Lettre à mon amour d'Angleterre
Je dédie ce poème de ma jeunesse à Loïc, prof d'anglais,
homme ouvert et cultivé et poète avec qui j'ai, je crois,
un certain nombre d'affinités.
"S'asseoir sur les rochers, rêver devant les monts et les flots
... ce n'est point la solitude, c'est converser
avec les charmes de la nature.
Byron
Gift*, j'ai planté pour toi
un beau pommier sauvage
apporté d'Angleterre
par un matelot fou.
Tu le verras, il croît
au-dessus de la plage :
il aime aussi la terre
et la mer de chez nous.
Je vais chaque matin
lui dire des mots tendres.
Il sait mes confidences
et comprend mon anglais.
Et, dans le vent marin
qui empourpre novembre,
il garde l'espérance
que tu fis naître en mai.
A défaut du dessin
du hollandais Verkade,
j'ai pu, pour te surprendre,
avoir le taolenn*
que tu trouvais si fin.
Tu aimes tes Bretagnes,
la petite et la Grande,
et toutes les deux t'aiment.
Mais quand reviendras-tu,
Invisible Présence,
chasser les feuilles mortes,
tel le vent de Shelley ?
Blot-monath, sang perdu ...
Non, demain j'ensemence.
Le soleil rouge apporte
la vie au bois planté.
L'an se meurt un peu plus
à chaque soir qui passe.
Petite Katherine,
n'entends-tu pas mon coeur ?
Même le vent s'est tu
qui rêvait dans l'espace
et voici qu'à ma rime
s'inscrit le mot "Malheur".
Ah ! que n'ai-je le don
de Yeats ou de Skahespeare !
Je voudrais tant te plaire !
Va, je t'inventerai
un Strafford sur Avon
où je pourrai te dire
que j'aime l'Angleterre
...quand tu seras rentrée.
Je veux planter encor
-Ah que la vie est lente !-
Vite, écris-moi : "Je t'aime "
J'attends depuis des jours-
du bois qui n'est pas mort,
de l'espoir pour l'attente,
des mots pour le poème
qui dira ton retour.
Toi, vent made in England
qui sais que je m'ennuie
dans les voix des marées
et la lyre du temps,
retourne au Cumberland
souffler la prophétie
chère à ma bien-aimée.
Dis-lui le poids du temps.
En attendant, demain,
près du pommier qui penche,
(il semble aussi bohème
que le matelot fou)
j'irai dans l'air marin
hisser la voile blanche
où j'écris ce poème
closed by " I love you".
* Gift : cadeau en anglais.
Surnom que je donnais à ma belle anglaise
* Taolenn : mot breton : tableau, dessin, broderie, image,
souvent de source religieuse,
qui servait jadis à informer ou instruire les gens illettrés.
homme ouvert et cultivé et poète avec qui j'ai, je crois,
un certain nombre d'affinités.
"S'asseoir sur les rochers, rêver devant les monts et les flots
... ce n'est point la solitude, c'est converser
avec les charmes de la nature.
Byron
Gift*, j'ai planté pour toi
un beau pommier sauvage
apporté d'Angleterre
par un matelot fou.
Tu le verras, il croît
au-dessus de la plage :
il aime aussi la terre
et la mer de chez nous.
Je vais chaque matin
lui dire des mots tendres.
Il sait mes confidences
et comprend mon anglais.
Et, dans le vent marin
qui empourpre novembre,
il garde l'espérance
que tu fis naître en mai.
A défaut du dessin
du hollandais Verkade,
j'ai pu, pour te surprendre,
avoir le taolenn*
que tu trouvais si fin.
Tu aimes tes Bretagnes,
la petite et la Grande,
et toutes les deux t'aiment.
Mais quand reviendras-tu,
Invisible Présence,
chasser les feuilles mortes,
tel le vent de Shelley ?
Blot-monath, sang perdu ...
Non, demain j'ensemence.
Le soleil rouge apporte
la vie au bois planté.
L'an se meurt un peu plus
à chaque soir qui passe.
Petite Katherine,
n'entends-tu pas mon coeur ?
Même le vent s'est tu
qui rêvait dans l'espace
et voici qu'à ma rime
s'inscrit le mot "Malheur".
Ah ! que n'ai-je le don
de Yeats ou de Skahespeare !
Je voudrais tant te plaire !
Va, je t'inventerai
un Strafford sur Avon
où je pourrai te dire
que j'aime l'Angleterre
...quand tu seras rentrée.
Je veux planter encor
-Ah que la vie est lente !-
Vite, écris-moi : "Je t'aime "
J'attends depuis des jours-
du bois qui n'est pas mort,
de l'espoir pour l'attente,
des mots pour le poème
qui dira ton retour.
Toi, vent made in England
qui sais que je m'ennuie
dans les voix des marées
et la lyre du temps,
retourne au Cumberland
souffler la prophétie
chère à ma bien-aimée.
Dis-lui le poids du temps.
En attendant, demain,
près du pommier qui penche,
(il semble aussi bohème
que le matelot fou)
j'irai dans l'air marin
hisser la voile blanche
où j'écris ce poème
closed by " I love you".
* Gift : cadeau en anglais.
Surnom que je donnais à ma belle anglaise
* Taolenn : mot breton : tableau, dessin, broderie, image,
souvent de source religieuse,
qui servait jadis à informer ou instruire les gens illettrés.
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13 commentaires
worrell02 · le mercredi 20 juillet 2011 à 23:49
Un texte magnifique, made in France!
Amitiés... d'une autre prof d'anglais!
Ivy
http://www.mespoemes.net/worrell02
rivaudais · le jeudi 21 juillet 2011 à 00:10
Et je ne l'entends plus du tout maintenant que je deviens sourd avec l'âge. I'am sorry.
http://www.mespoemes.net/rivaudais
rivaudais · le jeudi 21 juillet 2011 à 00:13
http://www.mespoemes.net/rivaudais
rivaudais · le jeudi 21 juillet 2011 à 00:15
http://www.mespoemes.net/rivaudais
M.L.Busic · le jeudi 21 juillet 2011 à 00:47
J'ai lu la plupart de vos poèmes ... ils sont superbes ...Bravo
Marie
www.mespoemes.net/marie/
AFF · le jeudi 21 juillet 2011 à 10:15
Belle dédicace à notre professeur tant aimé, Loic.
Tous les ingrédients s'y trouvent pour séduire Loic.
La bretagne, la mer, le symbole du pommier, le voyage dans le temps, traverser les saisons...
Il ne pourra qu'en être touché.
Magnifique poème libre..
Bravo!
Merci pour ce partage dédicacé, vous nous permettez d'en profiter.
Au plaisir
Amitiés
AFF
http://www.mespoemes.net/alpha/
worrell02 · le jeudi 21 juillet 2011 à 10:51
http://www.mespoemes.net/worrell02
domidom · le jeudi 21 juillet 2011 à 17:24
Emouvant, profond, magnifique...
Amitiés...
Domie...
José · le jeudi 21 juillet 2011 à 20:54
Loïc · le jeudi 21 juillet 2011 à 23:42
Merci pour cette dédicace qui me touche ; mais si je suis bien poète, en revanche, "homme cultivé" ? A voir ! Certainement pas autant que toi, c'est l'évidence. Tu finiras par constater que mes références sont toujours un peu les mêmes. Cela parce que je n'ai pas souvent la patience de m'attarder sur les auteurs qui ne me transcendent pas, même s'ils sont dits grands. Et il n'y a pas beaucoup d'auteurs qui me transcendent.
Quant à ton poème (un peu long, mais j'ai posté pire -- en m'entendant dire la même chose), il contient des passages magnifiques, notamment les deux huitains initiés par "Je veux planter encor". Beaucoup d'ambiance, bien phrasé avec un beau rythme qui a sans doute à voir avec la structure ABCD-ABCD. Si ce n'est pas déjà fait, tu devrais te pencher sur les poèmes de Dylan Thomas, le Baudelaire gallois. Tu aimeras peut-être ses longues descriptions des éléments, agrémentées d'un gros grain de folie et d'un don pour les métaphores obscures mais évocatrices... Je sais, c'est contradictoire... Il faut les voir pour comprendre. Encore que je ne sais pas si ça rend bien dans les trads françaises.
Dernière chose : en parlant de retouches, il manque un pied au dernier vers : eh oui, on ne prononce pas le E dans "closed" ! t comme Ivy, je me demande si tu voulais vraiment dire "je te vis" au lieu de "je t'aime".
Mes amitiés René
http://www.mespoemes.net/cellox
worrell02 · le vendredi 22 juillet 2011 à 14:05
René, j'y ai laissé un mot mais peut-être ne l'avez vous pas vu?
Amitiés
Ivy
http://www.mespoemes.net/worrell02
Loïc · le vendredi 22 juillet 2011 à 17:24
Pour ce qui est du com d'Ivy, René, utilises-tu bien la "liste de coms" de l'espace perso (ou "Zone Membre"), qui te montre en un clic tous les coms que tu as reçus, sur n'importe quel poème, et classés par ordre chronologique ? C'est un outil absolument indispensable, et son existence permet aux poètes de commenter des poèmes même postés plusieurs années auparavant, sachant que leur com sera en tête de la liste dans la Zone Membre (onglet "Commentaires", juste sous "Nouveau Poème").
Amitiés à tous deux !
worrell02 · le samedi 23 juillet 2011 à 22:18
Amitiés
http://www.mespoemes.net/worrell02
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