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Les souvenirs, pareils aux restes de repas,
Fermentent. Mais certains, dans le bain de leur sauce,
Gagnent à macérer dans un jus sombre et gras,
Le temps qu’un goût subtil s’affirme et se rehausse.
D’autres, comme des chairs qu’altère le trépas,
Finissent dans le fond d’une sordide fosse,
Parmi les détritus ou les tas de gravats
Que déterre, affamé, un énorme molosse.
Moi, je n’en ai gardé que de grandes douleurs
Et ne reconnais plus l’allée de sycomores
De mon enfance, dans cette campagne en fleurs.
A-t-il suffit qu’un jour, d’horribles matamores,
La haine sur la lèvre et vêtus d’oripeaux,
Viennent défigurer la lande à coups de faux ?
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