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Fragrances
Tel un ventre affecté par la dysenterie,
Bouillonnant de grondements sourds et de douleurs,
Le ciel a déversé le flot de ses humeurs
Sur la terre assoiffée, exsangue et défleurie.
Alors après la pluie son montées les fragrances,
Et les vents ont chassé les nues hors du plateau.
On les voyait alors, traînant tel un fardeau,
Leur ombre sur la plaine et les forêts immenses.
Et partout a frappé la gifle des tempêtes.
Sur les monts où coulaient de noirs torrents boueux ,
Là, des relents d' humus âcres et vaporeux
Se mêlaient aux parfums subtils d' ascomycètes.
En furie, l’ouragan armé d’une varlope
Avait anéanti les orges dans le champ ;
Et les lavandes bleues embaumaient le couchant
Où la lune allumait des reflets de pyrope.
Un satyre couvert de taons et de diptères
Ecartait du chemin les pas du promeneur,
Tant l’aspect provoquant et la forte senteur,
Avaient fait naître en lui des pensées délétères.
Mais une étrange odeur, après la pluie, c’est celle
De ces bouquets de buis, sur le roc blanc, épars
Parmi les blocs géants, hauts comme des remparts,
Evoquant sous l'effort des arômes d'aisselle.
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