|
La horde pathétique aux cheveux longs et gras,
L’os en travers du nez et la boucle à l’oreille,
Le front fuyant enduit d’une pâte vermeille,
S’est mise en route pour chasser dans la toundra.
La lance est affutée ainsi que l’odorat,
Pour la traque au mammouth que la troupe surveille,
Dans le froid minéral où la roche sommeille,
Depuis qu’elle a quitté l’antre d’Altamira.
Car la tribu, là-bas, se tord, le ventre vide,
Ayant enfin rongé l’ultime os de cheval ;
Les seins se sont taris, l’enfant est mort, livide,
Et déjà sa dépouille attire le chacal.
Dans la plaine, pourtant, la sagaie triomphante,
Vient de crever le flanc de la jeune éléphante
|