le vieux marin
(de Scènes et portraits. en préparation)
A Lucie, en pensant à deux de ses poèmes
Assis sur un rocher, face au vent gris du large,
Un vieil homme contemple, immobile et songeur,
Les chevaux de la mer aux crinières mouvantes
Qui vont vers l'horizon où se courbe l'espace,
Où se dissout le temps dedans l'immensité,
Où se perd la pensée au flot des souvenirs.
La casquette vissée au bleu tout délavé
Précise le pêcheur et qu'il fut un marin.
Qui sait la terre ronde et que saoule la mer.
Il l'a tant sillonnée, a tant couru le monde
Au temps de sa jeunesse et qu'il était si fort.
Un pleur naît dans ses yeux où s'irise sa peine
Et coule lentement sur la joue amaigrie.
Se sentant inutile, il pense à en finir
Et l'âge et le regret le tassent sur son banc.
C'est alors qu'un gamin -huit, dix ans peut-être-
A la tignasse pâle et à la voix de fille,
L'interpelle du quai surmontant le rocher :
"Tonton Jean ! Tonton Jean ! S'il te plaît, une histoire !
Raconte-moi, veux-tu, l'histoire du Trésor."
Surpris, le vieux marin se redresse et sourit
Au demain qui s'avance, à l'amitié complice,
A l'amour paternel qui le lie à l'enfant.
Cet enfant qu'il voulait et qu'il n'a jamais eu.
Le vieil homme se lève et sourit à la vie.
(Scène vue, vécue, à Binic (22) en 1948)
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A Lucie, en pensant à deux de ses poèmes
Assis sur un rocher, face au vent gris du large,
Un vieil homme contemple, immobile et songeur,
Les chevaux de la mer aux crinières mouvantes
Qui vont vers l'horizon où se courbe l'espace,
Où se dissout le temps dedans l'immensité,
Où se perd la pensée au flot des souvenirs.
La casquette vissée au bleu tout délavé
Précise le pêcheur et qu'il fut un marin.
Qui sait la terre ronde et que saoule la mer.
Il l'a tant sillonnée, a tant couru le monde
Au temps de sa jeunesse et qu'il était si fort.
Un pleur naît dans ses yeux où s'irise sa peine
Et coule lentement sur la joue amaigrie.
Se sentant inutile, il pense à en finir
Et l'âge et le regret le tassent sur son banc.
C'est alors qu'un gamin -huit, dix ans peut-être-
A la tignasse pâle et à la voix de fille,
L'interpelle du quai surmontant le rocher :
"Tonton Jean ! Tonton Jean ! S'il te plaît, une histoire !
Raconte-moi, veux-tu, l'histoire du Trésor."
Surpris, le vieux marin se redresse et sourit
Au demain qui s'avance, à l'amitié complice,
A l'amour paternel qui le lie à l'enfant.
Cet enfant qu'il voulait et qu'il n'a jamais eu.
Le vieil homme se lève et sourit à la vie.
(Scène vue, vécue, à Binic (22) en 1948)
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11 commentaires
mespoemes.net.net/bluegirl · le mardi 12 avril 2016 à 09:42
...
Lola
Stella · le mardi 12 avril 2016 à 18:29
Stella.
rivaudais · le mardi 12 avril 2016 à 21:45
guillaume · le mercredi 13 avril 2016 à 11:48
Plumeflore · le mercredi 13 avril 2016 à 14:46
Marc!
mespoemes.net/bluegirl · le mercredi 13 avril 2016 à 19:18
"Les chevaux de la mer aux crinières mouvantes
Qui vont vers l'horizon où se courbe l'espace"...
Je m'égare déjà, ça y est, j'y suis ! quel programme René !
Et la suite est toute aussi prenante...deux poèmes en un quoi...
Je suis sous le charme, amicalement,
Lola.
ps : sinon j'ai fait un petit complément de réponse à ton com sur "rosace" hier soir.
Stella · le mercredi 13 avril 2016 à 21:28
Bonne Soirée. Stella.
ri · le jeudi 14 avril 2016 à 00:07
guillaume · le jeudi 14 avril 2016 à 13:29
Constance · le mercredi 20 avril 2016 à 23:22
Lucie · le samedi 23 avril 2016 à 11:55
(PS : Pas de connexion internet à l'île de Ré où j'ai passé mes vacances, donc je viens juste de découvrir vos nouveaux poèmes et le commentaire que vous m'avez fait à propos de mon poème "Ténèbres" !)
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