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"L’étudiante."

Le vendredi 30 décembre 2016 à 07:47, posté par Hervé · 103 lectures

Amphithéâtre mouvementé et bruyant.
Sommes-nous à Rome au Colisée ?
Amphi plutôt, en langage étudiant ;
Cirque des connaissances parfois vite oubliées.
Le silence se fait, le combat commence.
Ta copie se métamorphose en sable de l’arène.
Ta plume, tes connaissances y grave.

La vague chaude de tes yeux
Ton regard océan, se sont posés sur moi
Papillons légers égarés dans le jardin d’un roi.
Favonius*, doux et chaud, m’éveille à la réalité.

Me voilà chasseur et toi biche effarouchée.
Je ne vivais maintenant que pour te faire proie.
Gracieuse déesse aux cheveux cascade d’or
Doux visage de la jeunesse, somptueux trésor.

J’allais, je venais, tu étais seule.
Tes servants désormais se couvraient d’un linceul,
Métamorphosés, invisibles, effacés à ma vue.
Vestale chaste, la lave dans mon corps coulait sans retenue.
Plume cassée, brouillons et copies échangées,
Rôder auprès de toi, t’effleurer, te toucher.
Toute honte bue, vers ta vallée mystère,
Randonnait, se perdait, mon regard pervers.

Midi, les buccins résonnent… fin des jeux du cirque.
Toi, prêtresse romaine, toge coupée aux genoux
Moi, gladiateurs, pétri d’amour, Roméo antique.
J’espère une parole, celle qui rend fou…

Un brouhaha, des bruits secs, agressifs, une bousculade… La vraie vie. Je redeviens surveillants et toi étudiante. Tu me tends ta copie sans même un sourire, sèchement tu me tournes le dos. Le glaive (tiens !) perce mon cœur. M’effondrant, je t’entends chantonner :

"Elle est jolie, comment peut-il encore lui plaire ?
Elle au printemps, lui en hiver".


J’avais oublié qu’à 20 ans on pouvait encore connaître Reggiani…

Hervé BLAS
Décembre 2016


* Dieu des vents d’Ouest (vents chauds) dans la Rome antique.
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