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S'il est bien un endroit pour moi tout souriant
Aussi beau qu'un pays du sauvage Orient
J'y retrouve les fleurs en toute solitude
Les plus riches cités en restant à l'étude
C'est ici que l'hiver sans la moindre pudeur
Qu'avec émoi j'enferme une muse en mon cœur
Sous son ciel argentin la pléiade flamboie
Par le soleil de ceux joignant l'or à la soie
Le soir je me régale au céleste d'antan
De tout ce que j'ignore un peu comme un enfant
D'un livre où chaque vers tendrement me dévore
Qu'importe l'écrivain, mon plaisir s'élabore
Me voici empourpré des roses d'Ispahan
D'une aurore de grâce et d'écume et de vent
Je lis ces vers tout bas, mon esprit communie
Et me voila rêvant au ciel de l'Italie
Discrètement en moi le bois s'est animé
Égrenant sur mon cœur la sainte pureté
Mon triomphe est si grand j'arrose ma mémoire
Au charme ensorceleur, c'est bien là ma victoire
Me saoulant de bouquins évoquant la chanson
D'un firmament de cuir devenant ma moisson
Pèle-mêle un amas de poètes classiques
Et plus cher à mon cœur les tendres romantiques
Que de jours merveilleux j'ai passée chez Hugo
Chez ce bon Lamartine éclairant son sanglot
Glanant sur le chemin les fleurs de leurs poèmes
Et sur le vélin blanc leurs tristes anathèmes
Tout chantait dans mon cœur, j'avais juste vingt ans
La mer me semblait belle aux dunes du printemps
Et tout me ravissait parmi ces littéraires
J'ensoleillais mon spleen d'écrits surnuméraires
Est-il instant plus doux qu'un souffle salvateur
Quand la lumière entre-ouvre un sonnet enchanteur
Sous le rouge abat-jour l'âme humaine s'envole
Pour le moindre rondel, la moindre parabole
Nourrissez-vous des mots, d'un roman pastoral
Et prenez en son jus le menu principal
Lire reste un bonheur à l'or inqualifiable
Qui cache dans son sein une soif insatiable
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