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Sous le ciel Franc-Comtois

le samedi 20 décembre 2014, à 17:02. Posté par plumeflore


    I

    Sur les berges du Doubs les beaux peupliers d'or
    Caressent le miroir avant le crépuscule
    A l'heure où le couchant déverse son trésor
    Sous les jeunes ormeaux s'endort la canicule

    Tandis que tout le bois s'agite tendrement
    Que sur les blés ondoie une brise vermeille
    Retentit un écho douloureux et charmant
    Est-ce le rossignol que le soir bleu éveille

    Où l'élégant grillon attendri par l'été
    L'opulente saison à l'accent poétique
    De son archet divin exhale un air sacré
    Tout fleure le lilas sur le val bucolique

    Ainsi le paysan au soir s'en va rêver
    A travers le terroir en longeant la rivière
    Il s'enivre de fleurs, de foin et de beauté
    Son héritage à lui c'est un peu la lumière

    Le jour s'en va au loin prenant un ton rubis
    Sous les rouges rayons une lueur mouvante
    Déroule son manteau sur les doigts du maquis
    Ce charme irrésistible à l'onde caressante

    Par un captif souvenir peut devenir soleil
    Au milieu des moissons, terre d'agriculture
    Sous le ciel Franc-Comtois, refuge solennel
    Il reste assez de prés, de forêts, de verdure

    Ainsi le bois de chêne aux troncs large et noueux
    Recèle en plein été, de biches, de mystères
    Sous les rameaux pleureurs mordorés et soyeux
    Tout un peuple oiseaux au bruit d'ailes légères

    Ressuscite la vie en secrets battements
    Où l'homme est un géant si l'âme reste pure
    S'il demeure fidèle aux vieux clochers croulants
    Si le vallon fleuri pour lui c'est la luxure


    II

    Par les soirs fastueux le soleil en mourant
    Est une larme d'or fleurissant les clairières
    Il dore le feuillage à l'automne dolent
    Et couronne la plaine embrasant les poussières

    Mélancolique et doux le terroir des aïeux
    Dans la sérénité d'un roux ardent, flamboie
    C'est un havre de paix comme au temps bienheureux
    Donc le rayonnement à le goût de la joie

    L'air plein de tintements, de silence et de vent
    D'ambre magnifique, au bois devient prière
    Tandis que la douceur d'un souffle se défend
    Offrant comme un répit d'une noble manière

    Pays ceint d'aubépine et de beaux cerisiers
    De frais vallons herbeux, de riches pâturages
    Où paissent les grands bœuf sous les verts noisetiers
    Délivre au promeneur tant de chemins sauvages

    Sur le sol du Haut-Doubs la trace des vieux murs
    Immuable témoin enchaîne le royaume
    D'un duché disparu en des temps bien obscurs
    Pourtant demeure encore en chaque clos, le chaume

    De même le ruisseau palpite avec émoi
    On l'entend au lointain devenir allégresse
    Avant de s'endormir quand sa vague décroit
    Puis il devient miroir que le zéphire caresse

    Ce ravissant tableau, ce superbe décor
    A le charme éloquent de la belle montagne
    Au flanc des monts abrupts la forêt n'est plus qu'or
    Languissant sous le ciel s'embrase la campagne

    Mais demain c'est l'hiver qui reprendra son droit
    Sculptant le paysage avec la blanche neige
    Enserrant le ruisseau de son étau si froid
    Pour accueillir décembre avec son blanc cortège


    III

    Vigny aurait aimer la blancheur du plateau
    Quand la bise en hiver tristement se lamente
    Que la neige paisible émerveille Morteau
    Avec son blanc manteau que l'astre diamante

    Ah! qu'il fait bon le soir d'être auprès d'un grand feu
    Quand le vent au dehors sans cesse tourbillonne
    L'amour pour le linceul en fait est un aveu
    Au pied du Haut-Jura vers la fin de l'automne

    Les rustres montagnards en chantant des vieux airs
    Prenaient un grand plaisir au moment des veillées
    Raconter le terroir c'était leur univers
    De même que les soirs des immenses chambrées

    C'était au temps jadis à la froide saison
    L'étable regorgeait de vaches brune et blanche
    Richesse paysanne autant que la moisson
    Le travaille régnait ainsi sauf le dimanche

    Que de beaux souvenirs s'éveillent dans mon cœur
    Je revois mon pays et ses gras pâturages
    Ses taillis, ses vallons éloquent de douceur
    L'or fin des foins coupés dans les combes sauvages

    Ces intimes bonheurs qu'arpégeaient le grillons
    En un royal trésor avec plaisir me grise
    Je savoure la joie à l'instant des moissons
    Rêvassant de l'été quand le couchant s'irise

    Et empourpre les bois, les rochers du Jura
    Que d'amour dans mon cœur s'allume sans relâche
    Alimente mon âme avec leur brouhaha
    Et promène l'archet d'un passé qui se lâche

    Sonne, sonne angélus murmure douloureux
    Réveille les échos de ma divine enfance
    Et féconde l'émoi sur mes jours si nombreux
    Immortalise l'or et réduit la distance









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