|

Je rêve d'un village endormi dans la paix
D'une église paisible égrenant le silence
A l'ombre des tilleuls, parmi les blancs bouquets
Pareil au petit bourg Comtois de mon enfance
Quand le soleil au soir de son beau voilier d'or
Éclairait le vélin de la plaine céleste
Lieu chéri, lieu sacré, béni par messidor
D'un passé fortuné de fine porcelaine
Je ne veux rien changer, à la tradition
D'un geste d'encensoir, j'imbibe d'or mon âme
Bien que mon cœur banni, toute religion
Je ne veux plus chez nous, le cimeterre infâme
Mon pays, mon terroir, je me retrempe en toi
Avec tous les trésors de ton divin langage
Chaque jour un peu plus ta lumière décroît
Entouré de fusils, le bonheur est en cage
Je me souviens d'un temps brodant le satin bleu
De beaux rameaux ployant, d'une France tranquille
Sous les bosquets fleuris la vie était un jeu
Mais hélas aujourd'hui la vipère distille
Le poison de sa foi sur tout libre penseur
La liberté s'en va, mais nulle ne s'étonne
De voir venir le mal serti par le tueur
Alors que sous nos cieux, l'hommage aux morts résonne
|