Fin de saison et vent de pluie
A Jean-Claude Tardif
Le jour s'agite au vent,
Comme au moulin la roue
Fabrique le froment
Qui nourrira demain.
Et l'arbre ondulatoire
Et l'ombre frémissante
Meuvent à coeur ému
La pâte du poème
Arrosé par les pleurs
De l'heure expiatoire.
Tant la mélancolie
Imprègne le ciel gris.
Tel un rêve noyé
-Mémoire phréatique-
Un souvenir mort-né,
Une grâce perdue,
Le vol d'une hirondelle
Au drap bleu de l'espace
Et l'oeil d'or du soleil
Dans la pourpre du soir.
Le soufle froid du temps
Occulte l'horizon.
S'en est allé l'été,
Est morte sa saison.
Qu'est devenu l'autan
Qui dansait sur la mer?
Et l'espoir habitant
Le silence des jours?
Est-il tari l'amour
Qui chantait la jeunesse?...
Mon enfance était là.
J'étais si jeune en moi!
J'ai tant et tant de choses
Encore à découvrir.
Tant de choses encore
A dire et définir!
Me faudrait-il me taire
Lorsque mon tour arrive,
Que j'allais aborder
Aux rives du savoir ?
L'automne est déjà là
Au couchant menaçant.
Il commence à pleuvoir.
Dire qu'il faut vieillir !
Betton 27 aout 1994
Le jour s'agite au vent,
Comme au moulin la roue
Fabrique le froment
Qui nourrira demain.
Et l'arbre ondulatoire
Et l'ombre frémissante
Meuvent à coeur ému
La pâte du poème
Arrosé par les pleurs
De l'heure expiatoire.
Tant la mélancolie
Imprègne le ciel gris.
Tel un rêve noyé
-Mémoire phréatique-
Un souvenir mort-né,
Une grâce perdue,
Le vol d'une hirondelle
Au drap bleu de l'espace
Et l'oeil d'or du soleil
Dans la pourpre du soir.
Le soufle froid du temps
Occulte l'horizon.
S'en est allé l'été,
Est morte sa saison.
Qu'est devenu l'autan
Qui dansait sur la mer?
Et l'espoir habitant
Le silence des jours?
Est-il tari l'amour
Qui chantait la jeunesse?...
Mon enfance était là.
J'étais si jeune en moi!
J'ai tant et tant de choses
Encore à découvrir.
Tant de choses encore
A dire et définir!
Me faudrait-il me taire
Lorsque mon tour arrive,
Que j'allais aborder
Aux rives du savoir ?
L'automne est déjà là
Au couchant menaçant.
Il commence à pleuvoir.
Dire qu'il faut vieillir !
Betton 27 aout 1994
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7 commentaires
Moun · le vendredi 23 septembre 2011 à 08:36
Merci
Kénavo
http://motsducoeur.forumgratuit.fr
rivaudais · le vendredi 23 septembre 2011 à 22:39
http://www.mespoemes.net/rivaudais
José · le samedi 24 septembre 2011 à 11:29
Loïc · le samedi 24 septembre 2011 à 12:26
C'état en 94... Tu es toujours là, tu apprends toujours... Rien n'est fini tant que ça n'est pas fini ! Bon... je sais que je suis jeune... mais l'angoisse de la lente déchéance frappe tout le monde, à telle ou telle époque... A 22 ans, j'ai écrit "L'Ombre Des Jours Perdus", mon 2e poème, et le premier que j'ai mis en ligne sur le site... Faut le faire, quand même, à 22 ans ? Mais c'est aussi ce que te dirait sans doute un sage de 90 ans. Fouille, explore, écris ! Le temps ne doit pas être perdu... Et en général, il ne l'est pas.
Amitiés
http://www.mespoemes.net/cellox
rivaudais · le samedi 24 septembre 2011 à 23:51
C'est cela l'essenteil, malgré tous les coups durs (j'ai eu ma part) je suis un homme heureux. Donc je réussis ma vie. C'est pas beau çà?.. Ceci dit, vous êtes tous très (trop?) gentils. Quelques bonnes critiques (bonnes=méchantes ou du moins sévères donc justes)me seraient plus utiles pour continuer à progresser. Loïc, tu m'intéresses toi, de plus en plus. Je sens chez toi une exigence d'absolu, un besoin de perfection qui doivent influencer ton entourage. C'est avec de telles fréquentations qu'on progresse.
José: belle comparaison, belle image. Excellente compréhension du texte.même si je ne suis pas, par nature, angoissé. je vis dans le temps présent, mais comm chacun je m'interroge. Je ne voudrais pas devenir une charge. Pour l'instant, je tiens bon. Alors tant qu'on a la santé!...Il le faut: ma femme st jeune et j'ai encore 3 jeunes enfants. 4 car l'aîné étudiant a toujours besoin de ses parents. Mais la poésie , çàaide aussi à rester jeune
http://www.mespoemes.net/rivaudais
domidom · le dimanche 25 septembre 2011 à 14:03
Pourtant l'automne est à notre porte, aussi, profitons de ces quelques doux frissons qui nous entraînent aux portes de l'hiver, cet hiver qui nous emporte ,là, où tout s'éteint où tout se meurt...
Comme tu le dis si bien, il faut vieillir, ce n'est pas un souhait certes, c'est la volonté de la nature, inutile de refuser, la machine est en route et rien ne peut l'enrayer...
La mort fait partie de la vie, tout se meurt, et comme dit (Victor Hugo) dans (La rose de l'infante) (Tout sur terre appartient au vent), et c'est tellement vrai, que sommes nous???
Quelques fétus de paille que le moindre coup de vent emporte à l'infini....
Nous avons à peu près le même âge, et comme toi, je vole au passage chaque moment agréable que la vie veut bien me donner, j'ai appris à gommer toutes les embûches que le vie à posées sur ma route, j'ai su les balayer et essayer de faire de ma fin de vie un rêve, un rêve que je veux essayer de faire survivre jusqu'à la fin de ma vie, je sais pourtant, que rien ne sera plus jamais comme avant...
J'ai aimé te lire .....
Amitiés.....Domie...
Loïc · le lundi 26 septembre 2011 à 15:34
Pour ce qui est de la "perfection", elle n'existe pas, donc tout ce qu'il reste possible de faire, c'est de se dépasser dans le temps qui nous est imparti. C'est pourquoi je n'écris rien quand je n'ai rien de spécial à dire. Si je voulais, je pourrais écrire un poème par jour dans mon "presque-classique" (autant pour la perfection dans la forme), mais si un poème n'équivaut pas à parvenir à soulever une île du fond de l'eau, ça ne m'intéresse pas (à part sur Cellox2 où je m'autorise n'importe quoi). Quand je dis "fouille", je l'applique à moi-même aussi. Je ne sais même pas vraiment pourquoi c'est important, mais ça me semble important. Un futur sujet de poème peut-être ? J'ai en fait déjà quelque peu abordé le sujet dans "Le Piège" en Juin.
Pour ce qui est de la critique "méchante mais juste", c'est difficile parfois. Quand la maladresse est évidente, il y a quelque chose à dire (éventuellement), mais on ne se l'autorise pas toujours ; et dans le cas de ce poème, quand au pire on ne fait que remarquer certaines lignes qu'on n'aurait pas écrites de la même façon mais qui ont leur propre vérité venant d'une autre personne que soi, il est difficile de reprocher quoi que ce soit ; l'individualité est importante en poésie. On n'a pas envie de voir des poètes clonés poster des poèmes toujours dans le même style...
Amitiés René
http://www.mespoemes.net/cellox
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