|
Souvenir
Longtemps ton souvenir peuplera ce poème.
La danse du printemps dans les vieux amandiers,
Réveillait, en ce temps, la torpeur des aubiers
Ou des parfums légers d’oliviers de Bohème.
Je te disais souvent : << Sais-tu combien je t’aime ? >>,
Sous les chênes rongés par les amadouviers,
Ou lorsque nous goûtions la saveur des greniers
Dans les granges chauffées au premier rayon blême.
Parfois, par le carreau de la ferme occitane,
Sur la colline en feu je jette mon regard
Et le tendre baiser des vents de tramontane,
Dans la mélancolie, trempe mon œil hagard :
Je contemple, au soleil, des fleurs s’épanouir,
Blanches comme tes chairs qui me faisaient bouillir.
1981
|