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L’Azur inquiet, l’Azur vêtu de toile grise,
Laisse à peine entrevoir des trouées de ciel bleu.
L’arbre dépouillé, nu, n’est qu’un corps sans chemise
Dans la clarté blafarde ainsi qu’un camaïeu.
Il dresse vers les nues ses bras secs, tors et glabres,
Implorant ce ciel lourd qui pourtant l’a vaincu,
Ses membres décharnés qui geignent et se cabrent,
Dans le rêve des jours anciens où il vécut.
Sur la lande sauvage aux bruits aromatiques,
La bourrasque du Nord caresse l’herbe et les
Fougères, ce crin roux des hyménées celtiques,
Où pousse ça et là l’érable aux fruits ailés.
Car sur l’âpre chemin où le vieillard halète,
Le vent, fouilleur de haies, s’engouffre sans effort,
En balayant de son souffle énorme d’athlète,
Les talus où le frêne entreposait son or.
Au lointain, l’horizon frémit aux cris funestes
Des corneilles soudain surgies de nulle part,
Dont la voracité les guide vers les restes
D’un repas qu’a laissé, dans l’herbe, un vieux renard.
Mais le fard n’est rien sur ta paupière nacrée,
Celle qui tait ma peur à voir mourir l'Azur,
Car ton regard, d’un bleu d’eau jaillie de la craie,
M’est bien plus doux qu’une saison de clair-obscur.
Alors, dis-moi, c’est quoi ces taches sur la route,
Cette guipure étrange imprimée sur le sol ?
Une ombre bleue tombée des branches nues, sans doute,
Où chantera demain un nouveau rossignol.
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