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Les démons de plumetis

Mémoire

Le samedi 28 février 2009 à 19:09, posté par rosita Djouzi · 638 lectures

Que reste-t-il quand on a tout donné,

Quand tout au fond de soi,

Il n'y a plus que les griffes de l'absence

Plantées dans la chair, comme de vieux clous rouillés...

Que deviennent les bleus à l'âme,

Cicatrices éphémères ou alors immuables?

Au confin de ma mémoire, ta voix ne répond plus...

Je lui parle pourtant...Chaque jour que Dieu fait.

Peut-être suis-je folle, peut-être suis-je morte

Vas savoir...

Ma mémoire est un fantôme qui hante ma dépouille.

Je te vois dans mon ventre, je me couche sur ta peau.

Notre amour est un spectre qui m'invite au tombeau,

Et je le suis confiante

Ectoplasme amoureuse d'une voix d'outre-tombe

Fantômette romantique...


Je m'affuble d'un nom qui pourtant me va bien.

Qui est devenu le fantôme de l'autre?

Et quand ta voix est-elle devenue sourde?

Il y a dans mon ventre, au fond de mes entrailles

Une plainte muette qui ressemble au chagrin...

La mémoire me revient, pourtant je n'entends plus

Que des sanglots imperméables à ma douleur.

Que ferai-je demain, si ce n'est te chercher

Dans les tréfonds de mon corps sanctuaire...

N'oublie pas que je t'aime ce jour

Tellement moins que demain...

Que si rien ne meurt tout à fait,

Renaître de ses cendres, c'est mourir un peu mieux.

S'il te plait, reviens parler,là, tout près de mon coeur,

Entre mon foie et ma rate, viens bousculer ces tripes

Avant que je ne les vomisse

Si je ne t'entends plus, à quoi me sert d'avoir une âme

Emprisonnée dans sa relique.

Je veux me souvenir de chaque instants,

Fut-il douloureux... Pour garder l'illusion

Que nous sommes vivants.

Je ne savais pas avant d'y avoir goutté

Qu'un tel amour pouvait être mortel...

Car je meurs vois-tu, à petit feu chaque jour.

J' ai caché en leur refuge abyssal

Les mots précieux que tu as laissé s'échapper.

Je t'aime dans un poumon, tu me manques dans l'autre.

Voilà comment je respire depuis toi,

Prisonnière drapée dans les draps de l'oubli.

Que sont les draps blancs devenus,

Maculés de souffrances au lit du purgatoire.

Et cette déchirure jusqu'au fond du supplice

Est mon pélerinage pour atteindre ta voix.

S'il faut faire pénitence,

Je veux bien confesser tout ce que tu voudras...

J'avoue sans honte ni pudeur, nous parler à genous

J'avoue que tu me manques

Comme tu manques à mon mal.

Le mal de ta voix qui s'éteind

à la mesure des mers qui nous séparent...

Je ne veux pas guérir de toi,

Je veux rester malade, livide, en manque.

Jusqu'à m'enivrer à nouveau d'espoir

Sans lequel, je ne vivrai pas.

2 commentaires

Ivydall · le jeudi 23 avril 2009 à 13:28

Un mal pour un bien!Et l'espoir fait vivre! Amitiés

Kertach Med · le samedi 1 août 2009 à 18:39

J'y rencontre des idées fortes, un style cassé et osé, une imagination frappante.Amitié.

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