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Suspense (sonnet)

Le dimanche 4 décembre 2011 à 00:40, posté par René · 581 lectures

A Vinca, en souvenir de nos émissions et feuilletons radiophoniques

Le ruban bleu du soir flotte sur l'infini.
Le temps s'est arrêté. Tout repose sur terre.
Pas à pas, le brouillard épaissit le mystère.
En l'instant grave et blanc, attend... l'indéfini.

Haletant et fébrile et ne comprenant ni
Ne voulant rien non plus en sa peur solitaire,
Tout le peuple menu qui grouille et qui s'enterre,
A perdu tout espoir et tout combat fini.

Tandis que l'univers installe ses lumières,
Comme des astres morts s'éteignent les chaumières.
Ecoutez: dans le vent, c'est l'âme d'un banni.

On dirait une plainte, un sanglot, un long râle.
Mais surgissant des eaux de la mer sidérale,
Juste au-dessus de nous, spectral, grossit l'OVNI.

"petits écrits de NUIT" Livre 3 "Les Nuits d'Automne"
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3 commentaires

José · le dimanche 4 décembre 2011 à 10:02

Une très belle entame et un très beau premier tercet, la conclusion m'est apparue (c'est bien le mot) ésarçonnante.Amitiés.

rivaudais · le dimanche 4 décembre 2011 à 14:58

----Alors le but recherché est atteint. N'est-ce pas une ds règles d'or du sonnet, arriver à finir sur un dernier vers qui magnifie l'ensemble ou qui surprenne? Ce qui pour moi est le sommet et qu'on qualifie habituellement de chute. Terme que je refuse tout comme pour l'expression "tomber amoureux". Alors qu'il s'agit du contraire: on monte ou on devrait "monter amoureux". Plus humoristiquement il serait dommage dans le cas présent que ce soit une chute car l'OVNI s'écraserait peut-être. Ceci dit c'est bien sûr une oeuvre de totale imagination. Mais elle avait rapport avec une idée d'émission -qui hélas! n'a jamais vu le jour.
http://www.mespoemes.net/rivaudais

Loïc · le lundi 5 décembre 2011 à 16:05

Oui, très inattendue cette conclusion, et je me doute qu'elle a quelque chose à voir avec la dédicace. Vous vouliez refaire "La Guerre Des Mondes" en canular radio, comme Welles ?

Mais au-delà d'un clin d'oeil, le poème est réellement inquiétant, et moi qui cherche beaucoup les sens cachés, je ne peux pas m'empêcher de voir dans cet ovni, planant comme une menace, la métaphore de la mort recouvrant le monde...

Cela dit, on peut bien sûr le prendre juste comme une nouvelle qui aurait été adaptée en vers (l'ambiance, en prose, aurait sans doute été encore mieux rendue, et elle est déjà prenante ici !).

Amitiés René

----
http://www.mespoemes.net/cellox

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