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chroniques et rimailles

Je veux oublier

Le samedi 10 février 2007 à 14:17, posté par patrick · 658 lectures

Illustration du poème « Je veux oublier »
Je veux oublier mes heures de méditation
Quand je m'enfermais dans la réflexion.
je veux oublier l'école et ses punitions
tous les anciens copains, et les récréations

je veux oublier mes étés de culottes courtes
Si loin mes hivers froids de petit braconnier
Et tout ces Noëls de gosse pas bien né
Sans jouet et ces flots de larmes séchées.

Je veux oublier mes rêves de fausse Byzance
Perdues,évacuées,richesse et opulence
Déchirés tous ces songes de splendeur
Asséchées mes dernières flaques de bonheur

Je veux oublier toutes ces fêtes sans jouets
oublier aussi l'ennui de certains étés
Que se taise la cloche bourdonnante de l'église
Où se sont enfermés bon nombre de mes dimanche

Je veux oublier le son de la voix des gens
Entendus dans mon coron il y a si longtemps
Oubliés et perdus dans une belle région
Paroles et songes de petit garçon

Je veux oublier tous ces rires joyeux
Sortis de dessous les toits d'anciens voisins
Quant fêtes et communions les rendaient heureux
Nous, on en était que de biens tristes témoins

Je veux oublier le mot argent,tellement entendu
A tel point manquant, qu'en pleurait Maman
Je veux oublier la forme de toutes ces factures
Qui déclenchaient toujours des vagues d'injure

Je veux oublier les brumes de lointaines aurores
Où je m'enfermais sur moi, sur fond de solitude
Je veux oublier le cri glacial d'une agonie
Quand cette nuit là, la vieille est partie

Je veux oublier cette pièce, comme en aumône jetée
Par cette vilaine tante, qui parfois venait
oublier, ses allures de riche à la tête fardée
Et surtout cet air autun qu'elle nous imposait

Je veux oublier cette école grise et communale
Des brassées de belles images, et tout ces bons-points
Que fièrement un gosse de pauvre tenait à la main
Il travaillait bien mieux que ses bourgeois de copains

Je veux oublier ces gamines qui me montraient du doigt
Parce que les pantalons on les reprisait chez moi
Parce que le mot mode on ne le connaissait pas
Oublier ces petites garces et leurs rires aux éclats

Je veux oublier cette robe d'enfant de choeur
Et les paroles de ce curé qui faisait trop peur
Les habits de deuil,et les parures de fleurs
Et ces quelques sous que j'arborais chichement

Je veux oublier ces jours où l'on fête les Mamans
Où je pleurais la nuit parce que je n'avais pas d'argent
Mais on lui offrait tant de baisers ardents
De l'amour glissait en perles de ses yeux brillants

Je veux oublier l'usine où mon Père s'est usé
Ces heures supplémentaires que chaque jour il faisait
Toujours avant l'aurore, chaque jour il partait
Six jours par semaine, et puis toujours à pied

Je veux oublier cette haine qui naissait en ses yeux
Quand les jours de paye il maudissait les Dieux
Je veux oublier l'immense beauté de son jardin
Où chaque soir et les dimanche il s'y saignait les mains

Je veux oublier toutes ces années d'injustice
Où un à un tous les espoirs se tarissent
Quant déjà écrivait un tout petit enfant
Toutes les souffrrances qui divisent les gens

Je veux oublier toutes les femmes de notre cité
Qui très souvent par simple élan de solidarité
De la viande ,de l'épicerie ou des habits,donnaient
Bien loin des mesquineries ou des arrière pensées

Pas besoin des médias,pas besoin des télés
Pour savoir où et quand il faut donner
Les restos du coeur ont toujours existés
Et cela ma foi je ne l'oublierai JAMAIS

5 commentaires

mianau · le samedi 10 février 2007 à 14:26

Moi... je voudrais oublier tellement de choses.

ct570 · le samedi 10 février 2007 à 14:26

Quelle profondeur dans tes mots. Certains passages m'ont beaucoup ému ! En effet nous n'avons pas tous la même chance, et il est bien difficile à supporter le regard " des autres " parfois. Vraiment un trés beau poème Patrick, écrit avec ton coeur. Toute mon amitié Catherine

sylvie · le samedi 10 février 2007 à 14:39

moi je ne veux en rien oublié cette vie que tu decris j'ai vecu la meme chose et vois tu ca m'a rendu forte.... tres profond

Grundall · le samedi 17 mars 2007 à 15:23

nous avons traversé ces crises et ces soucis cela nous a rednu fort et à la foi compatissant ,on ne peut oublier le regard des gens qui en nous ne voyait que le méchant .Amitié

Ivydall · le mercredi 21 mars 2007 à 09:31

Parfois les souvenirs aussi mauvais soient ils, nous aide a apprecier ce qu l'on a aujourd'huiet comme dit Sylvie nous rend plus forts.

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