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Te souviens-tu, mon fils

Le mercredi 5 novembre 2014 à 23:43, posté par plumeflore · 488 lectures

Illustration du poème « Te souviens-tu, mon fils »
Te souviens-tu, mon fils, des longues promenades
Où presque chaque jour, à l'heure du levant
Cheminant au hasard, nous partions en ballades
Le pied léger, l'œil vif et les cheveux au vent

Traversant les ravins aux odeurs sans pareilles
Ainsi par les vallons, les bois, les prés fleuris
Les yeux souvent rêveurs, devant tant de merveilles
Nous allions l'esprit sûr même par les maquis

J'étais heureux de faire, aux pas de ton enfance
Des sentiers de verdure évitant un hameau
Sous l'ombrage doré alangui de silence
Quelquefois un pinson imitait le ruisseau

Attentifs et heureux, admirant la bruyère
L'éclat de son bouquet sur l'aride rocher
Alimentait mon cœur d'un or crépusculaire
Tandis que toi serein tu jouais au berger

Sur le coup de midi sous l'ombrelle d'un chêne
Nous bénissions l'abri pendant quelques instants
L'écrin de son tapis, opale porcelaine
D'un sourire fleurit prolongeait le printemps

Somnolant sur la mousse encore ensoleillée
Poétisant tranquille en buvant le divin
Comme un sage au jardin, j'accordais ma pensée
Baladant mon regard, vers le mont opalin

A quelques pas de là, pareil au bateau ivre
Tu moissonnais les fleurs d'un geste gracieux
Embellissant ton âme et ton amour de vivre
Tu cueillais le bonheur en vénérant les cieux

Dans ce sillage d'or devenu plénitude
S'éternisait la joie au linceul de tes dents
Je puis dire aujourd'hui, jamais une habitude
N'entrava le soleil à l'horloge du temps

En fin d'après midi contemplant la prairie
Nous revenions sans hâte en suivant le chemin
Devinant pas très loin la grande métairie
Alors il était bon de retrouver le pain

Je veux de tout mon cœur enchaîner mon histoire
A ces jours généreux, m'enrichir d'un répit
Volez, volez longtemps oiseaux de ma mémoire
Plus le temps est chagrin, plus mon passé revit

Thèmes : Famille Enfance Nature

2 commentaires

J. Dunelie · le jeudi 6 novembre 2014 à 00:56

J'aime ce texte, particulièrelent ces passages ci :

"L'écrin de son tapis, opale porcelaine
D'un sourire fleurit prolongeait le printemps"

"S'éternisait la joie au linceul de tes dents"

Je trouve ces passages - ainsi que d'autre mais, pour moi, ce sont ceux qui m'ont le mieux poussé au "Ouais, c'est bon !" - particulièrement bien imagés.

Les rimes ne sont pas timides, tu as choisi de faire rimer les mots avec autres choses que ce à quoi on peut s'attendre à voir, puisqu'ils ont été empruntés et usés par des écrivains qui n'ont pas la phrase habile.

Néanmoins, je trouve qu'il faudrai mettre de la ponctuation à ce passage ci, entre le mot "sûr" et "même" afin de faciliter la lecture :

"Nous allions l'esprit sûr même par les maquis"

En effet, comme ceci, on a tendance à ne pas s'arrêter en lisant, quand la logique impliquerait une pause, ou une séparation, entre ces deux mots.

La fin de ce texte est triste... j'espère donc une fiction.

PS : il manque une majuscule, pour indication ;)

rivaudais · le vendredi 7 novembre 2014 à 01:04

J'avais décidé, faute de temps, de ne lire qu'un poème parmi tous ceux présentés ici. Je suis heureux que ce soit le vôtre. Il a des accents lamartiniens qui me ravissent. Merci Plumeflore de cette faveur passagère et durable pourtant car je m'en souviendrai.

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