Rizière au Kiang-Si
L'eau lisse et lasse de la rizière au long lit s'étale et passe si lentement qu'on la croirait figée de toute éternité. Elle attend que poussent les tiges de riz en regardant le ciel infini s'alanguir avant la mousson.
Il en faut des prières pour faire les moissons.
Et puis viendra le temps béni de la récolte.
Quand sera barbelée la face des deltas endormis, qui fut ridée, flétrie par la pluie, avec des gestes mesurés, précis, sacrés, les paysans et les coolies, les femmes, les enfants aussi, pour mieux assurer leur survie, en pataugeant dans l'eau boueuse à l'infini, s'inclineront sous le ciel lourd de leur pays.
Se déplaçant, nombreux et pourtant silencieux, souples et très attentivement, ils iront lentement, à petits pas pressés. Et leurs mains, serrées et fermes sur les tiges, onduleront alors en gestes frémissants, mouvements lents, voulus, menus, coupants, rasants, ainsi que des oiseaux voletant sur l'étang.
Ils serviront ainsi, sans jamais y penser, l'éternité née de l'instant. Instant passant si lentement qu'on le croirait figé comme l'eau qui s'étend.
Mais le temps il est vrai n'a que la valeur qu'on lui donne. Or qui tient bien sa place honore sa personne. Et leur grandeur sera dans cette servitude.
Alors s'élèveront les chants de certitude. Car chantent dans les champs partout les paysans, la récolte venue et les épis coupés, la farine moulue et remplis les greniers.
Comme il est beau le riz qui pousse au Kiang-Si !
Et tout ce peuple-là en clamera sa joie.
Il en faut des prières pour faire les moissons.
Et puis viendra le temps béni de la récolte.
Quand sera barbelée la face des deltas endormis, qui fut ridée, flétrie par la pluie, avec des gestes mesurés, précis, sacrés, les paysans et les coolies, les femmes, les enfants aussi, pour mieux assurer leur survie, en pataugeant dans l'eau boueuse à l'infini, s'inclineront sous le ciel lourd de leur pays.
Se déplaçant, nombreux et pourtant silencieux, souples et très attentivement, ils iront lentement, à petits pas pressés. Et leurs mains, serrées et fermes sur les tiges, onduleront alors en gestes frémissants, mouvements lents, voulus, menus, coupants, rasants, ainsi que des oiseaux voletant sur l'étang.
Ils serviront ainsi, sans jamais y penser, l'éternité née de l'instant. Instant passant si lentement qu'on le croirait figé comme l'eau qui s'étend.
Mais le temps il est vrai n'a que la valeur qu'on lui donne. Or qui tient bien sa place honore sa personne. Et leur grandeur sera dans cette servitude.
Alors s'élèveront les chants de certitude. Car chantent dans les champs partout les paysans, la récolte venue et les épis coupés, la farine moulue et remplis les greniers.
Comme il est beau le riz qui pousse au Kiang-Si !
Et tout ce peuple-là en clamera sa joie.
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6 commentaires
José · le mercredi 22 mai 2013 à 08:50
Un très beau paysage dépeint, même si on devine le labeur pour le mettre en valeur très dur.
Amitiés.
DIDOU · le mercredi 22 mai 2013 à 12:53
Merci pour ce partage mirifique
amitié didou
bluegirl · le mercredi 22 mai 2013 à 13:55
Merci René, a bientôt pour te lire.
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mercredi 22 mai 2013 à 15:59
salus · le mercredi 22 mai 2013 à 17:33
http://www.mespoemes.net/salus
Bel exercice, sonorement légèrement redondant, si je peux me permettre.
vous êtes beaucoup lu, René, et c'est justice, car votre littérature est recherchée, douce et originale,
bonne continuation !
rivaudais · le vendredi 24 mai 2013 à 00:14
http://www.mespoemes.net/rivaudais
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