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Oh! tristes amoureux, vous qui ne savez pas

Le dimanche 2 septembre 2018 à 00:00, posté par plumeflore · 180 lectures

Illustration du poème « Oh! tristes amoureux, vous qui ne savez pas »
L'haleine de juillet sur les blés assoupis
Ce plaisant paysage aux ramures exquises
Et ce murmure très doux sur les tendres épis
Que bénit le couchant quand les geais poétisent

Dans un vallon tranquille au pied d'une forêt
Dans les tumultes d'or de la moisson rêveuse
A l'ombre d'un vieux chêne abritant son secret
Au céleste vitrail d'une nef fabuleuse

Même après bien des ans, je me souviens de tout
C'était un soir d'été, d'une belle journée
Se consumant aux fleurs, quand le silence moud
Les parfums du terroir avant la nuit bleutée

Dans l'émouvant sous-bois aux troncs occelés d'or
Où d'invisibles doigts accrochaient la dentelle
Les perles, les rubis, sanglot de messidor
Moi, je cachais mon trouble en la voyant si belle

Le rêve et la douceur accompagaient nos pas
Le charme de son teint la rendait adorable
Et je perdais la tête en comptant ses éclats
Mais c'est bien dans ses yeux qu'ils étaient admirable

Ce soir-là, je l'avoue un feu brûlait mon sang
Sous les traits du soleil son visage angélique
Affolait ma raison, tout en me consumant
Je la sentais heureuse et même romantique

Couverte seulement d'un robe en satin
<<Où l'aube clair-obscur dans le rêve se fonde>>
Son corps se devinait sous le voile succinct
Et c'était le tableau le plus ardent du monde

Au moindre mouvement une fièvre d'amour
Inondait mon esprit; ruisselante de roses
Sa poitrine de reine au merveilleux contour
allumait dans mon cœur les plus coquines choses

Sa beauté emplissait le moindre de mes voeux
Et en m'ouvrant ses bras elle m'offrit Venise
Ses étoiles, son ciel ses flots impétueux
Ses hanches de gondole étaient ma terre promise

Sans faire aucun effort au piège de ses yeux
Imprudent papillon, je m'étais laisser prendre
Je tremblais bien un peu découvrant l'or soyeux
De sa chair veloutée à la flamme si tendre

Je chérissais l'instant de cet heureux destin
Dans le jour tamisé, j'aimais une marquise
En goûtant au fruit mûr de sa lèvre carmin
L'inoubliable miel à la saveur exquise

Je me sentais mourir sous les divins frissons
Et je pleurais je crois en cueillant ses fleurettes
Oh, la douleur si douce au nid doux des moissons
C'était si bon d'aimer, en ces noces secretes

Oh! tristes amoureux, vous qui ne savez pas
Ce que peut bien coûter, l'espace sans mesure
D'un amour sans égal, qui ne s'achète pas
Il n'est rien de plus grand mon âme vous l'assure

Je vous plains si jamais votre corps n'a brûlé
Au feu de telle nuit, que je pris pour l'aurore
Je puis dire aujourd'hui, j'ai tellement aimé
Qu'une voix en mon for, disait je meurs encore

2 commentaires

Rêveuse · le dimanche 2 septembre 2018 à 09:14

Bonjour Marc

Une évocation magnifique d'un amour à la fois lointain mais tellement présent
qui brûle encore en votre coeur!

c'est si beau, quel écrit puissant!

"Je vous plains si jamais votre corps n'a brûlé
Au feu de telle nuit, que je pris pour l'aurore
Je puis dire aujourd'hui, j'ai tellement aimé
Qu'une voix en mon for, disait je meurs encore "
Merci à vous, ce poème fait rêver!

beau dimanche avec mes amitiés!

debbie · le lundi 3 septembre 2018 à 11:41

Bonjour Marc, c'est une merveilleuse poésie où l'amour est présent tout au long des vers. Un amour si fort qu'on en ressent toute la puissance au travers vos mots. Merci de ce beau partage.
Belle journée
Debbie

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