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Il y a de ces soirs
Au ciel des mots épinglés à l'écharpe
Quand ma pensée tributaire s'échappe
Comme une vague se laissant affaiblir
Mes genoux pendus, en mon âme, fléchir
Sous la véranda, caché et bleuit de nuit
Jeter des mots à tout vent à qui veut mentir
D'un soir tropicale qui s'enfonce sans bruit
Témoin sceptique aux étoiles abasourdies
Il me vient des soirs sous la balançoire
De rêvasser à ces doux parfums de l’air
Qui me mure et qui monte dans ma chair
Sous un long courant qui me laisse choir
Il vient, mordant, des déclins dans la nuit
Dessoulant et déchoir sans aucun bruit
Quand, dans l’air, je sombre jusqu'à lui
Et que je traîne dans ces instants d’oublis
Au creux de ma mémoire je m’y éconduis
Laissant mes pensées flotter dans l’éther
Sans bruit je rejoins le creux de la nuit
Pour faire place aux songes éphémères
Il y a de ces soirs que j’en ai l’oubli
Que je ferme toutes les portes, derrière
À double tours, je clos mes yeux affaiblis
Ma mémoire tamise finement la lumière
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