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La route déroule éperdument
Sa linéarité simple et parfaite
Jusqu’aux confins de l’horizon tremblant
Où semble figée sa bride discrète.
Au-dessus des fleuves qui la traversent,
Elle court, de ses échasses audacieuses,
Fine, ondulant, elle bouleverse
Tout là-haut, les cimes vertigineuses.
Elle transperce les denses forêts
Intriguant au passage les fougères,
Semant les vieux platanes essoufflés
Toujours de l’avant, jamais en arrière.
Son allure visiblement, se presse…
Dites-moi, quel est son dessein caché,
A travers les champs, la campagne épaisse,
Quel serment va-t-elle donc honorer ?
« Du vent de mes voiles sur ton chemin,
Sur tes pas fugitifs, incognito,
Je te suivrai un jour, dans tes lointains,
Chaussé de mes plus braves godillots. »
Devant sa rive, sondant ses secrets,
Comme un navire neuf face à la mer,
Charmé, voilà ce dont l’enfant rêvait :
La route, pour lui, c’était l’univers.
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