Au temps de l'encrier

A l'heure où l'âme boit, sur les chemins du soir,
Telle une biche au bois, la douceur automnale,
Des souvenirs en moi retrouvent l'abreuvoir,
Le goût de la cerise au temps de la morale,
Du bonheur généreux, ruisselant des moissons
Mon cœur lui s'enivrait, de roses langoureuses,
Griser par leur parfum, j'imitais les bourdons,
Mes jours coulaient de miel, de sèves savoureuses
Un soleil de lilas à mon front se suspend,
L'enfant aux pieds légers, courbe de grandes herbes
La vie est un délice à l'âge ou l'on apprend;
L'amour n'a pas encore à coup de vieux proverbes,
Nourrit un esprit saint, secret comme une nef;
Où est-elle à présent la cour aux porte-plumes:
Aux abords du tilleul le maître était un chef,
Par contre à la sortie adieu les amertumes,
A l'ombre des buissons je recherchais des nids,
La nature sentait, le foin et l'aubépine,
Au moment du couchant j'écoutais la mauvis,
Quand la source au rocher tendrement tambourine,
Je voudrais tant revoir, l'encrier, les vieux bancs,
Où ressentir l'odeur de l'encre violette,
Entendre de nouveau, s'en revenant des champs,
Le sabot des bovins, à l'heure de la traite;
Et revivre ces jours sous la ramure en fleur,
Dans la paix du grand bois, parmi l'or des jonquilles,
La douceur des rayons, quand l'illustre chanteur
Le mignon rossignol, nous parle enfin des filles,
Quand tout semblait, amour, désir, félicité,
Reboire à la fontaine un baume de pervenche,
L'enivrant millésime où filtre la clarté,
Des plus beaux de nos ans, que la distance épanche.
Telle une biche au bois, la douceur automnale,
Des souvenirs en moi retrouvent l'abreuvoir,
Le goût de la cerise au temps de la morale,
Du bonheur généreux, ruisselant des moissons
Mon cœur lui s'enivrait, de roses langoureuses,
Griser par leur parfum, j'imitais les bourdons,
Mes jours coulaient de miel, de sèves savoureuses
Un soleil de lilas à mon front se suspend,
L'enfant aux pieds légers, courbe de grandes herbes
La vie est un délice à l'âge ou l'on apprend;
L'amour n'a pas encore à coup de vieux proverbes,
Nourrit un esprit saint, secret comme une nef;
Où est-elle à présent la cour aux porte-plumes:
Aux abords du tilleul le maître était un chef,
Par contre à la sortie adieu les amertumes,
A l'ombre des buissons je recherchais des nids,
La nature sentait, le foin et l'aubépine,
Au moment du couchant j'écoutais la mauvis,
Quand la source au rocher tendrement tambourine,
Je voudrais tant revoir, l'encrier, les vieux bancs,
Où ressentir l'odeur de l'encre violette,
Entendre de nouveau, s'en revenant des champs,
Le sabot des bovins, à l'heure de la traite;
Et revivre ces jours sous la ramure en fleur,
Dans la paix du grand bois, parmi l'or des jonquilles,
La douceur des rayons, quand l'illustre chanteur
Le mignon rossignol, nous parle enfin des filles,
Quand tout semblait, amour, désir, félicité,
Reboire à la fontaine un baume de pervenche,
L'enivrant millésime où filtre la clarté,
Des plus beaux de nos ans, que la distance épanche.
4 commentaires
plumedefou · le lundi 12 août 2019 à 04:48
« Je voudrais tant revoir, l'encrier, les vieux bancs,
Où ressentir l'odeur de l'encre violette, »
Si ton poème n’était rédigé par toi,
Je désirerais le composer et en faire une aude…
Ton écrit est prenant de réalisme que j’y vois mes envies,
Car je fus un garnement, gentil, certes, mais un garnement tout de même !
Mais ceci est du passé et les regrets ne le font renaître…
Merci de ce bonheur partagé !!!
Plumedefou
debbie · le lundi 12 août 2019 à 10:17
Bon lundi à vous
Debbie
José · le lundi 12 août 2019 à 12:47
Très beau, amitiés.
milkyway · le mardi 13 août 2019 à 11:03
Bien amicalement,
Justin
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