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Si je pouvais un jour retrouver le bonheur
Revoir le mont émerveillé des fleurs voluptueuses
Au miroir d'autrefois, alangui de fraîcheur
Sous les ombrages doux et ramures soyeuses
Parmi les flots argentins, au bocage hors du temps
Héritage sacré de la divine enfance
Vers ces bois safranés par les rais de printemps
Autour des cerisiers à la robe si blanche
Que soit béni ces jours, ainsi que leurs moissons
Où je vivais en paix, comme la folle avoine
Visitant en secret l'arche d'or des vallons,
Je recherchais l'amour au cœur d'une pivoine
Séduit par le verger sur un arbre perché
C'est de là que jadis je rêvais d'aventure
Je buvais les parfums en attendant l'été
Un frisson me parlait dans l'écrin de verdure
De tendres friselis me berçaient tendrement
Parfois comme l'aurore en sa grâce première
Un rossignol doré colorait l'air tremblant,
De son vol merveilleux ainsi qu'une prière
Ces souvenirs d'antan tel un joyau serti
Sèment en mon âme l'or, la soie et la fortune
J'aime aux soirs ténébreux ce soleil qui s'enfuit
Avant de laisser place au bijou de la lune
L'astre rutile rouge à l'heure de l'angélus
Son feu comme un rubis dans mes yeux brille encore
Cette rose qui meurt fertilisant l'humus
Caresse mon esprit de sa vestale flore
Et je garde en mon cœur cet effluve émouvant
Me rappelant des jours au sortir de l'école
Du plaisir de chanter, de nourrir mon présent
Au vieux moulin du temps, l'enfance est farandole
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