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Au coeur du vieux Bavans

Le mardi 11 décembre 2018 à 17:46, posté par plumeflore · 158 lectures

Illustration du poème « Au coeur du vieux Bavans »
Que reste-t-il, hélas des bouquets de l'enfance
Quand se profile au loin le marbre du tombeau
Comme un fétu de paille, une simple éloquence
L'écho des temps bénis, devient le bruit de l'eau

Je suis d'un oeil ému le vol bleu des années
Parmi les foins dorés, je revois un gamin
Préfèrant la nature à l'ennui des dictées
Et parfumant ses pas à l'espoir du chemin

La nostalgie en moi, dévideuse de rêve
Ensoleille une rue au coeur du vieux bavans
J'en savoure aujourd'hui, la merveilleuse sève
En évoquent l'écrin lointain de mes dix ans

L'écume des jours blonds sur ma tête bouillonne
Sur les flots en furie un clocher souverain
Au friselis léger d'une harpe, arraisonne
Le trésor fabuleux fleurissant mon destin

Un charme attendrissant encercle d'or mon âme
Surprenante langueur pour un matin d'hiver
Que trouble la distance élargissant la gamme
Suis-je donc ce vieil homme interrogeant ma mer

Du cocon familial, il reste un peu de cendre
L'attachement profond pour ce coin de Comté
Fleurant bon l'aubépine et bien sûr l'herbe tendre,
Demeurera toujours plein de félicité

Son nom est dans mon coeur, il vit dans ma mémoire
En revoyant le Doubs, la terre où je suis né
Un hymne solennel, aux teintes de l'ivoire
Apporte à mon moulin la bonne odeur du blé

Témoin sacré d'hier, le lion de la fontaine
Me parle du passé, en parfumant le vent
D'encre et de foin mûr, d'un été de porcelaine
Quand le long d'un sentier, l'amour s'en va rêvant

J'ai plaisir d'écouter les cloches babillardes
Saluant chaque aurore au pays du Mont d'Or
Et d'entendre l'airain de nos Montbéliardes
Quand au soir de juillet la campagne s'endort

Lorsque tout le terroir avec grâce déroule
Le bonheur indicible ajouré de soleil
Fondant sur les épis une ondoyante houle
Et qu'au sous-bois se fond le dernier feu vermeil

Je retrouve chez moi, l'école maternelle
L'amour de mes vingt ans et l'odeur du sapin
Le souffle du printemps m'emporte sur son aile
Et je revois mon père une canne à la main

Le champ de chez Nicod revient en transparence
Ainsi que mes copains, de même mes parents
Et toute la saveur que te dois mon enfance
Je te les rends en vers, car tu les vaux Bavans

5 commentaires

josé · le mardi 11 décembre 2018 à 18:44

Un poème très abouti et d'une délicatesse infinie.
Merci et bravo Marc!

Rêveuse · le mardi 11 décembre 2018 à 21:07

Bonsoir cher poète!

Je suis heureuse de pouvoir vous écrire enfin combien j'ai apprécié votre poésie, vos vers ciselés qui évoquent cette belle région de votre enfance sont magnifiques

Très belle soirée avec mes meilleures amitiés!

debbie · le mardi 11 décembre 2018 à 21:29

Bonsoir Marc, un magnifique poème pour des souvenirs d'enfance inoubliables. Le tout tellement bien écris et imprégné dans votre mémoire qu'on a l'impression que c'était hier.
Merci de ce si beau partage
Belle soirée
Debbie

liameliavq · le mercredi 12 décembre 2018 à 06:36

Un très bel hommage à ce coin d'enfance autant géographique que de souvenirs sentimentaux.
Des vers mélodieux, doux, paisibles et si réguliers ! De toute beauté !
Mes plus vifs compliments cher Marc.
Bisous.
LN.

rainbow · le mercredi 12 décembre 2018 à 08:31

Toute cette Belle France que j'aime dans vos vers merveilleux !!!! C' est
magnifique !!! Amitiés Marc ! Pierre

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