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Te souviens-tu, mon fils, des longues promenades
Où presque chaque jour, à l'heure du levant
Cheminant au hasard, nous partions en ballades
Le pied léger, l'œil vif et les cheveux au vent
Traversant les ravins aux odeurs sans pareilles
Ainsi par les vallons, les bois, les prés fleuris
Les yeux souvent rêveurs, devant tant de merveilles
Nous allions l'esprit sûr même par les maquis
J'étais heureux de faire, aux pas de ton enfance
Des sentiers de verdure évitant un hameau
Sous l'ombrage doré alangui de silence
Quelquefois un pinson imitait le ruisseau
Attentifs et heureux, admirant la bruyère
L'éclat de son bouquet sur l'aride rocher
Alimentait mon cœur d'un or crépusculaire
Tandis que toi serein tu jouais au berger
Sur le coup de midi sous l'ombrelle d'un chêne
Nous bénissions l'abri pendant quelques instants
L'écrin de son tapis, opale porcelaine
D'un sourire fleurit prolongeait le printemps
Somnolant sur la mousse encore ensoleillée
Poétisant tranquille en buvant le divin
Comme un sage au jardin, j'accordais ma pensée
Baladant mon regard, vers le mont opalin
A quelques pas de là, pareil au bateau ivre
Tu moissonnais les fleurs d'un geste gracieux
Embellissant ton âme et ton amour de vivre
Tu cueillais le bonheur en vénérant les cieux
Dans ce sillage d'or devenu plénitude
S'éternisait la joie au linceul de tes dents
Je puis dire aujourd'hui, jamais une habitude
N'entrava le soleil à l'horloge du temps
En fin d'après midi contemplant la prairie
Nous revenions sans hâte en suivant le chemin
Devinant pas très loin la grande métairie
Alors il était bon de retrouver le pain
Je veux de tout mon cœur enchaîner mon histoire
A ces jours généreux, m'enrichir d'un répit
Volez, volez longtemps oiseaux de ma mémoire
Plus le temps est chagrin, plus mon passé revit
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