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Te voilà de retour
Écumant sans aucun but
Les dortoirs, les rues, les tours
La transe de l'ange déchu
On assassine chaque soir
Dans une nuit sans fin
L'enfant au fil d'un rasoir
Pas la mort juste son parfum
Le toboggan de l'enfance
Recouvert d'aiguilles
La découverte des sens
Perpétuelles banderilles
Certains ce débattent et veulent croire
Que ce tunnel aux parois poisseuses
Est le prélude d'une fin heureuse
Ils attendent aux aguets, dans le noir
D'autres accélèrent
Et par quelque raccourci
Coupent sans sursis
Et très vite, on les enterre
Il y a aussi ceux, les lâches
Qui transigent, sans courage
Bourreaux de l'innocence, ils l 'arrachent
Et jamais ne tournent la page
Pour certains encore
La caresse d'un moment
Le bonheur qu'on déflore
A l'aune du firmament
Les maintien dans l'idée
-saugrenue s'il en est-
Qu'il pourront un jour supporter leur fardeau
Et toucher sur leur peau
Le bonheur d'être aimer
Mais ils ne sont que les pantins
D'enfants insolents
Qui cajolent le matin
Et les renvoient au toboggan
Plus longue est la chute
Quand ils se sont élevé
Et c'est tout en rut
Qu'on vient les émasculer
Comment vivre sans douleur
Quand le diable a pris
L'enfance, l'amour, le bonheur
En silence, sans un cri
Alors quand l'obscurité revient
Il sonne parfois
Il les prend par la main
Comme autrefois
Automate désincarné
Puisque le corps lui appartient
Depuis que l'âme est souillée
Il tire sur les liens
Les voyez-vous marcher sur l'abîme ?
Une croix sur chaque épaule
Marcher sur les braises de l'aube
Que le diable prenne sa dîme
Ils s'imbibent, tristes éponge
De maîtresse brune ou blonde
Dans un râle silencieux ils s'allongent
Et s'offrent a tout le monde
Va succube, exécuter ta lourde besogne
Que l'on rie depuis les cieux
Et fais danser un de ces presque-homme
Pour qu'il tombe encore mieux
Alors main dans la main
Je vois mes frères sombrer
Ils ferment les yeux
-c'est malin!-
Et se laissent porter
Par la promesse des cieux
Oui, elles accompagnent et indiquent
A ces aveugles claudiquant
Les adresses ou forniquent
Les désoeuvrés, les mendiants
En pensant s'élever
Le temps d'une étreinte
Ils viennent retrouver
Un poison, une absinthe
Dans les bas fonds de nos cité
La douleur et l'écoeurement
Viennent les réveiller
Dans leur coeur d'enfant
Reviens goûter la source brûlante
De la roue qui broie
Celui que le diable enfante
Coule et jamais ne se noie
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