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J'ai voulu maintes fois écrire une élégie
Reposant sur l'air doux d'une sainte harmonie
Cherchant le beau, le vrai celui qui vient du cœur
Je puisais cet or pur à mon triste bonheur
L'hiver au coin du feu j'écoutais la hulotte
En rêvant de printemps au nid de la linotte
Dans un profond secret, j'espérais l'amour pur
Joyeux et ténébreux, j'étais le clair-obscur
Entre l'encre des fleurs et la lyre du merle
Mon âme étincelait un peu comme une perle
J'aimais les longs soupirs emplis de gerbes d'or
Les derniers feux du jour, les soirs de messidor
Nourri par le grillon ainsi que la nature
Ma plume s'éveillait au son doux du murmure
A la saison des nids avec calme et raison
Je destinais mon cœur à l'archet du pinson
J'ai beaucoup médité sous les chênes antiques
Comme aux jours solennels à l'heure des colchiques
En mon pays de bois, de verdoyants coteaux
J'étais un peu le pâtre admirant les troupeaux
Sous les cieux aqueducs, je me voulais poète
Je plaignais le villeux en le trouvant bien bête
Sur mon front couronné scintillait un rubis
D'impalpables rosiers édulcoraient mes nuits
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