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De grand matin
La nuit épaisse telle une gangue de suie
M’enveloppe et m’étreint de ses noires moiteurs,
Et la lune a sombré, lentement enfouie
Aux creux des bois qui l’ont happée sur les hauteurs.
Une dernière étoile, épuisée, s’est enfuie,
Et j’attends, en tremblant, que s’estompent mes peurs
Sous les nuées chargées de tempête et de pluie,
La fin de mes frissons, la fin de mes douleurs.
Je garde alors l’espoir, si cher aux sentinelles,
De voir, dans le levant, s’élever les clartés
De l’aube qui répand ses formes éternelles
A travers les buissons, à grand peine écartés.
Et là, de grand matin, monte la liturgie
De Laudes, qui surprend et noie ma léthargie
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