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J'écoute au soir chanter la terre

Le lundi 23 avril 2018 à 21:33, posté par plumeflore · 189 lectures

Illustration du poème « J'écoute au soir chanter la terre »
Quand je reviens chez moi, pour embrasser ma mère
Combien il est troublant de déchiffrer l'accueil
Des instants resurgis du pays de naguère
Un rayon de clarté, m'embrase, dés le seuil

S'éveille tout à coup une ardente pensée
Je m'assieds sur la berge ombrageuse du Doubs
Pour enfin boire l'onde à la source enchantée
Jusqu'au temps de l'enfance à l'âge des yeux doux

J'aime revoir l'asile au moment où flamboie
L'épi d'or de juillet exhalant le bon pain
Mes mains paisiblement redécouvrent la soie
Lorsqu'un tendre frisson pose son vol divin

A l'heure où le couchant émerveille la plaine
Le terroir familier, semble un écrin doré
Toute l'âme du jour, coule comme fontaine
Et murmure en douceur, plein de sérénité

Seul et heureux, j'écoute au soir chanter la terre
Le bruissement des blés, cette musique d'or
Au clavecin du vent, aux cordes du mystère
De ses doigts émouvants caresse messidor

Comme un vieux vin exquis, Bavans tient sa promesse
L'hirondelle d'un trait, tout autour du clocher
Écrit l'hymne à la vie avec délicatesse
Au fil mouvant d'un songe élégamment léger

Je retrouve pareil mon école primaire
L'odeur des vieux cahiers me revient à l'esprit
Au milieu de la cour le tilleul centenaire
Serein, suspend le temps sagement établi

Je me revois enfant malheureux, solitaire
Triste comme un automne aux branches du verger
Le silence profond avait l'art de me plaire
Je courais les sous-bois afin de méditer

Et entendre chanter l'émouvante fauvette
Savourant les parfums, la lyre des ruisseaux
Je sentais sourdre en moi l'écume du poète
Quelques mots frissonnants devenaient mes vaisseaux

Avec ses foins coupés, ses belles moissons blondes
Toujours je me rappelle avec un point au coeur
Les berceaux d'herbe tendre et les combes profondes
Les beaux coquelicots au temps de la blondeur

Je l'aime mon pays, pour ses claires fontaines
Pour ses bois ombrageux paresmés de chemins
Pour la paix de ses champs aux heures souveraines
Pour sa terre féconde et fertile en sapins

J'ai besoin du soleil, des fleurs de mon enfance
Nourrit de souvenirs, de jours étincelants
De jeux et de regards, qu'éclaire la distance
Comme au souffle d'avril, j'y revois mes parents

2 commentaires

debbie · le mardi 24 avril 2018 à 08:00

Bonjour Marc, Wow magnifique poésie qui berce les souvenirs. Et qu'il fait bon se nourrir de souvenirs aussi merveilleux. On sent bien l'amour de ton coin de pays. Et j'ai spécialement aimé ce quatrain
"Seul et heureux, j'écoute au soir chanter la terre
Le bruissement des blés, cette musique d'or
Au clavecin du vent, aux cordes du mystère
De ses doigts émouvants caresse messidor "
C'est superbe! Merci pour ce si jolie poème
Belle journée
Amitié
Debbie
http://www.mespoemes.net/debbie/

Rêveuse · le mardi 24 avril 2018 à 09:15

Bonjour Marc

ce que j'aime dans votre poésie c'est qu'au fur et à mesure de la lecture, tout se peint sous votre plume, tout s' image
et vient compléter une toile poétique magique
merci de nous offrir votre amour de la Terre , vos souvenirs d'une enfance difficile et de la joie de la méditation!
merci et belle journée avec mes amitiés!

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