Au delà des Ombres

 

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Damné

le dimanche 10 mai 2015, à 12:35. Posté par Blacksad


    Te voilà de retour
    Écumant sans aucun but
    Les dortoirs, les rues, les tours
    La transe de l'ange déchu

    On assassine chaque soir
    Dans une nuit sans fin
    L'enfant au fil d'un rasoir
    Pas la mort juste son parfum

    Le toboggan de l'enfance
    Recouvert d'aiguilles
    La découverte des sens
    Perpétuelles banderilles

    Certains ce débattent et veulent croire
    Que ce tunnel aux parois poisseuses
    Est le prélude d'une fin heureuse
    Ils attendent aux aguets, dans le noir

    D'autres accélèrent
    Et par quelque raccourci
    Coupent sans sursis
    Et très vite, on les enterre

    Il y a aussi ceux, les lâches
    Qui transigent, sans courage
    Bourreaux de l'innocence, ils l 'arrachent
    Et jamais ne tournent la page

    Pour certains encore
    La caresse d'un moment
    Le bonheur qu'on déflore
    A l'aune du firmament

    Les maintien dans l'idée
    -saugrenue s'il en est-
    Qu'il pourront un jour supporter leur fardeau
    Et toucher sur leur peau
    Le bonheur d'être aimer

    Mais ils ne sont que les pantins
    D'enfants insolents
    Qui cajolent le matin
    Et les renvoient au toboggan

    Plus longue est la chute
    Quand ils se sont élevé
    Et c'est tout en rut
    Qu'on vient les émasculer

    Comment vivre sans douleur
    Quand le diable a pris
    L'enfance, l'amour, le bonheur
    En silence, sans un cri

    Alors quand l'obscurité revient
    Il sonne parfois
    Il les prend par la main
    Comme autrefois

    Automate désincarné
    Puisque le corps lui appartient
    Depuis que l'âme est souillée
    Il tire sur les liens

    Les voyez-vous marcher sur l'abîme ?
    Une croix sur chaque épaule
    Marcher sur les braises de l'aube
    Que le diable prenne sa dîme

    Ils s'imbibent, tristes éponge
    De maîtresse brune ou blonde
    Dans un râle silencieux ils s'allongent
    Et s'offrent a tout le monde

    Va succube, exécuter ta lourde besogne
    Que l'on rie depuis les cieux
    Et fais danser un de ces presque-homme
    Pour qu'il tombe encore mieux

    Alors main dans la main
    Je vois mes frères sombrer
    Ils ferment les yeux
    -c'est malin!-
    Et se laissent porter
    Par la promesse des cieux

    Oui, elles accompagnent et indiquent
    A ces aveugles claudiquant
    Les adresses ou forniquent
    Les désoeuvrés, les mendiants

    En pensant s'élever
    Le temps d'une étreinte
    Ils viennent retrouver
    Un poison, une absinthe

    Dans les bas fonds de nos cité
    La douleur et l'écoeurement
    Viennent les réveiller
    Dans leur coeur d'enfant

    Reviens goûter la source brûlante
    De la roue qui broie
    Celui que le diable enfante
    Coule et jamais ne se noie

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