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Les poèmes de Bertrand

Trilogie de la séparation

Le samedi 2 avril 2005 à 23:13, posté par Bertrand · 892 lectures

Trois poèmes indissociables que j'ai regroupé ici

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Séparation


Sous nos pas alanguis le tapis mordoré
Que l'automne a tissé se délite et périt.
La saison des esprits a tendu sur nos têtes
Une grise couette essaimant son ennui.

L’opiniâtre tailleur son ouvrage accompli
Me recouvre la vie d’un manteau de douleur :
Cent bobines de pluie que ses doigts élancés
Muent en cape glacée couleur mélancolie.

De ce drap prisonnier privé de ta chaleur
Je moissonne mes pleurs. Pour une éternité ?
Reverrais-je jamais seule étoile en ma vie
Sous ce voile de nuit ta lumière briller ?

Tes peines ignorées par mon aveuglement,
Un arbre de tourments en ton être a germé.
L’amour s’est retiré de ton cœur souvent seul
Ceint du même linceul que mon âme châtiée.


B.
(novembre 2004 – révisé en 2006)


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Désespoir


Les titans aveuglants aux cuirasses de verre
Dont les marbres hautains ignorent mes tourments
Dévorent l’horizon que mon regard espère
Et m’offrent le miroir d’un jour désespérant.

Vers les cieux azurés ils élancent leurs cimes
Offrant au feu d’Hélios leurs flancs immaculés
Quand mon âme clouée aux tréfonds de l’abîme
Endure son martyr dans la bise glacée.

Surmonter la douleur pour toucher la lumière
Parait inaccessible à mon cœur oppressé,
Le mur de l’avenir, comme ces tours de fer,
Ne m’offrant à gravir aucune aspérité.


B.
(novembre 2004 – révisé en 2006)


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Partie


Soufflée par un blizzard que nul n'avait prévu
La flamme s'est éteinte et tu t'en es allée.
Le logis silencieux que tu n'arpentes plus
Ne renvoie que l'écho de mes sanglots muets.

Ton absence se mue en un spectre éthéré
Que j'étreins chaque soir en mes bras inutiles.
Des bonheurs endormis rejaillissant par mille,
Souvenirs de jadis, obsèdent mes pensées.

Mon regard embué embrasse des tableaux
Où couchée sur la toile apparaît ton image,
Un sourire éclairant ton merveilleux visage
Et tes yeux soucieux captifs d'une photo.

La douce symphonie de ta voix apaisante
Laisse place au silence entre les quatre murs
Du théâtre feutré qu'est mon âme souffrante
Où l'orchestre a joué sa dernière mesure.

Les larmes de ce monde inondé de douleur
S'écoulent en torrent dans les pluies de mon cœur
Qui en manque de toi, refuse d'accepter
Que notre vie à deux puisse être terminée.


B.
(décembre 2004 – révisé en 2006)
Illustration du poème « Trilogie de la séparation »

9 commentaires

Marie · le dimanche 3 avril 2005 à 02:05

***Très beau ton poême, et très mélancolique***Marie

Panopa · le dimanche 3 avril 2005 à 08:43

très beau, bienvenue à toi sur le site :-)

Réjane · le dimanche 3 avril 2005 à 08:44

Belle entrée avec cette triste trilogie, bienvenue ici Sans Nom, en espérant que l'écriture t'apporte un peu de réconfort :-)

Aube · le dimanche 3 avril 2005 à 14:44

Douloureux poème qui m'a beaucoup émue . Je suis contente de te retrouver ici, mon cher Sans Nom, bienvenue ! Aube

Ghislaine · le dimanche 3 avril 2005 à 23:03

Une très belle triologie, triste mais je suis sensible à tes mots, émue.Bisous. Ghislaine

Givence · le lundi 4 avril 2005 à 18:16

Intense et douloureux...Mais tellement beau !

Petite Fée · le dimanche 10 juillet 2005 à 22:04

Qu'il est triste de voir mourir un amour ! Mais on dit que la mort d'un amour donne naissance à un autre amour... espérons que c'est vrai !

cyrael · le mardi 4 octobre 2005 à 21:27

cette poésie en trois actes poétiques est une merveille, un cri de douleur à lire, pardon de dire qu'il ressemble a un cri, une complainte, une mélopée aussi comme un doux chant de rossignol dans la nuit profonde, un chant qui se répéte , sans cesse, une vague qui vient qui part, qui revient, qui s'en va, un océan de larmes , un abysse de chagrin aux couleurs de ton coeur meurtri ; de la morbidesse , ton âme est revêtue de la haire rude, tu souffres....quel étau, tout est comme le néant, une explosion du coeur, fragmentation de tes deux ventricules, absente , silence , vide, froid , destruction de ta base, mort de ton amour...telle une hamada, j'entend ta goualante, déchirer la nuit silencieuse, quelle longue agonie, SANS NOM...doucement....efface tes maux, apaise ta brûlure, sort de ta géhenne....ouvre les yeux, regarde la vie est là, en toi, profonde onde , palpitation sanguine dans tes veines, chaleur de Râ, Sans Nom, reprend ton bâton de pélerin, avance malgré les vents , chasse la galerne...quitte ton galetas...sort de la gâtine , ferme au froid toutes tes gélivures, franchi le gour, sauve ton âme, apaise tes pleurs, renaît à la vie.......dessine l'espoir....cherche une autre source.....écoute l'oiseau s'envoler, regarde sur l'horizon, le ciel se teinte de bleu pour laver ta douleur........avance, .........va !

Dago Laborel (rivages et tombants) · le samedi 5 janvier 2008 à 09:45

Ma promenade s'achève sur ces trois poèmes beaux et tristes, maintenant je guetterai tes apparitions, trop rares, sur le site... bonne année 2008 !

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