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Mon pays aujourd'hui

Le mardi 21 mars 2017 à 14:20, posté par plumeflore · 319 lectures

Illustration du poème « Mon pays aujourd'hui »
Un chant de rossignol sur la plaine endormie
Déchire le silence aux portes du matin
Le vieil archer s'épanche et l'ombre s'ennoblie
Déjà le foin coupé embaume l'air de juin

Pénètre d'or mon front, d'un souffle le caresse
Et je sens resplendir le frisson sur les blés
Alors rayonne en moi le sol de ma jeunesse
Et l'agreste ruisseau des merveilleux étés

Lentement goutte à goutte inonde ainsi mon aire
Je revois le clocher de mon humble terroir
Et la svelte hirondelle allègre messagère
Qui tourne avec lenteur dans le ciel bleu du soir

Et dans mon souvenir une aile parfumée
S'en va le jour bercer les chemins, les sous-bois
Et jette sur mes mots une braise dorée
Je l'aimerai toujours mon écrin d'autrefois

Avec humilité mais sans larmes amères
J'ai quitté mon terreau, mon jardin, mon vallon
Et j'ai posé mes pieds sur des terres sectaires
Loin des prés verdoyants où chante le grillon

Adieux les chers bosquets, les bois aux grandes herbes
Et la claire fontaine au centre de Bavans
Les campenottes d'or, les papillons superbes
Les collines en fleurs, les bœufs, les sommets blancs

Il faut bien l'avouer ainsi suis-je candide
Le taire serait vain, je souffre dans Paris
Mais mon présent est beau, je puis dire limpide
Et s'il faut parler franc je vis au Paradis

Mon pays désormais c'est le corps de ma fée
Son doux rayonnement ses dessous de satin
Sa douceur ineffable et sa peau enfiévrée
Quand le plaisir s'accroche au dais de son jardin

j'avoue avoir trouvé mon château en Espagne
Mon ciel est dans ses yeux j'y vois poindre le jour
Son buste merveilleux c'est mon mât de cocagne
D'un feu pareil au mien étincelle l'amour

Que dire de son ventre où foisonne la rose
Sinon qu'il est céleste au point de m'enchaîner
De tout ce que la grâce en mon âme dépose
Il enflamme sans fin mon être tout entier

Et bien souvent le soir sa tendresse paisible
D'une fièvre incroyable ensoleille mon cœur
Je vis en permanence un bonheur indicible
Ainsi tout s'attendrit quand paraît sa splendeur

J'aime tant son visage et je bénis sa terre
Mais j'adore surtout son parfum de lilas
Le timbre de sa voix intensément légère
Vivre sans son soleil je ne le conçois pas

4 commentaires

rivaudais · le mardi 21 mars 2017 à 16:07

Plus romantique que Plumeflore, tu meurs. Dans ce poème tout cequi fait le cahrme de ce genre d'écriture est là, réuni: le rossignol, le feu, l'étincelle d'amour, le corps de fée, la brise, la plaine endormie, les caresses, le sous-bois, ler paradis en un mot. Chez un autre cela pourrait être... Commenr dire ?.. Culcul la praline. pa sche lui, . Son poème est beau. Et c'est un tour de force après que tant et tant d'illustres poètes se soient épanchés sur la bluette et l'élégie, l'amour romantique et celui du clocher. Sincèrement j'ai pris du plaisir, un vrai plaisir, mieux du bonheur, à lire ces lignes qui portent au rêve et au repos champêtre. Merci Marc.

Micheline 1940 · le mercredi 22 mars 2017 à 19:41

Vous savez mieux que personne écrire sur la Nature, les paysages et les sons de la chère campagne qui fut celle de votre enfance. Il est vrai qu'aujourd'hui tout se modernise, et les bêtes maintenues dans des fermes à mille vaches ne cadrent plus aussi bucoliquement dans les prés ! Le geste auguste du semeur, le vois t-on encore quelquefois ? Ce geste ample et beau, qui donne à la terre de quoi nourrir l'homme...Combien y pensent-ils en faisant je geste de rompre le pain ? Vous avez le mot juste, vous avez le mot vrai, et vous nous emportez comme nous vous suivons au pays du beau et de l'amour !
Merci Marc pour la vraie beauté de ce texte !
Bien amicalement,
Micheline.

Micheline 1940 · le mercredi 22 mars 2017 à 19:47

Combien y pensent-ils en faisant je geste de rompre LE pain...
Pardonnez-moi cette erreur , Marc ! Décidément j'y vois de moins en moins bien !!!
Amicalement,
Micheline.

jekarev · le mardi 28 mars 2017 à 17:08

Bonjour Marc,
La beauté du romantisme du semeur d’Amour, au plus profond de l’hiver jusqu’aux moissons… Voilà ce que tes vers nous laissent comme traces. Mais nous pouvons aussi découvrir ce que tu as bâtis, avec cœur et passion, pour la bergère de ton bonheur, aujourd’hui. Il ne vous reste plus qu’à marcher vers les étapes suivantes où sont posés pour l’éternité vos cœurs…
Jérôme

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