La ville la nuit
On dirait que la ville change.
Comme un rideau qu'on vient tirer
Quand la nuit commence à tomber.
On entendrait voler un ange.
Chaque maison soupire et pense.
Un vieux chien se met à pleurer.
Seul un chat a l'air de chasser,
Fantôme blanc dans le silence.
A qui peuvent parler les arbres ?
On sait bien que les murs sont sourds.
Les trottoirs dorment, lourds et gourds.
La statue a un corps de marbre.
Au grand magasin, la vitrine
Se repose du bruit d'avant.
Peut-être bien que c'est le vent
Qui tousse dans sa pèlerine.
Or la vieille tour, qu'on croit sage
A cause de ses six cents ans,
S'est mise à rire à pleine dents
Car, la nuit, elle n'a plus d'âge.
Elle raconte au vent qui passe
Que la préfecture a sommeil.
Que le cinéma c'est pareil
Et que le fin clocher l'agace.
Mais le vent d'hiver est si maigre
Qu'un nuage en a eu pitié.
Il lui prépare un lit douillet
Et dit à la tour d'un ton aigre :
"Vous n'êtes plus qu'une commère
Et vous radotez chaque nuit.
Voyez le vent baille d'ennui,
De fatigue et de froid, ma chère.
Il faut dormir. Il n'est plus l'heure
De médire de son prochain.
Il fait noir. Le ciel est éteint.
Seul, là-haut un croissant demeure".
Mais la lune ne peut admettre
Qu'on doute de sa qualité.
Et décoche de la clarté
En plein milieu de ma fenêtre.
Comme un rideau qu'on vient tirer
Quand la nuit commence à tomber.
On entendrait voler un ange.
Chaque maison soupire et pense.
Un vieux chien se met à pleurer.
Seul un chat a l'air de chasser,
Fantôme blanc dans le silence.
A qui peuvent parler les arbres ?
On sait bien que les murs sont sourds.
Les trottoirs dorment, lourds et gourds.
La statue a un corps de marbre.
Au grand magasin, la vitrine
Se repose du bruit d'avant.
Peut-être bien que c'est le vent
Qui tousse dans sa pèlerine.
Or la vieille tour, qu'on croit sage
A cause de ses six cents ans,
S'est mise à rire à pleine dents
Car, la nuit, elle n'a plus d'âge.
Elle raconte au vent qui passe
Que la préfecture a sommeil.
Que le cinéma c'est pareil
Et que le fin clocher l'agace.
Mais le vent d'hiver est si maigre
Qu'un nuage en a eu pitié.
Il lui prépare un lit douillet
Et dit à la tour d'un ton aigre :
"Vous n'êtes plus qu'une commère
Et vous radotez chaque nuit.
Voyez le vent baille d'ennui,
De fatigue et de froid, ma chère.
Il faut dormir. Il n'est plus l'heure
De médire de son prochain.
Il fait noir. Le ciel est éteint.
Seul, là-haut un croissant demeure".
Mais la lune ne peut admettre
Qu'on doute de sa qualité.
Et décoche de la clarté
En plein milieu de ma fenêtre.
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2 commentaires
Stella · le jeudi 25 février 2016 à 19:52
Merci pour ce poème, j'aime beaucoup.
Amicalement.
Stella.
http://www.mespoemes.net/stella
Stella · le vendredi 26 février 2016 à 20:36
Votre commentaire :
rivaudais le lundi 15 février 2016, à 23:06
C'est un point de vue qui se discute. La belle langue française est tellement écorchée qu'on peut se demander si, effectivement, en la rendant un peu plus facile.... J'ai écrit jadis un article là-dessus, qui a eu son petit effet. Si je le retrouve.....j'essayerai de le publier (en plusieurs chapitres car il serait trop long d'une seule traite). Toutes les langues évoluent, le français ne fait pas exception. Mais on peut aussi penser; de façon tout à fait justifiée probablement, qu'il est en décadence. Personnellement je serais heureux que certaines habitudes ne soient plus obligatoires. Un seul exemple pour illustrer mon propos. Phare, avec PH, bâtiment en dur, particulièrement solide pour résister à l'assaut des tempêtes, c'est très bien; Mais un ph aussi pour le frêle nénuphar, çà me choque. Moi je le voudrais écrit ainsi et à la main :nénufar, le f manuscrit étendant ses feuilles. Et si quelqu'un voulait lui mettre deux F, d'accord mais alors qu'un des deux soit écrit couché, à l'horizontal, ainsi que les quatre feuilles des f manuscrits s'entrecroisent. Je sais on va encore me dire que c'est une idée de poète. J'accepte, c'est un beau compliment. N'empêche que comme beaucoup d'entre nous, j'en suis persuadé, je vois des mots qui ont des couleurs (oui, bien sûr, pas forcément le mêmes que pour les voyelles de Rimbaud,) mais aussi des positions, des orthographes, des "vies", des caractères d'imprimeries ou manuscrits, voire des sens différents. Ainsi le mot poésie, moi, je le vois écrit poéVie. J'aimerais bien savoir ce que vous en pensez. Merci de vos réponses
Ma Réponse :
Stella le mardi 16 février 2016, à 13:19
Bonjour rivaudais,
C’est avec grand plaisir que je vais vous répondre… comment ne pas répondre à un Monsieur qui aime la PoéVie… et qui ose écrire dans sa présentation :
« … l'heure est peut-être venue avant qu'on écrive sur ma tombe une épitaphe (qui sait, peut-être un vers de moi pour pardonner d'avance aux vers qui se vengeront en dessous ? »
Votre commentaire m’interpelle, surtout sur le « nénuphar » ! Parce qu’en fait c’est justement cette belle plante aquatique qui perd son « Ph » qui m’a fait écrire ces quelques mots… et le P’tit chapeau sur les « i » dommage cela les protéger du Soleil !!!
Mais vous avez raison de mentionner que la belle langue française est écorchée… et que toutes les langues évoluent…
Vous avez très poétiquement exprimé votre commentaire sur le « f » de nénuffar !
Je vois comme vous des couleurs dans les mots… de la vie aussi !!!!
Merci d’être venus poétiser sur les quelques mots que j’ai déposé sur les nouvelles réformes de l’orthographe…
Je viendrais dès que possible lire… vos PoéVies… cela mettra des couleurs j’en suis sûr dans ma lecture !
Bonne après-midi.
Poétiquement Stella.
Voilà ! Moi je ne suis qu'une simple Gribouilleuse mais j'espère que cette nuit vous serez encore inspirer par des mots Arc-en-Ciel.
Bonne fin de Soirée.
Stella.
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