OBSCURITATE RERUM (Dans l'obscurité des choses)
Dans l’obscurité des choses les mots sont souvent masqués…..
Qu’une aube frissonnante à mes yeux se renie,
Et les riants désirs se meurent en rêvant,
Comme ce jour blême qui se lève, impuni,
Pour flamber en hurlant, féroce et survivant.
Et tu rachèteras, ô mon âme insolente,
Tous les fruits de la Terre et des nues empourprées,
Qu’au colosse tranquille à la main déférente
Tu raviras, sournois, de ton chant déchiré.
Dérobe ma prunelle et tu liras enfin
Quand le soleil pâli vient mourir en pleurant,
Toute l’ardente moire et mon cœur abyssin
Qui dans son inclémence espère en soupirant.
Aux pourpres délicats qui décorent ces temples,
Aux inconstants fracas qui dévorent le Temps,
Je livre à ce quadrige un effroyable exemple
Pour ces bastions furtifs qui rongent nos tourments.
Alors, comme un soldat qui entend la grenaille
Ou un éclair lointain et fuit, épouvanté
J’irai tel un rhéteur absoudre la canaille,
Et fulminer, tremblant, mes songes agités.
Mon œil ardent se couche en archangeux trépas,
Ma main lâche le sceptre et bénit mon linceul,
Qu’en ce doux crépuscule au dernier de mes pas
J’irai en homme envieux, m’endormir las et seul.
Ô, hâblerie vorace, en frémissante épouse
A l’appétit tenace et sensible à la fois
Dans une alcôve exquise aux moires andalouses
Tu iras respirer les parfums d’autrefois.
Dans tes chemins confus aux rimes immortelles
Tu iras trop frivole à faire sombrer la nuit
Au relent monotone où git calme et cruelle
La nonchalance extrême aux portes de l’ennui.
Dans ton extase brève aux confins des deltas,
Quand frissonne en dormant, timide et confidente
L’antique nudité des pauvres galetas,
Tu dormiras en paix dans ta foi innocente.
Alors tu renaîtras aux fulgurances vives
Que les printemps ternis avaient emprisonnées,
Sous les cieux vieillissants que mon âme ravive
En de fiévreux soupirs aux rythmes enchantés.
Obscuritate rerum verba saepe obscurantur.
Dans l’obscurité des choses les mots sont souvent masqués
Qu’une aube frissonnante à mes yeux se renie,
Et les riants désirs se meurent en rêvant,
Comme ce jour blême qui se lève, impuni,
Pour flamber en hurlant, féroce et survivant.
Et tu rachèteras, ô mon âme insolente,
Tous les fruits de la Terre et des nues empourprées,
Qu’au colosse tranquille à la main déférente
Tu raviras, sournois, de ton chant déchiré.
Dérobe ma prunelle et tu liras enfin
Quand le soleil pâli vient mourir en pleurant,
Toute l’ardente moire et mon cœur abyssin
Qui dans son inclémence espère en soupirant.
Aux pourpres délicats qui décorent ces temples,
Aux inconstants fracas qui dévorent le Temps,
Je livre à ce quadrige un effroyable exemple
Pour ces bastions furtifs qui rongent nos tourments.
Alors, comme un soldat qui entend la grenaille
Ou un éclair lointain et fuit, épouvanté
J’irai tel un rhéteur absoudre la canaille,
Et fulminer, tremblant, mes songes agités.
Mon œil ardent se couche en archangeux trépas,
Ma main lâche le sceptre et bénit mon linceul,
Qu’en ce doux crépuscule au dernier de mes pas
J’irai en homme envieux, m’endormir las et seul.
Ô, hâblerie vorace, en frémissante épouse
A l’appétit tenace et sensible à la fois
Dans une alcôve exquise aux moires andalouses
Tu iras respirer les parfums d’autrefois.
Dans tes chemins confus aux rimes immortelles
Tu iras trop frivole à faire sombrer la nuit
Au relent monotone où git calme et cruelle
La nonchalance extrême aux portes de l’ennui.
Dans ton extase brève aux confins des deltas,
Quand frissonne en dormant, timide et confidente
L’antique nudité des pauvres galetas,
Tu dormiras en paix dans ta foi innocente.
Alors tu renaîtras aux fulgurances vives
Que les printemps ternis avaient emprisonnées,
Sous les cieux vieillissants que mon âme ravive
En de fiévreux soupirs aux rythmes enchantés.
Obscuritate rerum verba saepe obscurantur.
Dans l’obscurité des choses les mots sont souvent masqués

19 commentaires
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mardi 2 avril 2013 à 06:26
« Les salons rouges sont si vastes que le regard s’y perd » écrit Loïc. C’est peut être le lieu inconscient où se cachent l’obscurité des choses.
« Dans les salons rouges, le temps mélange les genres » nous dit notre ami. C’est peut être le lieu onirique où ma plume s’est égarée.
J’ai écrit ce poème, enrobé par la nuit, après avoir lu quelques vers des Châtiments de Victor Hugo, juste avant le sommeil et dans l’attente de mon aube frissonnante.
« Ô mirliton vaniteux qui veut rendre au centuple ce que le Génie a écrit » me dis-je. Mais l’essentiel est d’écrire, avec les tripes, avec le cœur.
Ce que dit ce poème ? Je laisse à chacun son interprétation, inconsciente, psychanalytique ou ressentie. Mais quoi qu’il en soit….. dans l’obscurité des choses les mots sont souvent masqués.
Oh, un détail : l’adjectif « archangeux » n’existe pas ! J’en ai fait une licence poétique, comme on dit. Non pas par paresse, mais pour donner une tonalité particulière au vers. Que les puristes me pardonnent.
Bonne lecture et amitiés à tous et à toutes. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
didou · le mardi 2 avril 2013 à 08:05
Au plaisir de te lire
amitié didou --
http://www.mespoemes.net/didou
larose · le mardi 2 avril 2013 à 11:37
Tu ne peux pas te perdre dans un si beau salon, surtout rouge, couleur de l'amour parmis les roses qui parfument ta plume au milieu de velours et de sculptures de rêve!!! Merci pour ce beau partage!! Bonne journée!!! Biz
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mardi 2 avril 2013 à 13:25
L'aurore est le crépuscule de la nuit. C'est l'heure fragile où les rêves reprennent leur place, se fondent dans le néant.
Pour LAROSE :
Ah, les salons rouges (de Loïc) : un lieu hors du temps, hors de l'espace où « Nous sommes transportés dans une autre dimension, une dimension faite de sons, mais aussi d'esprit. Un voyage au bout des ténébres où il n'y a qu'une destination : la Quatrième Dimension ».
Amitiés. Philip.
nathalie · le mardi 2 avril 2013 à 13:46
bluegirl · le mardi 2 avril 2013 à 14:17
J'ai surtout aimé le troisième quatrain pour la profondeur bien transcrite du soupir, et le huitième quatrain pour le sens "indiscociable" du trio confusion/nonchalence/ennui de ma lecture.
Bises.
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mardi 2 avril 2013 à 16:17
Coucou, Lola. Merci d'avoir apprécié. Car voilà, ENFIN, un nouvel écrit pas trop nul et même "stylé" comme tu le dis.....bien que le thème soit assez confus, je n'en connais pas moi-même les détours, et ne fait pas l'effort de voir ce qu'il y aurait de psychanalytique dedans. C'est la raison pour laquelle je n'ai pas compris ta remarque sur mon 8ème quatrain. Quand tu dis "ennui de MA lecture" de quelle lecture parles-tu. De l'ennui de lire mes vers ? De l'ennui que j'aurai à lire tes vers ? Que nenni. Rien de tout ça. J'ai pris beaucoup de retard dans les lectures et coms (pas la 3 jours et un vendredi chargé). A bientôt. Merci d'avoir aimé. J'irai te commenter sas doute demain, Soiny arrive tout à l'heure et reste dans la soirée. Bisous, Lola. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mardi 2 avril 2013 à 16:20
Merci d'avoir apprécié ce clair-obscur entre ombre et lumière. Tu parles de "la douceur d'une main....". S'agirait-il une fois de plus d'une main tendue ? Tu sais, je n'ai qu'une vague idée de ce que j'ai écrit (c'est donc nul !!!!)....mais je crois que je l'ai bien écrit (c'est donc génial !!!!!!). Bisous, Nathalie. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
domidom · le mardi 2 avril 2013 à 21:18
Comment ne pas aimer le troisième et quatrième quatrains, pourquoi ces deux là d'ailleurs, tout est écrit avec une grande délicatesse, la main du poète surgit dans chaque vers.... Comme une légende, je l'ai lu et re -relu avec un infini plaisir....
Du très beau travail....
Bisous, Domie...
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mercredi 3 avril 2013 à 16:46
Merci d'avoir aimé, chère marraine. Oui, les 3ème et 4ème quatrain ont de l'expression. Le poème est en effet une sorte de labyrinthe, pas forcément obscur. Peut-être mystérieux, car c'est de l'écrituree "presque" automatique. J'ai voulu y mettre, toujours cette fameuse "musique des mots" où le sens n'a pas vraiment d'importance...quoi que .....
Gros bisous, Domie. Philip
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
bluegirl · le jeudi 4 avril 2013 à 12:54
"Ma lecture" signifie simplement "mon ressenti" face à ces trois mots (confusion-nonchalence-ennui). Cela m'a percuté dans le sens que c'est ce que je vis par moment.
D'ailleurs j'ai repris les mots confusion et ennui dans mon dernier poème, et sans que ce soit un message que je t'adresse, on peut le considérer comme une reformulation...avec la classe en moins!
Merci pour ton message de lundi soir et tes coms.
Bisous.
worrell02 · le jeudi 4 avril 2013 à 14:09
Amitiés
Ivy
http://www.mespoemes.net/worrell02
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 5 avril 2013 à 13:18
Bien sûr que tu as raison, Ivy, derrière les mots il y a TOUT. Pas forcément des choses "obscures", mais tout ce que le conscient n'a pas la force où le courage d'exprimer au grand jour. L'inconscient prend alors le relais et avec son pinceau, mais quelques touches subliminales sur nos mots. Bisous. Phil.
Pour LOLA :
Ah, je comprends mieux, chère Lola. Je vais m'immerger dans ton dernier poèmes pour comprendre tes ressentis et revisiter les miens sur le thème confusion-ennui.
Un bémol qui ne me plait pas dans ce que tu m'as écrit : tu me dis "....la classe en moins !" Grrrrrr ! Crois-tu que j'ai vraiment de la classe. En plus de ça, j'ai été formé pour bien écrire. Alors toi, petite Lola formée à l'école de la vie, crois-tu que ce n'est pas toi qui a de la classe. Je suis passé sur ton site, et j'ai vu le nombre incalculable de poèmes que tu as écrit depuis le début. Et surtout, je vois la progression de ton écriture. Tu es quelqu'un qui compte, aujourd'hui, sur le site, qui ne laisse personne indifférent. Désolé, par pudeur à ton égard, je voulais te faire ce compliment en privé, puis tant pis, je te le livre en public. Ecris, écris, écris encore.....Bisous, Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
Bluegirl · le samedi 6 avril 2013 à 21:12
J'y perçois une certaine évolution, alors il est possible que je progresse.
Merci.
A propos, au lieu de t'embéter avec mon ennui, je te suggère de lire mon dernier post..."le lien du coeur et de la raison", qui est un "concept"version poétisée de notre frère Tariq.
Et j'ai aussi répondu à ton com.
Bisous.
rose · le dimanche 14 avril 2013 à 09:33
au plaisir de te lire...
Bise et a bientot Sylvie
http://www.mespoemes.net/rose
Dedeye · le lundi 15 avril 2013 à 09:06
Toutes amitiés
André
shine · le dimanche 21 avril 2013 à 17:56
amicalement shine
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mardi 23 avril 2013 à 07:24
Merci d'avoir aimé mon poème, où j'ai, avec mes moyens, essayé de capter l'esprit de Victor Hugo.
pour DEDEYE :
Merci aussi d'avoir aimé mes mots mon ami. Ils donnent un élan à mon âme.
pour SHINE :
Tak, min väg ! Il y a dans chacun de mes mots, quel que soit le poème, de la lumière et de la chaleur que je veux donner à chacun de vous.
Amitiés sincères. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
avenance · le mercredi 24 avril 2013 à 00:06
Amitiés. Jacques Courriol.
PS. Pardon pour ces quelques semaines de silence dues à une absence quelque peu imprévue.
peu imprévue
Connectez-vous pour laisser un commentaire, ou créez votre site, c'est gratuit.