|
Novembre. Un rayon d’or berce les feuilles rares,
Lasses, exténuées, couleur d'or ou de sang,
Que le souffle du vent agite élégamment,
Emportant dans l’azur le ballet des samares.
Elles se sont posées sur l’eau verte des mares
Où flottent des reflets épars de firmament ;
Elles se sont posées comme au front de l’amant,
Le baiser parfumé des lèvres qui s’égarent.
Moi, j’aime les pâleurs berçant les aubes grises
Aux premières clartés de l’astre réveillé,
Lorsque, d’un regard neuf, le cœur émerveillé,
Je contemple, au lointain, ses lueurs indécises
Et que je viens, mes pas dans ce tapis vermeil,
Humer au matin frais les odeurs du soleil.
1987
|