CÉSURE À L’HÉMISTICHE
CÉSURE À L’HÉMISTICHE
J’ai compté jusqu’à six, puis j’ai recommencé
Je bloque au bout de dix, comment vous expliquer
Que dans l’alexandrin il faut douze syllabes
Mais j’ai manqué le train en prenant l’astrolabe.
Césure à l’hémistiche, me parles-tu chinois ?
Pour de vrai je m’en fiche, et ta règle à la noix
N’aura d’autre portée que de me voir sourire
Et me laisser glisser avant de déguerpir.
Deux mains pleines de doigts ne suffiront jamais
Aux vers de bas aloi d’une ode ou d’un sonnet,
Mais il me reste au fond le vernis de mes pieds
Pour dorer le blason d’un mètre malmené.
Vous l’aurez bien compris, je suis un rimailleur
Qui n’a d’autre souci, malgré votre air railleur,
Que d’aligner les mots plus ou moins joliment,
Je resterai gémeau en dépit du gros temps.
Les talons sur le sol, et la tête aux nuages,
Je vide sans faux-col la coupe des usages,
L’hémistiche au repos, la césure installée,
Allongée sur le dos, dans la nuit étoilée.
J’ai compté jusqu’à six, puis j’ai recommencé
Je bloque au bout de dix, comment vous expliquer
Que dans l’alexandrin il faut douze syllabes
Mais j’ai manqué le train en prenant l’astrolabe.
Césure à l’hémistiche, me parles-tu chinois ?
Pour de vrai je m’en fiche, et ta règle à la noix
N’aura d’autre portée que de me voir sourire
Et me laisser glisser avant de déguerpir.
Deux mains pleines de doigts ne suffiront jamais
Aux vers de bas aloi d’une ode ou d’un sonnet,
Mais il me reste au fond le vernis de mes pieds
Pour dorer le blason d’un mètre malmené.
Vous l’aurez bien compris, je suis un rimailleur
Qui n’a d’autre souci, malgré votre air railleur,
Que d’aligner les mots plus ou moins joliment,
Je resterai gémeau en dépit du gros temps.
Les talons sur le sol, et la tête aux nuages,
Je vide sans faux-col la coupe des usages,
L’hémistiche au repos, la césure installée,
Allongée sur le dos, dans la nuit étoilée.
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13 commentaires
Salus · le lundi 29 septembre 2014 à 15:35
jeannoelbeau · le lundi 29 septembre 2014 à 16:07
Césure à saisir, hémistiche fantoche,
peut importe cela fonctionne bien
pour une belle ballade sur ce texte.
claude · le lundi 29 septembre 2014 à 21:23
Un bel hommage pour ceux qui comptent les pieds de leurs vers et pour ceux aussi qui décomptent les vers qu'ils ont dans leurs pieds (lol)
Ce texte écrit de "main" de maître est un véritable pied de " nez " à la poésie.
Guy · le lundi 29 septembre 2014 à 23:42
Et dire à l'hémistiche, en coupant au droit-fil,
Qu'on rentre dans le rang, tout comme un bon apôtre,
D'un texte si plaisant qu'on n'en perd point le fil.
Amicalement
pierrot · le mardi 30 septembre 2014 à 09:55
Comprenne qui voudra, mais mon cas est vraiment désespéré.
Réjane · le mardi 30 septembre 2014 à 22:20
Merci Salus pour ce beau compliment.
Jeannoelbeau, claude, Guy, merci pour cet hommage poétique.
Pierre, ne serais-tu pas voisin de Rabelais ou de Raoul Ponchon ? (mais non, ton cas n'est pas désespéré !!) :)
Lucille · le mardi 30 septembre 2014 à 23:04
rejane · le mardi 30 septembre 2014 à 23:08
Nhand · le mercredi 1 octobre 2014 à 10:32
Alors là, je ris de bon coeur avec toi. Je sais que tu ne manques pas d'humour, et c'est tant mieux.
Ah, l'alexandrin, qu'il est taquin, susceptible et tatillon ! N'est-ce pas, Lucille (qui m'a appris à compter jusqu'à deux fois six pour faire douze, mais pas n'importe comment héhé)
Sinon, j'ai comme l'impression que ça me dit quelque chose ce resto parisien... (Je ne sais pas, comme une intuition... lol)
pierrot · le mercredi 1 octobre 2014 à 20:12
Réjane · le lundi 6 octobre 2014 à 13:48
On ne peut pas tout connaître Pierre, et je suis ravie de t'avoir fait découvrir ce bon vieux Ponchon. Merci de ton re-passage ;)
louis · le mercredi 8 octobre 2014 à 15:14
J'ai trouvé ton poème fort bien construit et plein de subtilité.
Amitiés. Richard.
Réjane · le samedi 11 octobre 2014 à 22:43
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