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chroniques et rimailles

La Marâtre

Le mercredi 11 juillet 2007 à 22:08, posté par patrick · 686 lectures

Illustration du poème « La Marâtre »
Moi, qui pourtant adore la quasi totalité des Femmes
Il y en a une, ma foi, que plus que tout j'ai détesté
D'elle, je garde tant de mauvais souvenirs depuis ces années
De prime jeunesse, celle pour qui j'ose le mot " infâme".

Grand retour en arrière, petit enfant dissipé comme beaucoup
Maman, qui avait la dure tache d'élever quatre petits garçons
Parfois, à mon insu, m'envoyait chez sa mère, forme de punition
Dès que je la voyais, j'avais l'envie de prendre mes jambes à mon cou.

Combien de fois m'a-t-elle fait pleurer car je lui refusais un baiser
Normal, vu que sans cesse elle déclamait:" Toi, je ne t'aime pas!"
Mon impudicité en son égard le lui rendait bien mille fois.
Impossible pour moi d'oublier malgrè le poids de ces années.

Grand-mère, Mamy, Mémée aucun de ces mots ne lui allait
Pour moi c'était Germaine, jamais autrement n'ai pu l'appeller
Tristes soirées chez elle, pas de dialogue et pas non plus de télé
Enfant stupide, sale gosse! Tu es encore plus bête que tes pieds.

Elle avait une façon irrémédiable de faire de moi le mioche un mutin
Mauvaise Femme qui savait tout relier dans sa monstrueuse mémoire
Eclatant de ses fou rire parce que je pleurais du matin au soir
Quant sonorisaient dans ma poitrine les hauts parleurs du chagrin.

Elle savait voir ce que personne dans la famille ne voyait plus
Le grain de sable dans l'engrenage dégénérant une discution râtée.
Vicieuse et vulgaire, redoutable, sa langue travaillait sans jour férié!
Mauvaise femme qui savait tout relier dans sa mémoire pleine de ruse.

Malgrè cela, le regard sombre, plein d'une mélancolique douleur
Sur sa tombe parfois, je vais, nettoyer, lui parler, avec un peu de chaleur
Pourquoi avoir été aussi méchante, te voilà si seule, ici allongée?
Aucun autre, de tous, tes petits enfants, des fleurs vient t'apporter.

C'est ainsi est ce n'est pas autrement, non, je ne suis pas rancunier
J'ai sû toujours, surpasser mes peines, aller au-delà de ma vanité
De voir et de laisser, une tombe des miens abandonnée, je ne le pourrai
Marâtre et cruelle vivante, souvenir de jeunesse, depuis longtemps DCD.

L'homme est ainsi et ne changera pas
Devoir de mémoire texte2
Patrick le 11 juillet 2007

7 commentaires

Kertach Med · le mercredi 11 juillet 2007 à 23:09

Sans rancune,tu l'as dit.Plaisir de te lire.

Elisa · le mercredi 11 juillet 2007 à 23:31

J'ai connu ce style de maratre...A moi aussi elle me faisait peur, et la mienne s'appelait Gertrude..Et elle piquait cette Gertrude...J'espère qu'elles n'étaient pas cousines...Je n'ai pas gardé de rancune, non plus, c'était notre époque.Bises et merci de me ressasser certains souvenirs d'enfance, même si j'en ai eu très peu...Bises Amitié

Ivydall · le jeudi 12 juillet 2007 à 00:39

Des bien tristes souvenirs. Mais après 'le mot qui tue' il y a le mot 'pardon' qui éfface tout et qui nous libére surtout.Bisous.Ivy

Michel (Signes de Vie) · le jeudi 12 juillet 2007 à 11:07

Un beau devoir de mémoire, Patrick... Les souvenirs nous détruisent ou nous construisent.... Amitié

Bliss · le jeudi 12 juillet 2007 à 11:07

Le pardon nous permet d'avancer sans oublier pour autant....Superbe texte, merci à toi!Kissous!Marie:)

Niala · le jeudi 12 juillet 2007 à 20:04

tu me fais sourire, car la mienne s'appeller "Charlotte" et elle démarait au petit jour avec son cânon de rouge pour lui donner plus de méchancetée. Bonne morale de bonté que tu nous offres à la fin de ton poème, merci, amitié

Esperance · le samedi 14 juillet 2007 à 10:53

Je te lis Patrick avec beaucoup de larmes .Je te fait un enorme Bisous Tendresse a toi

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