Comme se fane au vase un bouquet de bleuets

Alors que le sainfoin fleurit encor la terre
Et se gorge d'eau vive aux rebords des sillons
S'enivrant de soupirs sur le val solitaire
Que le soleil étend son dais sur les moissons
Il est bien loin le temps bénit des granges pleines
Du bruit lourd des sabots et des cloches d'airains
Des moissonneurs suants jusqu'au soir sur les plaines
Vivant avec amour du travail de leurs mains
L'odeur des foins coupés a quitté le village
Les chars ne passent plus sur les chemins poudreux
Ainsi tout un pays vient de tourner la page
Midi sonne au clocher d'un glas la fin des jeux
Reviendra-t-il le temps du grain et de la paille
Quand le semeur auguste épandait le trésor
Du labeur quotidien nourrissant la marmaille
Ce tableau de Millet teinté d'ombre et d'or
Caressait les regards d'une scène adorée
De ces jours consumés à récolté le pain
A suivre son destin sous la verte vesprée
Dans ces temples du soir sagement souverain
Autrefois l'on vivait en totale harmonie
Avec dame nature, heureux parmi les vents
Au rythme des saisons immuable et suivie
Et combien dépendant, de l'orage, du temps
Saluant chaque aurore avec pudeur et force
D'un solfège ingénu concurrencent l'oiseau
Eperdument heureux de graver sur l'écorce
Un amoureux prénom brillant comme flambeau
Les reflets des vieux jours caressant la mémoire
Cacher sous le miroir aux sources des forêts
Sont-ils mort à jamais en devenant l'histoire
Comme se fane au vase un bouquet de bleuets
Se peut-il que juillet ne soit plus une fête
Offrant à nos désirs de savoureux amours
Est-ce la fin du vrai, le déclin du poète
Des songes suspendus aux branches de velours
La vertu s'apprenait au cœur de chaque Bible
Quand la chair ignorant les troubles du plaisir
Cherchait dans la nature un bonheur indicible
De ces instants lascifs coulait le repentir
De ces jours disparus ils nous reste une image
Un beau fleuve ondoyant émouvant de frissons
Un souffle vaporeux courbant le paysage
Crépitant au soleil sous l'archet des grillons
Le vent du souvenir agite en vain les hommes
Insensible aux aïeux le monde est immoral
Ses serpents convulsifs empoisonnent les pommes
Voici venir déjà l'aquilon automnal
https://youtu.be/APdBLHLisTQ
Et se gorge d'eau vive aux rebords des sillons
S'enivrant de soupirs sur le val solitaire
Que le soleil étend son dais sur les moissons
Il est bien loin le temps bénit des granges pleines
Du bruit lourd des sabots et des cloches d'airains
Des moissonneurs suants jusqu'au soir sur les plaines
Vivant avec amour du travail de leurs mains
L'odeur des foins coupés a quitté le village
Les chars ne passent plus sur les chemins poudreux
Ainsi tout un pays vient de tourner la page
Midi sonne au clocher d'un glas la fin des jeux
Reviendra-t-il le temps du grain et de la paille
Quand le semeur auguste épandait le trésor
Du labeur quotidien nourrissant la marmaille
Ce tableau de Millet teinté d'ombre et d'or
Caressait les regards d'une scène adorée
De ces jours consumés à récolté le pain
A suivre son destin sous la verte vesprée
Dans ces temples du soir sagement souverain
Autrefois l'on vivait en totale harmonie
Avec dame nature, heureux parmi les vents
Au rythme des saisons immuable et suivie
Et combien dépendant, de l'orage, du temps
Saluant chaque aurore avec pudeur et force
D'un solfège ingénu concurrencent l'oiseau
Eperdument heureux de graver sur l'écorce
Un amoureux prénom brillant comme flambeau
Les reflets des vieux jours caressant la mémoire
Cacher sous le miroir aux sources des forêts
Sont-ils mort à jamais en devenant l'histoire
Comme se fane au vase un bouquet de bleuets
Se peut-il que juillet ne soit plus une fête
Offrant à nos désirs de savoureux amours
Est-ce la fin du vrai, le déclin du poète
Des songes suspendus aux branches de velours
La vertu s'apprenait au cœur de chaque Bible
Quand la chair ignorant les troubles du plaisir
Cherchait dans la nature un bonheur indicible
De ces instants lascifs coulait le repentir
De ces jours disparus ils nous reste une image
Un beau fleuve ondoyant émouvant de frissons
Un souffle vaporeux courbant le paysage
Crépitant au soleil sous l'archet des grillons
Le vent du souvenir agite en vain les hommes
Insensible aux aïeux le monde est immoral
Ses serpents convulsifs empoisonnent les pommes
Voici venir déjà l'aquilon automnal
https://youtu.be/APdBLHLisTQ
3 commentaires
Ivydall/ worrell02 · le mercredi 5 avril 2017 à 00:00
Tout passe, hélas. Mais les mots du poète vivront toujours et encore !
Merci de ce bouquet de vers.
Amitiés
Micheline 1940 · le mercredi 5 avril 2017 à 04:11
Vous nous offrez, ici, des avalanches de frissons et d'émotions qui assaillent nos âmes du regret de ce que furent nos fructueuses et magnifiques campagnes, désertées aujourd'hui et mal aimées, où le paysan ne peut absolument plus en vivre, comme il le devrait, de son cheptel comme de sa culture... Un vrai désastre ! un réel chagrin ! Vous donnez à vos vers ( qui honorent de façon si poétique, les bucoliques paysages de votre enfance, un relief doux à l’œil, le mûrissement des blés dorés, le bruit du bétail aux sabots résonnants, le murmure du fleuve en ses berges verdoyantes et odorantes ) un avant goût du Paradis ! Je ne puis que vous remercier, cher Poète, pour cet éternel et munificent chant d'amour !
Avec mes plus vifs compliments, et des rêves plein la tête, je vous écris ma bonne amitié !
Micheline.
domidom · le mercredi 5 avril 2017 à 15:45
Bises, Domie
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