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L’éruption
Dans les froides pâleurs des matinées antiques,
Les hommes de Mauer ou de Vertesszöllös
Ont fui, dans la terreur, l’enfer des gaz toxiques,
Vêtus de peaux, armés d’un gourdin ou d’un os,
Dans leur hâte oubliant les agapes rustiques
De cerf, de sanglier ou de rhinocéros.
Car la terre agitée de secousses sismiques,
Comme dans les échos primitifs du cosmos,
Entrouvre maintenant ses lèvres purpurines,
Crachant de toutes parts les blocs incandescents
Ou les magmas coulant vers les fosses marines.
Là, sous les cieux zébrés d’éclairs phosphorescents,
Se profile au lointain le roc noir du basalte,
Dans l’horizon changeant aux lueurs de l’asphalte.
R.D. 1986
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