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Le beau pays de ma petite enfance
S’étend au flanc jade des Pyrénées,
Il fut le berceau et la grande chance
Offerts à mon cœur de jeune étranger.
Frangé ici d’à-pics aux galets blancs,
Là, cachées, de criques de sable fin,
Il a pour changeant ami l’océan
Et le fleuve Adour pour charmants confins.
Lorsque aux heures quinteuses de l’hiver
Mugissent rageurs ses vents outranciers,
Les macareux moines de haute mer
Gagnent les alcôves de ses rochers.
L’été, séchant ses pieds de marnes bleues,
Il s’en va, sifflant son refrain disert
Aux sommets coiffés de versants herbeux
Où les moutons tachent de blanc son vert.
Un art de vivre hante les villages
Où sèchent parfois les piments sur rails,
Luisant au soleil sur les colombages,
Y drapant les murs de rouges chandails.
C’est un territoire aux racines saines,
Fier s’il en est de son identité,
D’une langue à la mystérieuse haleine,
En d’autres temps, que la France brimait.
Je me souviens de quelques rudiments
Tandis que frappant la balle à main nue
Au vieux fronton, parmi les hurlements,
Torta* !Koño* ! épiçaient mon vécu.
Dans les chapelles, l’Euskara* résonne,
Aux déjeuners il est aussi de charme
Quand les convives ensemble l’entonnent,
Un frisson souvent arrache une larme.
Sa force fragile m’a pénétré
Voilà pourquoi de lui je suis si proche,
Dans mes veines est son accent singulier
Qui me ravit depuis que je suis mioche¹.
https://www.youtube.com/watch?v=yhE3hhKcpHI&list=RDyhE3hhKcpHI&start_radio=1
*Torta = coup ou passe maladroite
*Koño = mince, zut
*Euskara = langue basque
¹ Pour la petite histoire, je suis arrivé en France en 1966 à l'âge de 2 ans, en provenance de mon Portugal natal
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