche de l’héro, c’est toujours comme ça, il compense avec l’alcool, enchaînant les tequilas, huit heures de rang. Du coup, il souffre bientôt d’urémie, et le vieux doctor Felipe – El doc – lui conseille de se remettre à la morphine. C’est que les crises d’urémie, ça fait souffrir le tonnerre du diable.
Chez Joan, boisson et speed se complètent sournoisement – la picole soulage un peu sa parano due au speed, et le speed lui permet de boire davantage.
C’est dans ce contexte que survint l’événement qui allait changer à jamais la vie d’Elvin Prisley, icône de toute une génération, guitar hero pourtant adulé. Oh, on connaissait bien l’anecdote sordide, dans les bios qui lui étaient consacrées ; mais voilà, justement, elle n’avait rang que d’anecdote.
MEXIQUE : HILDALGO DEL PARRAL (Province de CHIHUAHUA).
Ils sont installés depuis maintenant cinq semaines à Hidalgo del Parral, à côté de Chihuahua. Chihuahua ! Ca l’a toujours fait marrer, quand il repense à cette race de petits clébards souffreteux. Il en avait réduit un en bouillie un soir à Newark, lors d’une virée avec des potes. C’était la première bagnole d’Ethan - Poison Ivy, comme on le surnommait – et il fallait arroser ça. Il avait pris le volant, ivre mort comme d’habitude. Quand il a vu la bestiole traverser, il a écrasé la pédale de l’accélérateur. Exit le chihuahua. De la bouillie. Un vrai carnage. La bagnole, il s’en souvient aussi. Une vieille Impala, orange, avec des vitres fumées.
Hidalgo del Paral ! Le soir on voit planer des urubus aux becs crochus, comme dans le Sertao, au Brésil. C’est vrai, le désert n’est pas bien loin. Le temps passe vite au Mexique. La bière est bonne. Ca booste l’imagination. On est au mois juin. La chaleur devient intenable. Elvin téléphone à son agent. La communication est difficile, on est dans un trou perdu.
Là-bas à New York, il doit faire presque aussi chaud si l’on n’a pas la clim.
- « J’ai travaillé comme un dingue depuis plusieurs semaines sur le prochain concept-album, autour de la came ».
- « Tu crois vraiment que c’est ce qu’il faut écrire, avec tous les ennuis que tu trimballes ? » lui rétorque son agent.
- « Cause toujours, connard, c’est encore moi qui décide ! ».
Il se sent invincible. Vraiment chouette cette mise au vert au Mexique. Il s’est mis à l’écriture du nouvel album dès leur arrivée dans la grande maison blanche au 37 calle de la Cerrada de Medellin. Et il écrit, il écrit, encore ! Sans relâche.
Tandis que les feuilles blanches se remplissent de mots, d’esquisses, violentes parfois, comme l’illustration de ce projet de chanson où il est question d’une certaine Wong Lee – Sourire d’Avril - qui, à peine débarquée d’un vieux cargo en provenance de Singapore, se fait poignarder, pour rien, Elvin continue de courtiser la came et Joan à collectionner les inhalateurs et les seringues. Mais rapidement, la période d’acclimatation passée, la picole fait de nouveau son entrée dans la maisonnée. Chaque fois qu’Elvin décroche de l’héro, c’est toujours comme ça, il compense avec l’alcool, enchaînant les tequilas, huit heures de rang. Du coup, il souffre bientôt d’urémie, et le vieux doctor Felipe – El doc – lui conseille de se remettre à la morphine. C’est que les crises d’urémie, ça fait souffrir le tonnerre du diable.
Chez Joan, boisson et speed se complètent sournoisement – la picole soulage un peu sa parano due au speed, et le speed lui permet de boire davantage.
C’est dans ce contexte que survint l’événement qui allait changer à jamais la vie d’Elvin Prisley, icône de toute une génération, guitar hero pourtant adulé. Oh, on connaissait bien l’anecdote sordide, dans les bios qui lui étaient consacrées ; mais voilà, justement, elle n’avait rang que d’anecdote.
10 commentaires
Philip de Berg (JARDIN MEXICAIN) · le jeudi 18 octobre 2012 à 21:16
Oui, sombre univers de la drogue (et de l'alcool). Touchez jamais à ça, kiddies !
Tiens, il me revient en mémoire, cette magnifique chanson de Neil Young (presque un poème) :
"I caught you knockin'
at my cellar door
I love you, baby,
can I have some more
Ooh, ooh, the damage done.
I've seen the needle
and the damage done
A little part of it in everyone
But every junkie's
like a settin' sun.
(Je t'ai surpris frappant à la porte de ma cave/Je t'aime, Baby, est-ce que je peux en avoir encore un peu/Oh, les ravages causés !
J'ai vu la seringue et ses ravages/Il y a un peu de tout ça en chacun de nous/Mais chaque drogué est comme un soleil qui meurt.
Allez, demain, je vous fait un beau poème plein de rire et de lumière !
Amitiés à tous et à toutes. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
shine · le jeudi 18 octobre 2012 à 22:28
je vois que tu changes complétement de décor,tu nous fais voyager sans passeport et sans visa....en plus en sautant de la poésie au histoires mordantes qui nous font imaginer le mode de vie de certaines tribus et culture ,nous ramène a penser a une chose:que sont devenues les cultures tribal,et les paysans qui ont remplacé l'outil de travail par les drogues et les armes dans les mains de leurs enfants!!!!
A MÉDITER....
AMICALEMENT SHINE SHNEIDER
SHINE · le jeudi 18 octobre 2012 à 22:35
domidom · le vendredi 19 octobre 2012 à 21:35
Bisous....
Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 19 octobre 2012 à 21:44
Hej, Shine, godnatt. Nej, jag vet inte „Hidalgo“. Men, jag mycket älskar Omar Sharif. Hälsningar, min vän. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 19 octobre 2012 à 21:53
Oh, mais ma chère Domie prend goût à mes horreurs !!!! Vas plutôt lire mon dernier poème "Sonate automnale", il est plus joli. Mais, merci quand même, chère Marraine, pour ta fidélité. Je te fais de gros bisous. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 19 octobre 2012 à 22:03
"Mode de vie" est bien le mot juste. J'ai fait du bénévolat dans un Hotel Social, un "centre de stabilisation" (l'expression dit bien ce qu'elle veut dire), où se retrouvaient, entre autres des personnes ayant eu une addiction à la drogue ou à l'alcool (ou parfois les deux). C'était devenu leur mode de vie....jusqu'à ce qu'ils ne soient socialement plus rien. Alors, il faut remonter la pente et avoir autour de soi des gens pour les aider, les comprendre. Je donnais des cours de remise à niveau et de confiance en soi, en utilisant notamment....la poésie comme support. Je leur faisait lire des poèmes, aimer la beauté de la poésie, écrire de petits poèmes. Ils étaient très attachant. Les résultats que nos obtenions ? A peu près 2 sur 50 seulement s'en sortaient. Et pourtant, nous étions heureux de ces résultats, heureux pour eux (tout en sachant de peut être, un jour, ils allaient rechuter).
Voila pour cette petite anecdote. Je ne fais plus ce bénévolat, c'est quelque part éprouvant et épuisant. Mais c(était beau de faire ça. Amitiés. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
shine · le samedi 20 octobre 2012 à 18:13
et savoir être la a soulagé,a partagé,a soutenir une cause pour le bien être de l'humanité...j'en ai vu moi aussi des personnes au bord de la folie,du non retour et de perte d'espoir;mais comme tu dis être entouré sert a quelque chose parfois:a sauver une vie,a tendre la main a une personne au seuil du suicide;a redonner de l'espoir a ceux qui l'ont perdus...
merci pour avoir partagé ton anecdote avec moi PHILIP
j'aime bien quand tu m’écris en suédois lol :)
thx
worrell02 · le samedi 20 octobre 2012 à 19:02
Bises
Ivy
http://www.mespoemes.net/worrell02
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le samedi 20 octobre 2012 à 22:07
Le spectacle de gens au bord de la folie doit nous faire réfléchir. Varje bär en galen därunder hennes jacka.
Je crois que le proverbe complet dit : (chacun porte un fou sous son manteau)....mais certains le dissimulent mieux que d'autre. Désolé, trop dur de traduire la fin en suédois !!! J'ai perdu beaucoup de vocabulaire. Amitiés. Philip.
Pour IVY :
La suite arrive bientôt. Becoming harder and harder !!! Amitiés. Phil.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
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